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Bonne lecture à tous.
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5769, l’année du rassemblement ! le renouvellement du pacte du Sinaï !
Cette année qui s’ouvre et qui suit la Chemita, (l’année sabbatique) plus que toutes les autres, est appelée année du rassemblement.
A l’époque du Temple, à l’issue de la Chemita, après une année de non exploitation de la terre, une année où le produit de la terre était à tous, juste à la fin de la fête de Simh’at Torah, quand chacun s’apprêtait à reprendre l’exploitation de sa terre, tout Israël se rassemblait.
La nouvelle année ne commençait pas à Rosh Hachana, elle était véritablement inaugurée après Soukot par un immense rassemblement. Les fêtes de Tichri, Roch Hachana, Kipour, Soukot Et Simh’at Torah devaient préparer Israël à cet événement.
Du nord au sud de l’est à l’ouest, hommes femmes et enfants venaient écouter à Jérusalem le Roi d’Israël, celui qui représente la souveraineté d’Israël à son niveau le plus élevé. Il devait lire la Torah, la loi d‘Hachem, devant tous. Il montrait par là même que la Loi s’applique à tous, aux chefs de tribus comme aux humbles porteurs d’eau. Cet immense rassemblement ayant lieu une fois tous les 7 ans devait conduire et inspirer le retour du peuple au monde du travail et de l’économie. Il s’agit d’une véritable renaissance de la vie économique et sociale où le travail et l’échange doivent à nouveau se redéfinir au cœur de la vie elle-même. C’est ensemble qu’il faut penser ce retour ! Rassemblés autour du Livre, les enfants d’Israël redécouvraient la valeur de l’étude et au-delà, le respect de la Loi, le respect de la dimension de fraternité et de solidarité qui doit être au centre de notre vie économique, sociale et spirituelle. Nous retrouvions notre facteur commun, celui qui nous avait guidé depuis la révélation du Sinaï. La nécessaire poursuite de la réussite individuelle, étant au service de ce « vivre ensemble » conçu à la sortie d’Egypte, au pied du mont Sinaï. La Torah présente ici, une alternative à la vision consumériste de l’existence dans laquelle nous sommes tous plongés aujourd’hui. Où l’existence n’est que la somme des richesses et des plaisirs que l’individu peut accumuler, devenant ainsi un but en soi, cultivant cet individualisme farouche, égocentrique, menaçant de mort le corps social et la vie m^me des familles et des communautés.
Que cette année soit, pour nous tous, une année de re-naissance. Une année de renforcement, d’étude et de solidarité. Sachons donner de la place et du temps à ce qui fait vraiment le sens de l’existence, dans le cadre de la famille, dans le cadre de la communauté, ainsi que dans notre façon d’être présent dans le monde que le Créateur nous a confié !
Que cette année soit pour tous, une année de douceur, de santé, de prospérité et de paix !
CHANA TOVA ! GMAR H’ATIMA TOVA !
RAOUL SPIBER
Chavouot 5768
Ils crièrent : « NAASSE VENICHMA, nous accomplirons et nous entendrons!»
Ce texte, est cité maintes fois, dans la littérature rabbinique et dans nos livres de prières, il dit le courage d’Israël s’approchant de la Loi comme on s’approche de l’absolu. Récusant ainsi toute idée de marchandage pour négocier une loi « adaptée et confortable ».
L’homme s’élève vers la Loi d’Hachem et ce n’est pas à la Loi décidée par Hachem de s’abaisser !
Tel était Israël au pied du mont Sinaï, magnifiquement dévoué à la volonté de Celui qui est unique.
Pourtant, pourtant, 40 jours plus tard, Israël s’abaissera, s’accroupira, se prosternera devant un veau en or ! Est-ce le même peuple ?
Comment comprendre cette défaite, cette décadence 40 jours après ce moment grandiose ?
Nos sages ont toujours voulu se mesurer aux difficultés aux erreurs, aux fautes présentées par le Tanah’, pour en retirer une leçon de vie.
Ils expliquent :
« Le sentiment de reconnaissance pour Celui qui les avait sauvés était immense. Aucun effort, aucun sacrifice ne pouvait les faire reculer, ils étaient tous prêts à se vouer à être fidèle à Celui qui a créé le monde et qui les a délivré de Mitsraïm. »
Mais le quotidien, les petites difficultés de tous les jours usent, épuisent le sens des grands engagements L’être humain, ne sent plus souffler sur lui, le souffle de la Présence divine, il est alors tenté soit :
- Par une existence facile, sans efforts, sans interdits, entièrement tournée vers la satisfaction égoïste de ses désirs
-.ou alors il recherche avec avidité quelque chose qui puisse donner du sens, du sel à sa vie et là toutes les modes, toutes les idéologies ,toutes les promesses d’exaltation sont bonnes pour lui offrir cette évasion du quotidien devenu insupportable.
