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L'objectif de ce blog :

Ce blog édite un commentaire hebdomadaire de la paracha de la semaine. Il est mis en ligne en général le vendredi et peut servir de piste de reflexion concernant la lecture de Chabat.
Les commentaires sont les bienvenus
Bonne lecture à tous.
Vendredi 27 juillet 2007

VAETHANAN /CHABBAT NAHAMOU

Après  3 semaines où nous avons lu les reproches, les avertissements des prophètes d’Israël annonçant les conséquences tragiques de l’égarement  du peuple juif  nous aurons droit a 7 semaines de consolation. Plus du double de temps pour consoler que pour reprocher. La répétition du terme « Nahamou » vient encore renforcer le devoir de consoler les endeuillés de Jérusalem.

Les textes réunis pour cette période sont magnifiques bouleversant il faut absolument se donner les moyens de les comprendre, se procurer au besoin la traduction des textes de la haftara. (de très bons ouvrages existent à ce sujet, je vous conseille personnellement le recueil des haftarot du Rabbin  Jean Schwartz.)

Il semble que paradoxalement,  le danger de la résignation, du désespoir qui suit le 9 av soit plus grand , réclame plus d’attention , plus de temps que la nécessite de rappeler comment nos fautes ont provoques le malheur, la destruction des 2 temples et finalement l’exil. Isaïe, le prophète majeur choisi pour nous consoler  n’avait pas manqué de nous abreuver de reproches allant jusqu’à nous comparer aux chefs de Sodome et Gomorrhe.

 Il y a un temps pour tout, il faut savoir vivre le deuil de Jérusalem sans tomber dans le désespoir , le but du deuil de tout les deuils n’est jamais l’accablement, le culte de la tristesse , le dénigrement de la vie.  Il a au contraire  pour fonction de donner de la dignité a ce qui est perdu,  préparant déjà le chemin de la consolation. Chaque fois que la Torah envisage les situation de deuil , c’est pour nous mettre en garde contre le danger d’idolâtrie où les peuples antiques pratiquaient des actes de mutilation de mortifications. Comme si pour respecter les morts il fallait dénigrer la valeur de la vie

« Vous êtes les enfants d’Hachem ne vous entaillez pas la peau à cause d’un mort »

Le deuil de Jérusalem, lui aussi, a une fonction positive (je reprend ici le thème développé la semaine dernière), est la source de notre prise de conscience d’un manque, il bouscule l’impression de plénitude et de bonheur que nos comportements consuméristes  veulent absolument valider. Il réclame, revendique un monde fondé sur la justice et l’entraide. Le plus grand danger serait de prendre les attaques des prophètes comme des vérités indépassables. Le deuil signale dans la douleur que l’être perdu, nous manque  que sa présence et son manque nous habite. Ce deuil va permettre la consolation, c’est à dire la renaissance d’un type de vie où  cette présence se rattache à l’Eternel.

Puisse le deuil de Jérusalem, nous faire mériter d’assister à sa restauration.

La paracha choisie pour le chabbat qui suit le 9 av est grandiose. On y trouve les textes fondamentaux de notre existence, le rappel de la Sortie d’Egypte, les 10 commandements, le premier paragraphe du Chema…

Cette paracha est encore plus chargée que parachat Ytro, elle porte le souci de la transmission, elle s’adresse à toutes les générations.

« Tu aimeras Hachem , ton D. de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces »

Comment peut on nous ordonner d’aimer le Créateur ? Comment peut on parvenir à cet amour ?

2 méthodes complémentaires :

Rachi enseigne : c’est l’étude qui amène à l’amour En  étudiant la Torah, on perçoit l’amour du Créateur pour sa création, ce qui nous amène à l’aimer.

Rambam (Maimonides) enseigne que c’est l’étude de la Création qui constitue le plus grand témoignage d’amour du Créateur pour sa création. la prise de conscience ce cet amour, nous invite à son tour à l’aimer

Chabbat Chalom

Raoul Spiber
par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 20 juillet 2007

 

Ce Shabbat annonce la semaine la plus difficile de l'année juive, la semaine qui contient le 9 av, jour anniversaire de la destruction des 2 Temples. Ce ne sont pas seulement les règles du deuil de Jérusalem qui rendent ces temps difficiles. C'est surtout le décalage, la difficulté à ressentir ce deuil, qui nous pèse plus encore

 

Essayons de réfléchir à ce malaise, que révèle t-il, de quoi procède t-il ?

 

1) La catastrophe de la destruction du Temple est très ancienne, elle date de presque  2000 ans, depuis nous nous sommes habitués a vivre sans Temple.