Le veau d’or, comme l’idolâtrie en général, propose la double évasion, à la fois elle libère les interdits et en même temps, elle donne à servir, à adorer, à fêter, les nouveaux dieux, récupérant et orientant les énergies, le sens du sacrifice et du dévouement vers de nouveaux horizons. Il s’agit d’oublier, le quotidien les autres et surtout soi-même.
Le Tanah’ nous enseigne que même les plus grands, nos ancêtres, ceux qui ont résisté à l’esclavage en Egypte, qui ont vécu les miracles de la Sortie et qui ont reçu la Torah, sont vulnérables dans cette bataille du quotidien qui s’impose à chacun d’entre nous, que comme eux il faut reprendre la lutte pour être fidèle à cette Torah de vie qui elle s’occupe et s’intéresse à la vie de tous les jours.
Depuis plus de 3400 ans, malgré toutes les folies de l’histoire humaine, malgré toutes les tragédies et toutes nos erreurs, nous portons cette Loi du ciel.
Puisse cette fête de Chavouot qui se tient devant nous, être l’occasion de revivre ce Don de la Torah, d’il y a 3440ans, ce moment où les cieux ont rencontré la terre.
Puissions nous prononcer au terme du Kidouch, cette brah’a avec ferveur reconnaissance et joie :
« CHEEHEYANOU VEKIYEMANOU VEHIGIANOU LAZMAN HAZE, qui nous a maintenu en vie pour que nous puissions connaître ce jour ! »
Hag sameah’ pour tous !
Raoul SpiberPARACHAT KEDOSHIM, LE CŒUR DE VAYKRA !
I) Soyez kedochim, soyez saints !» Mais qu’est-ce que cela signifie ?
Pour savoir ce que le mot Kedoucha veut dire, pour l’arracher au champ sémantique du français, à la conception chrétienne de la sainteté, il faut avant tout examiner les conséquences pratiques de ce concept dans la vie de tous les jours. Ce terme se rapporte avant tout à ce qui est séparé, pour être destiné, pour n’appartenir qu’à Hachem, il vient s’opposer au rapport de possession, à la relation égocentrique que l’homme établit avec son monde. Mais attention si cette définition de la sainteté se retrouve dans de nombreuses religions, elle reçoit dans la Torah un contenu très spécifique. La notion de kedoucha ne prône ni ascèse, ni indifférence au monde, ni condescendance envers les simples mortels, de la part de ceux qui ne seraient préoccupés que de « choses divines ». L’homme a sa place dans cette Création où il a repéré de la Kedoucha. La Création, la vie terrestre, elle aussi a de la valeur.
La kedoucha, telle qu’elle se traduit dans la Torah se manifeste dans toutes les dimensions de l’existence. Le Chabbat, le temps le plus « kadosh » de l’année doit être un jour de délices, où nous sommes tenus de nous réjouir corps et âmes. Le degré de Kedoucha, de ce jour est supérieur à Yom Kipour, jour de pardon et de privations. L’homme découvre ce jour là, que le travail, les exigences de la production et de la consommation ne sont pas les buts de la Création. A travers la sérénité du Chabbat, l’homme découvre qu’il n’est ni maître, ni esclave !
Il retrouve enfin sa vraie place face à son Créateur,
La Michna de Meguila établit une hiérarchie des objets de Kedoucha, elle place au sommet de tous, le Sefer Torah. Le Talmud à propos de cette Michna rapporte un enseignement de rabbi Méir qu’il y a encore plus haut :
Il y a le Limoud, l’Etude de la Torah, parce qu’elle conduit à l’action. Et enfin il y a le mariage, les kidouchin, mot formé sur la racine « kadosh » telle qu’elle apparaît dans notre parasha, en s’appuyant sur une prophétie d’Isaïe : « Il ne l’a pas créé (le monde) pour le chaos mais pour être habité ! » Isaïe (45,18)
L’Etude et l’union de Kedoucha d’un homme et d’une femme, sont supérieurs parce que, grâce à eux, le monde ne va pas vers le néant.
Nous sommes là aux antipodes de la conception chrétienne de la « sainteté ».
La kedoucha, la sainteté juive, c’est finalement ce combat pour une existence terrestre, une habitation du monde qui grâce à l’Etude, à l’accomplissement des commandements, grâce à la formation de familles, résiste au néant.
II) Le coeur de Vaykra :
Le 3ème livre de la Torah est le moins connu de toute la Torah. Deux idées erronées en sont responsables :
-On y traite essentiellement du service au Temple, donc de sujets qui n’ont pas de sens pour nous aujourd’hui.
- cela concerne essentiellement les cohanim, donc les prêtres descendants de Aharon, en charge de ce service.
Double erreur on ne peut plus funeste, responsable de l’ignorance de ce livre.
1) Vaykra, le livre de la Kedoucha, s’adresse à tout le peuple juif confrontés à la kedoucha il reprend la vocation d’Israël énoncée au pied du Mont Sinaï. « Vous serez pour moi, une nation de cohanim, un peuple kadosh » (Chemot 20)
2) Les leviim doivent accompagner cette vocation, il ne s’agit en aucun cas d’un rôle ésotérique dans le secret du Temple. Il doivent selon les termes de la prophétie de Malah’i II, de sa critique du dévoiement clérical de la tribu de Levy. Levy devait au contraire:
« Combattre l’injustice, œuvrer pour la paix, enseigner la Torah », ils doivent accompagner la vocation de kedoucha de l’ensemble du peuple juif.
La kedoucha qui se déploie dans le Sefer Vaykra, qui s’exprime dans le service du Beit Hamikdash, avec les fils d’Aharon doit éclairer, donner du sens à tous les domaines de la vie. Elle doit transcender tous les domaines de l’existence qui inclue l’économique et le social, avec les lois sur le commerce, l’interdiction du prêt à intérêt, les lois de Chemita et de Yovel. Cette limitation du moi souverain, qui laisse enfin de la place à l’Autre, aux autres, culmine au cœur de notre parasha, c'est-à-dire aussi, au centre de tout le Sefer Torah, avec le fameux verset qui selon Rabbi Akiva contient toute la Torah : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis Hachem ! » Vaykra (18,19). La kedoucha n’est plus confinée dans la sphère du religieux au sens étroit du terme, elle n’est plus là on pensait l’enfermer, elle échappe à la réduction qu’on voulait lui imposer, elle déborde, pour éclairer tous les domaines de l’existence, d’où cette impression première de désordre devant la diversité des thèmes abordés, pour exprimer une conception de la sainteté de la vie, libre de toute nos tentatives de récupération !
CHABBAT CHALOM
RAOUL SPIBER
CHABBAT HAGADOL VEILLE DE PESSAH’
« Quand les lendemains des jours de fête seront fériés, la fatigue sera vaincue » Pierre Dac.
Je me suis toujours posé certaines questions sur le calendrier juif, surtout quand on sait à quel point nos Sages ont « piloté » ce calendrier pour que les fêtes , les parachiot, les chabbatot spéciaux tombent toujours à des moments choisis, créant ainsi des « coïncidences voulues » !
Pourquoi donc, alors nos Sages ont-ils laissé Pessah’, à la sortie de Chabbat ?
Ils nous imposent ainsi un Shabbat Hagadol, compliqué ?
Le premier Shabbat hagadol de l’histoire juive a commencé par la désacralisation de l’agneau pascal, idolâtré par les mitsrim.
En pleine Egypte,au cœur de la maison des esclaves, des esclaves juifs, en attachant à côté de leurs cabanes un agneau, affirmaient que l’agneau n’est pas un dieu, que l’homme n’appartient ni aux dieux, ni aux hommes, que la création n’appartient qu’au Créateur ! Le Midrach explique mérite, cette capacité être autres chose que ce que la situation parait imposer, rendit possible la sortie d’Egypte.
C’est pourquoi, dit encore le Midrach, ce Chabbat qui précède Pesssah’ est appelé Chabbat Hagadol !
Il me semble, que , le Chabbat qui se présente à nous, où personne ne doit plus rien préparer,où nous sommes tenus de nous reposer, nous rappelle encore une fois que la préparation à Pessah’ n doit pas être une aliénation. Que les maîtresses de maison doivent placer en priorité, la préparation des âmes, à ce moment exceptionnel de discussions de chants, de récits et d’émotions qu’est la soirée du Seder.
En souhaitant à toute la communauté, un grand Chabbat Hagadol, je renouvelle mes vœux de Pessah’cacher et surtout saméah’ (joyeux) !
Un grand Mazal tov au nouveau Bar mitswah, Samy Bitton et à toute sa famille !
RAOUL SPIBER
POURIM A LA VEILLE DE CHABBAT TSAV
Cette année, Pourim tombe un vendredi. Le chabbat qui suit, nous lisons la Parachat Tsav, fait relativement rare, qui est dû au fait que cette année nous avons 2 mois d’Adar. En temps normal, cette paracha serait lue chabbat Hagadol, le chabbat qui précède Pessah’.
Qu’a de particulier cette parachat Tsav ? On répond généralement qu’apparaît dans cette paracha une notion nouvelle, particulièrement
intéressante à cette période de l’année :
« Le korban Toda, l’offrande de remerciement ».
La Torah nous apprend à être attentif à notre existence. Lorsqu’on se relève d’une maladie grave, lorsqu’on a traversé les mers ou le désert, ou encore lorsqu’on a été délivré de la captivité, on a donc été à pendant un certain privé d’autonomie, de souveraineté sur notre propre existence.