 

 

 

2) Depuis nous avons connu d`autres épreuves, d`autres souffrances tellement dramatiques que  par la force des choses, sans même chercher a les comparer, à  les classer « H-as Vechalom », les drames plus récents  éclipsent les tragédies plus anciennes

 

 

 

Cette distance avec le drame de la destruction du Temple est perçue par nos Maîtres. Déjà a l`époque du Talmud, il y a 1700 ans, les Sages constataient que la douleur du Horban Habayit n'était plus vécue avec la même intensité.

 

 

«  Un idolâtre faisait la route avec un juif, vexé parce que le juif marchait plus vite que lui, il tenta de ralentir son pas. Il lui rappela la tragique destruction de Jérusalem, en étant sûr que la tristesse briserait son élan. Le juif soupira mais ne ralentit pas, c'est alors que l’'dolâtre s'écria :

 

 

 

 «  Mais pourtant vos rabbins disent souvent que les soupirs brisent le corps de l'homme ? ». Quelle piété, quelle foi dans les paroles de nos maîtres de la part de ce païen. !

 

 

Le juif lui répondit : « cette règle s’applique aux nouvelles  récentes et affligeantes, mais là  c'est test un fait auquel nous nous sommes déjà habitués, comme disent les gens : «  une femme qui a perdu plusieurs enfants ne pleure plus de la même façon à la disparition d'un autre enfant

 

Talmud babli Ketouvot 62

 

 

Vous voyez, je précise la référence pour que vous puissiez être sûr qu'un texte de ce genre existe ; il est évident que l'humour juif est présent dans le Talmud.

 

 

Les idolâtres avaient compris du discours des rabbins :

 

« Que les juifs sont littéralement paralysés par leur mémoire  historique des souffrances. »

 

 Le Talmud tourne en dérision cette caricature inventée par les idolâtres, du juif pleurnichard, en tout temps, à laquelle parfois ils veulent nous réduire, comme dans cette histoire, pour mieux nous doubler littéralement.

 

 

Le juif lui répond : les anciennes souffrance nous les méditons, elles sont sources de réflexion, de compassion, nous savons vivre avec. Ce qui nous brise, nous épuise ce sont les nouvelles douleurs, celles d'aujourd'hui. Et même la tragique disparition d'un enfant n'empêche pas un peuple habitué au tragique de poursuivre sa marche.

 

 

Ce texte est à mon sens, avant tout, une mise en garde  ironique, à l'encontre d'une compassion dangereuse, malveillante envers la souffrance d’'sraël.

 

Nous ne vous demandons pas de pleurer nos morts ! Si seulement le monde ne continuait pas à approuver le massacre de nos enfants, encore aujourd'hui tout en larmoyant sur les crimes d'hier.

 

 

Ce refus à être triste, comme cela, parce qu’on est le 9 av est sain. Il ne s’agit pas de faire du théâtre. On a forcément plus de peine pour des catastrophes contemporaines que pour des drames anciens.

 

Ce qui est en jeu dans le deuil de Jérusalem, c'est de faire surgir le vide dans lequel le monde a été plongé depuis la destruction du Temple.

 

 

 

Le Beit Hamikdach a été détruit, il y a presque 2000 ans, c'est vrai, mais il n'est toujours par reconstruit ! Le deuil de Jérusalem affirme que malgré l'effacement sur les cartes de géographie, des noms Israël, Jérusalem,malgré tout le peuple juif existe que son lieu et le lieu de son Temple existe.

 

Hors, c'est bien connu :

 

«La nature a horreur du vide », si c'était déjà vrai à l'époque d'Aristote cela n'a jamais été aussi vrai qu'aujourd'hui. La grande règle en diplomatie, en compréhension des problèmes c'est de ne tenir compte que des données physiques présentes sur le terrain. Ainsi «  HAR HABAYIT » la Montagne du Temple de Jérusalem, est appelée désormais « l'Esplanade des Mosquées », puisque sur cette esplanade, il n y a que 2 Mosquées et pas de Temple. Vous imaginez les conséquences politiques de cette conception du monde…

 

 

Mais ça c'est de la politique, ce n'est pas le plus grave ! Le plus grave c'est que notre vision du monde, elle aussi s’élabore de la même façon. Ce qui n'apparaît pas, ne compte pas. «La nature a horreur du vide » disais je, c'est encore plus visible dans nos comportements quotidiens,  où le vide, le silence, l'attente, la solitude sont devenus insupportables. Il faut du bruit, de l'image et de l'action tout le temps. Les gens ne supportent plus le silence, il est trop dérangeant, il  risque de permettre le souvenir, la prise de conscience des souffrances, des injustices et  des crimes d'hier et d'aujourd'hui. Ce silence, cette présence face à soi-même et trop dérangeante recouvrons là vite, c'est urgent !

 

Vive les médias, les radios, la télé diffusant de l'info continue et continuellement changeante.