Dans ces différentes situations, il nous est commandé de ne pas reprendre, immédiatement notre rôle, notre place dans le monde, il nous faut d’abord prendre conscience de ce qui nous est arrivé, il nous faut reconnaître la valeur de cette délivrance, il nous faut remercier Celui qui nous offre ce nouveau départ. Cet apprentissage de la reconnaissance et du remerciement, nous prépare à la fois à la lecture de la Haggada de Pessah et conclue cette année la fête de Pourim où nous lisons la Megilat Esther.
La lecture du rouleau d’Esther, a pour but de donner le sens de la fête de Pourim. C’est pourtant un texte difficile, il nous faut de l’attention pour ne pas le lire comme un conte, mais comme un texte inspiré ayant sa place dans le Tanah’. Ce texte qui doit accompagner l’existence d’Israël durant toutes les générations, jusqu’aux temps messianiques où elle continuera à être lue.
Il doit nous inspirer, nous apprendre, lui aussi, à reconnaître la Présence d’Hachem dans un monde où Son Nom n’apparaît pas, de la même manière qu’il n’apparaît pas dans la Meguilat Esther.
Dans notre monde à nous, comme dans cette Meguila, n’apparaissent en premier plan que des Haman et des Ah’ashverosh , des hommes dévorés d’ambitions et d’orgueil, guidés par une haine meurtrière envers tout ce qui n’est pas leur propre intérêt.
C’est uniquement dans l’intimité, dans la cour intérieure du roi, là où on ne peut entrer que si on a été appelé, qu’Esther (celle qui est cachée) se révèle et qu’elle peut enfin toucher le cœur du roi et déclancher la délivrance d’Israël. Les problèmes, les difficultés liés à ce « Esther Panim », ce voilement de la Présence divine, sont là à toutes les générations. C’est la question centrale de la Meguila à laquelle une seule réponse est donnée par Esther:
«Va, rassemble tous les juif et jeûnez avec moi !».
Il s’agit de restaurer l’unité, la solidarité des enfants d’Israël, Sefaradim, Ashkenazim, H’assidim, Mitnagdim, de droite et de gauche, ensemble, tous tournés vers Celui qui est Un, pour demander la Délivrance, la fin de toutes les larmes et de toutes les souffrances.
Pourim Sameah’ et Chabbat Chalom
Raoul SpiberShabbat Bechalah’-Le shabbat du Chant.
Tou bichevat- Nouvel an des arbres
Alors, enfin, ils chantèrent
.
Les 210 années de l’esclavage avaient réussi à étouffer toutes les formes d’expression.
Le Midrash va jusqu’à dire que le Maître du monde Lui –même s’était tu ; « chtikat hadibour » : « silence de la Parole ».
Les êtres humains, qui pourtant avaient été les seuls à avoir reçu du Créateur le pouvoir de parler, se taisaient.
Ils paraissaient avoir perdus leur qualité de « medaber »de « parlants », pour appartenir désormais au règne du « domem » : le règne du silence minéral. Le regne muet de l’ordre inhumain, de la hiérarchie idolâtre. La vision du monde de Pharaon était à l’image de ses monuments les plus prestigieux qui lui fournissaient un schéma de société : l’ordre pyramidal.
Même les miracles de la sortie d’Egypte ne parvenaient pas à délivrer les enfants d’Israël de cette gangue de tristesse et de désespoir qui interdisait toute expression de joie et d’espoir, de liberté.
C’est alors que :
« En ce jour, Hachem délivra Israël de la main des Égyptiens; et Israël vit sur le rivage de la mer, les Égyptiens qui étaient morts.
Israël vit la main puissante qu’ Hachem avait dirigée contre les Égyptiens. Et le peuple craignit Hachem, et il crut en Hachem et en Moshé, son serviteur.
Alors, Moïse et les enfants d'Israël chantèrent cet hymne à Hachem. Ils dirent: Je chanterai à Hachem car il a fait éclater sa gloire; Il a précipité dans la mer le cheval et son cavalier. » (Chemot 14-15)
La véritable délivrance d’Israël n’apparaît qu’après l’ouverture de la Mer Rouge. Tant que l’oppresseur peut encore inspirer de la crainte, l’oppression continue. Certes l’armée de Pharaon a bien été noyée aux milieux des flots, elle n’est donc plus en mesure de persécuter les enfants d’Israël.
Et pourtant, les rescapés de cet enfer nommé « Mitsraïm », continuent à avoir peur de leurs anciens bourreaux : « peut être nos persécuteurs ont-ils réussis à échapper à la noyade en trouvant un autre passage pour nous rattraper et nous anéantir » imaginent ils !
« Comment croire que des êtres aussi redoutables puissent disparaître ? »
Alors, enfin, Israël vit sur les rivages de la mer les cadavres de l’armée la plus puissante qu’il ait connue, échouer «providentiellement » sur le rivage. Le peuple se libéra de la peur des hommes, pour craindre Hachem.
Délivré de cette peur de l’oppresseur, le peuple retrouva à son plus haut niveau le pouvoir d’exprimer sa reconnaissance au Créateur, il chanta.
Le Midrash (Meh’ilta de Rabbi Yshmaël) enseigne :
« Même la plus simple des servantes a perçu au moment du passage de la Mer Rouge plus que les prophètes Yishaïa et Yeh’ezkiel. »
Ces deux très grands prophètes représentent le sommet de la prophétie.
Ce sont les deux seuls prophètes qui ont pu « décrire « le trône d’Hachem », MAASSE MERKAVA », perception ultime de la souveraineté divine.
-En première lecture, le texte enseigne que l’expérience vécue du miracle à l’état pur, de la « KRIAT YAM SOUF », de la déchirure de la Mer Rouge, montre de manière évidente que toutes les forces de la création sont assujetties à la souveraineté du Créateur. Cette expérience enseigne plus que les perceptions mystiques les plus élevées.
-Mais en fouillant le texte, en comparant « KRIAT YAM SOUF », aux autres miracles de la sortie d’Egypte, en comparant les Midrachim entre eux, nous pouvons en déduire un second enseignement dont l’écho se fait entendre encore aujourd’hui :
« La décision du Peuple Juif de se délivrer de toutes ses peurs, d’exprimer sa reconnaissance envers Hachem malgré toutes les souffrances, toutes les terreurs imposées par ses bourreaux, de chanter malgré tout, de remercier le Maître du monde, qui nous a fait libres, lui fit acquérir une vision du monde plus élevée encore que celles qu’ont perçues nos grands prophètes. ».
Attention, je ne change pas de sujet :
Ma mère (Imi Morati, Léa bat Moshé Itshak, zal) dont c’était l’anniversaire du décès, cette semaine) avait naturellement rejoint le Rav Kappel (rabbin français, parmi les chefs de la résistance) dans la résistance juive, pendant la seconde guerre mondiale, c’était sa réponse à la déportation de son frère unique :
Max Liebermann (Meir ben Moshé Ytsh’ak Zal) assassiné, comme tant d’autres à Auschwitz.
Elle nous étonnait, en nous racontant comment les combattants
(elle ne s’incluait pas dans ce terme, elle, c’était « la ptit Léa », comme l’équipe l’appelait alors, un simple « facteur » dans le réseau juif de la résistance) vivaient tous dans la certitude d’une victoire contre l’Allemagne nazie, tout en étant conscients que la plupart d’entre eux ne connaîtraient pas l’après-nazisme.
« Le mal ne peut pas vaincre éternellement, voilà quelle était leur conviction profonde. »
En pleine guerre, Jacob Gordin, penseur juif de très grande envergure, posa les bases de ce qu’on appellera plus tard, « l’école d’Orsay », où seront formés la plupart des cadres qui assureront le Renaissance de la vie juive en France après la guerre.
Il avait appelé alors, cet embryon d’école : « l’école des prophètes » où tout en luttant contre le nazisme, on étudiait, priait et chantait avec une force d’âme exceptionnelle.
-Ce qui nous ramène au « Chabbat Chira », à cette dimension du courage, d’espoir, pour tout dire du Chant, qui place l’être humain au sommet de la prophétie comme ces anciennes servantes juives délivrées d’Egypte, qui chantaient sur le rivage de la Mer rouge.
Shabbat Chalom et Tou bishvat saméah’
CHABBAT MIKETS-CHABBAT HANOUKA
Il m`est difficile cette annee de reprendre le rythme du texye hebdomadaire, malgre tout je tiens a celebrer avec vous les grands evenement du calendrier juif
La conjonction de chabbat et de Hanouka donne l`occasion a nos maitres de reflechir sur la question de la cocurrence entre les mitswot et des problemes de priorite qu`e cela peut entrainer
Rambam dans son Michney Torah recapitule les lois de Hanouka.
Il rappelle combien nos Sages attachent de la valeur a l`allumage de ses lumieres:
" Il s`agit de publier le temoignage denotre reconnaissance de la puissance d`Hachem meme le plus demuni doit allumer les nerot hanouka, il doit aller jusqu`a mendier ou vendre son manteau pour allumer ces lumieres".
Ce sont massivement les juifs les plus pauvres qui envers et contre tout ont accompli et transmis cette mitswah jusqu`a nos jours
Les poskim decisionnaires ont eu a cœur de definir de la facon la plus minimaliste la mitswah en tenant compte des conditions difficiles dans lesquelles ces mitswot etaient accomplies.
Rambam poursuit sa presentation des les regles de l`allumage:
-Si avant Chabbat il ne nous reste qu`une seule piece qui ne nous permet pas d`acheter et
L`huile pour Hanouka
et le vin du kidouch
les lumieres de Hanouka seront prioritaires car elles proclament la puissance d`Hachem!
-Si il ne nous reste que peu d`huile et que nous devons choisir entre
Les lumieres de Hanouka et celles de Chabbat, nous allumerons les lumieres de Chabbat pour conserver le Chalom Bayt, la paix familiale.
Cette Halah`a issue du Talmud est acceptee par tous les Sages,elle est pourtant etonnante!
Quoi, les nerot hanouka pour lesquelles on doit aller jusqu`a sacrifier son vetement, renoncer au vin du kidouch, sont delaissee pour les chandelles du diner de vendredi soir?
Ne pourrait on pas plutot faire un effort pour manger sans se disputer dans le noir????
On peut probablement reussir a manger sans se disputer lors d`une panne electrique, mais l`absence de dispute n`est pas chalom bayt, de la meme facon que l`arret des combats n`est pas la paix!
Le Chalom est un terme sacre, qu`on ne peut prononcer n`importe ou,il n`a rient a voir avec la resignation de vivre ensemble. Ce terme renvoie directement a Hachem lui-même, c`est reconnaître que les autres et moi-meme nous sommes des œuvres du Createur .Le chalom bayt est une attitude active de construction et de renforcement du lien conjugal.
Et chaque fois que l`honneur d`Hachem ets en concurrence avec l`harmonie du couple Il s`efface, il ordonne qu`on efface son nom ecrit sur un parchemin pour que subsite Son Nom ineffable ecrit dans l`intimite du couple. Il renonce a toutes les formes de celebrations idolatres meprisant l`authenticite du vrai Chalom!
Puisse ce Chabbat Hanouka apporter a tous, ce double eclairage de la grandeur du Createur et du Chalom dans toutes vos demeures
Chabbat Chalom et Hanouka Sameah`
L’ANNEE CHABBATIQUE
Cette année est résolument placée sous le signe du Shabbat.
C’est d’abord une année de Chemita, de Shabbat de la Terre. Bien sûr cette dimension est perçue beaucoup plus fortement en Erets Israel, où s’accomplit ce Shabbat de la Terre.
Mais le calendrier juif se charge de nous faire sentir l’importance du Shabbat durant l’année 5768 en dehors d’Erets Israel aussi.
On sera confronté cette année aux 2 jours de fête qui précèdent Shabbat :
A Roch Hachana, à Soukkot et à Chemini Azeret.
On remarquera aussi que cette année Yom Kipour tombe Shabbat.
Grâce à cette coïncidence, Kippour tombant Shabbat, nous pouvons espérer que ce Shabbat sera particulièrement respecté en l’honneur de Kippour.
Nos Maîtres enseignent que le respect du Shabbat a une puissance eschatologique, il précipite la venue du Mashiah’ !
Puisse cette expérience d’un Shabbat authentique vécu à l’occasion de Kippour dans l’austérité du Repentir et du Jeûne par ceux qu’on appelle les juifs de Kippour ouvrir sur le désir de se retrouver dans les célébrations joyeuses du calendrier juif.
A travers cette expérience d’une sérénité austère, rechercher la sérénité du Shabbat dans la joie, dans la douceur grâce à la rupture radicale qu’elle offre avec le monde de l’économie, de la production, de la consommation.
Nous résistons ainsi à l’invasion des médias devenus omniprésents, chargés de nous faire courir pour produire et consommer en se sentant toujours frustrés de ce que nous n’avons pas et qu’il faut absolument acquérir sans quoi on se persuade d’être un malheureux.
Cette course effrénée répond à une nécessité psychologique, il faut à tout prix oublier la maladie, la mort, notre précarité et la souffrance du monde.
Il faut surtout oublier que le temps est notre patrimoine le plus précieux et que nous devons absolument décider de l’orientation de ce capital.
Dans quoi investir notre capital le plus précieux, qui vaille vraiment, qui rapporte ?
-Le bien être raisonnable de ceux qu’on aime bien sûr, l’entente dans la maison et surtout l’éducation de nos enfants et leur préparation à leurs responsabilités de demain !
Voilà déjà de quoi grignoter sérieusement notre capital temps. Installer dans la maison cette culture cette valeur : consacrer du temps à se parler…
-Lutter contre le cynisme et le nihilisme ambiant, qui dévaluent tous les efforts, qui ridiculisent et relativisent tous les interdits au nom de valeurs dont nous sommes les porteurs.
-redonner au terme peuple élu son vrai sens. Il ne s’agit pas de nous glorifier de mérites et de qualités dont nous ne sommes pas toujours dignes. Ce qui est en jeu c’est notre responsabilité devant la Loi, vis à vis d’autrui, vis-à-vis de notre peuple, vis-à-vis du monde pour défendre la sainteté du monde qui nous a été confié, que l’expérience de la sortie d’Egypte, du Don de la Torah, nous ont octroyés.
Rien de cela n’est possible, si on ne sait pas réserver une partie de notre capital temps pour l’étude, la réflexion, l’entraide ! Ne rien oublier !
La surprésence des outils de communications et autre gadgets est là pour mettre hors la
Loi ces questions qui ne doivent surtout pas venir nous déranger, interrompre notre désir infini de jouissance ! Le silence est hors la loi lui aussi ! Ce bruit, ce vacarme permanent nous isole de nous même en nous donnant en plus l’illusion du savoir et de l’information !
Attention, j’appartiens à ce monde, comme vous je suis équipé d’un portable qui ne me quitte pas et suis relié à Internet, dont le surfing me prend toujours plus de temps que celui que j’avais prévu au départ! Je ne fais pas l’éloge du monastère, simplement je profite de ce début d’années pour remettre en question certaines de nos habitudes, ces façons si communes de « passer notre temps » !
EROUV TAVCHILIN ET LA SAINTETE DU TEMPS :
-Un des rites particuliers à cette année 5768 c’est « EROUV TAVCHILIN ».
Quand Yom Tov précède Shabbat t, il nous est commandé de mettre de côté avant la fête un plat réservé à Shabbat en prononçant une bénédiction. Ce « rite » nous autorise à préparer, cuisiner vendredi de Yom Tov les plats que nous consommerons le Shabbat (en se servant évidemment d’une flamme déjà allumée et en respectant les règles de Yom Tov).
-Pourquoi ? Nous ne faisons pourtant rien d’interdit. Nous respectons les lois des jours de fête pour préparer les repas du Shabbat que nous n’avons pas le droit de cuisiner le jour même.
-Le Shabbat et les jours de fête sont des jours saints « MOADEY KODESH », la sainteté d’un temps c’est de na pas être au service d’un autre.
-Le Shabbat, contrairement à l’idée répandue, est au sommet de la sainteté du temps, supérieur à Kippour, Rosh Hashana et à toutes les solennités de l’année juive.
-Le principe de priorité nous autoriserait à préparer durant ces jours les plats nécessaires aux repas du Shabbat mais notre perception de la Sainteté du temps risquerait d’en être altérée.
Un jour qui est au service du lendemain est un jour « aliéné, assujetti ». La Sainteté ne doit absolument pas être asservi à un temps extérieur, même supérieur en Sainteté.
L’expérience de la sainteté du temps interrompt la fuite vers le lendemain aussi sacré soit-il !
« EROUV TAVCHILIN », en français : l’union des plats cuisinés (non ce n’est pas le nom d’un parti politique) vient nous rappeler que le Yom Tov et le Shabbat participent ensemble à la célébration de la Sainteté du temps, ils sont solidaires, ils concourent et rappellent ensemble le souvenir la leçon de la sortie d’Egypte, de la maison des esclaves et de l’aliénation :
« ZEH’ER LITSIAT MITSRAÏM »
Puisse cette nouvelle année, si nombreuses en solennités croisées annoncer le retour, les retrouvailles entre les juifs de Kippour, ceux des fêtes avec ceux de la synagogue de la semaine et du Shabbat éclairés par le souvenir de la Sortie d’Egypte, le vrai sens de la fête.
En cette veille de Kippour, je souhaite à vous tous et à tout le peuple d’être inscrit dans
« Le livre de la Vie, de la Bénédiction, de la Paix et de la « PARNASSA TOVA », la satisfaction de nos besoins »
GMAR HATIMA TOVA
RAOUL SPIBER
Nitsavim- Vayeleh’
Devarim 25
9 Vous êtes placés aujourd'hui, vous tous, en présence d’Hachem votre D. :
vos chefs de tribus, vos anciens, vos préposés, chaque citoyen d'Israël.
10 Vos enfants, vos femmes et l'étranger qui est dans tes camps, depuis le fendeur de bois jusqu'au puiseur d'eau.
11 Afin d'entrer dans l'alliance de l'Éternel, ton D. et dans son pacte solennel, par lesquels il traite avec toi en ce jour.
Nos Maîtres ont paramétré le calendrier juif pour que toujours Nitsavim soit lue le Chabbat qui précède Roch Hachana, il y a évidemment de nombreuses raisons qui expliquent ce choix.
Le thème du retour, de
Pour que ces réflexions ne soient pas tristes morbides, faisant la part belle au fatalisme et au cynisme, le texte évoque la possibilité de Techouva.
Tout peut changer, tout est perfectible, le sens de l’existence dépend de moi.
Le jour de Roch Hachana, c’est l’anniversaire de
cette conscience de notre unicité ne doit pas nous rendre orgueilleux, elle doit nous conduire à assumer nos responsabilités,
Oui , nous sommes au centre du monde, indispensables et irremplaçables. Mais cette conscience de notre rôle central ne doit pas nous gonfler d’orgueil, de vanité (au sens étymologique du terme, de vide, d’inutile).
La dignité qui nous est attribuée et bien trop précieuse pour se dégrader en sentiment de supériorité stérile.
Elle doit féconder notre labeur, notre courage a établir un monde fidèle à
Très succinctement, j’espère, je souhaite à tous :
que l’année 5768 ,soit pour vous et pour vos enfants une année neuve riche de joies ,de réussite ,de santé, d’épanouissement dans votre vie familiale professionnelle et communautaire.
«LECHANA TOVA TIKATEVOU LEH’AÏM TOVIM OU LECHALOM »
Raoul SPIBER
CHABBAT EKEV
« Alors, si (EKEV) vous écoutez ces lois, que vous les gardiez et que vous les accomplissiez, alors, Je te conserverai l’Alliance et l’amour comme je l’ai promis à tes ancêtres ». (Devarim 7,12)
Le terme « EKEV » choisi par la Torah pour mettre en parallèle notre attitude face à l’Alliance et celle d’Hachem n’est pas un terme simple. Pour traduire l’idée de causalité, de correspondance entre un comportement et sa récompense il y a beaucoup d’autres termes, celui-ci fait problème. Peut -être pour nous dire il n’était pas si simple de décrire comment les actes engendrent leurs conséquences ?
Les commentateurs vont s’affronter sur cette question, comment comprendre ce mot « EKEV » qui sert d’ailleurs de titre à notre Paracha.
Le sens premier de ce mot est « TALON ». Il faut donc extrapoler, travailler la symbolique du talon pour dégager le sens de ce terme dans notre contexte.
Pourquoi est-ce précisément cette notion de « talon »qui a été choisie pour décrire les conséquences des actes?
Je ne vous présenterai pas une liste exhaustive des interprétations de ce terme, ce serait très long. Je vous présenterai uniquement celles de deux géants du commentaire de la Torah :
De Rachi et celles de Ramban (NAH’MANIDE).
Ramban, postérieur à Rachi et grand admirateur de son commentaire, recense les versets et les expressions où les termes de la même racine que « EKEV » décrive tous une courbure une torsion.
Esav dans sa colère au sujet des bénédictions que Yaakov lui a ravies, le surnomme talonneur dans le sens de tortueux courbé, qui roule les autres qui rend tordu ce qui était droit.
(L’antisémitisme occidental réactivera cette idée du juif tordu, rendant tout compliqué pour justement spolier les autres).
Les pentes « akov » deviendront aux temps messianiques des plaines mais plus que l’idée de la torsion, c’est l’idée de la courbe que Ramban retiendra pour développer l’idée du « déroulement », une idée qui lui est chère puisqu’elle renvoie chez ce très grand Maître de la Kabala à l’idée de « Guilgoulim » («Galgal » c’est la roue , Gilgoulim ,ce sont les déroulements. Ce terme est souvent traduit en français par le mot « réincarnation », donnant ainsi prétexte à toutes sortes de divagations.)
Les actes de Mitswah accomplis se déroulent sur la pente de l’histoire des hommes en révélant ainsi, les forces, les mérites et même les intentions qui vont ainsi mouvoir et émouvoir les hommes et faire avancer le monde.
Rachi s’interroge aussi sur ce choix du mot « talon » utilisé pour dire :
« parce que ».
Il explique avec cette simplicité profonde qui caractérise le commentaire de Rachi sur tout le Tanah’, toute la Michna et toute la Guemara, que les actes de Mitswah garants de l’alliance qui unit Hachem à Israel ont un rapport intime avec le talon. Il leur arrive,aux mitswot, d’être piétinées, écrasées par le talon des hommes, parce qu’elles sont jugées sans valeur, plus à la mode , caduques, n’étant plus considérées aux marché des idées.
Parfois, ce sont les devoirs envers Hachem, les Mitswot rituelles qui ne sont plus à la mode.
Mais nos Maîtres affirment qu’il s’agit surtout des Mitswot relevant de nos devoirs envers les autres qui risquent d’être méprisées (puisque le mot Michpatim cité dans ce verset renvoie en général à la notion de Justice).
Quand Israël sera capable d’entendre, de protéger et d’accomplir ce que la Torah a ordonné mais que les hommes bafouent, par fidélité à la voix du Sinaï, se libérant ainsi du » prêt à penser » où nous sommes asservis, alors la cause d’Israël fera un avec Celui qui leur a donné sa Torah et s’accompliront alors les bénédictions qu’Il a promises à nos ancêtres.
Chabbat Chalom
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