 

Vive Internet illimité et ses surfs, ses  tchatchs sans fin.

 

Vive les téléphones portables qui nous procurent une occupation permanente, écoutez, communiquer, jouer et maintenant surfer.

 

 

Le jour du 9 av, nos Maîtres ont conçu une journée sans occupation c'est-à-dire  sans aliénation, sans distraction. Rien pour nous distraire du silence qui hurle : «  que l'homme est mortel, que le temps est beaucoup plus que de l'argent. »

 

Même l’étude de la Torah est suspecte, elle pourrait favoriser la distraction, elle pourrait nous faire oublier le drame, le gâchis de l'histoire humaine. Elle pourrait elle aussi n'être qu'occupation.

 

Seule l'étude des textes du deuil est permise et recommandée. L'étude nous rappelle qu'un monde différent est possible, pour lequel nous sommes convoqués depuis la Sortie d'Egypte et le Don de la Torah. Un monde qui n'oublie pas notre condition de créatures face à notre Créateur.

 

Etrangement, malgré le deuil, ce jour nous ne récitons pas de Tah'anounim, c'est un Moed (c'est notre fête). C'est un jour solennel où nous sommes en rendez vous avec le Maître du monde.

 

De cette confrontation doit naître la pensée du Retour à Son alliance, pour que s'accomplisse la promesse de la Délivrance.

 

 

Le chabbat qui précède, oriente toute cette semaine de deuil.

 

Il s'appelle le Chabbat de la Vision, du nom du texte d'Isaïe lu ce chabbat.

 

Il donne à cette semaine, dans le registre de la gravité ? du c'ur de cette vision de la destruction, le sens de l'espoir.

 

« Tsion sera sauvée par la Justice et ceux qui reviennent par l’entraide »

 

 

CHABBAT CHALOM

 

RAOUL SPIBER

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 13 juillet 2007

 

 

 

MATOT MASSEY

 

La Paracha de Massey conclue le livre de Bemidbar  et elle inaugure obligatoirement le mois de Av .Elle contient plusieurs sujets :

 

         -La liste des étapes des pérégrinations d’Israël durant 40 ans.

 

-          La définition géographique de la Terre à conquérir.

 

-          Les lois du partage de la Terre.

 

-          La requête des tribus qui voudraient obtenir le droit de s’établir sur les terres déjà conquises de l’autre côté du Jourdain.

 

-          Les dispositions à prendre dans le cadre de la loi de l’homicide involontaire.

 

-          Retour sur le cas des Benot Tselofrad.

 

Cherchons l’intrus dans cette liste, cela permet toujours de mettre en évidence ses points communs.

 

A priori l’ensemble de la Paracha présente les enjeux, les difficultés qui vont se poser à cette nouvelle génération chargée d’entrer en Erets Israël.

 

Ce qui parait déplacé dans ce grand dispositif c’est surtout la place accordée au sujet de l’homicide involontaire, sujet d’ailleurs déjà évoqué précédemment et qui sera repris ultérieurement dans le Sefer Devarim.

 

En fait, dans le cadre du projet de peuplement de la Terre d’Israël, la tribu de Levy qui ne recevra pas de terre à cultiver, recevra 42 villes, auxquelles s’ajouteront 6 villes de refuge pour accueillir celui qui a tué involontairement.

 

C’est bien de penser aux lieux d’asile mais c’est un peu curieux de fixer avant même d’avoir conquis la terre le nombre de villes réservées à ces usages.

 

La  Kedoucha de la terre : n’est pas  de développer un rapport fétichiste avec tel où tel lieu ! Il s’agit de placer au centre de la vie du pays, l’amour et le respect de Celui qui donne la vie. Il faut donc par conséquent, a priori mettre en place les moyens suffisant pour combattre le meurtre, défini par la Torah comme étant l’effacement de l’image d’Hachem sur le visage des hommes. Il est obligatoire à la fois de condamner avec la plus grande sévérité l’homicide volontaire et à la fois accompagner, ne pas traiter à la légère, l’homicide involontaire , celui qui est né d’une négligence d’une faute commise par inadvertance. 

 

Les responsables d’un meurtre par négligence devront réapprendre le respect de la vie chez les Leviim chargés d’enseigner le respect de la Torah à tout le peuple, le sens de la responsabilité personnelle et cela jusqu’à la mort du Cohen Gadol.

 

L’amnistie, à la mort du Cohen Gadol, parait étonnante. La Guemara s’interroge :

 

« Que signifie cette annulation automatique de la faute, le Talmud est effrayé par ces dissolutions automatiques des responsabilités, comment par ailleurs comprendre que la mort du Cohen Gadol libère les condamnés à l’exil dans les villes de refuge? »

 

La Guemara répond : « Le Cohen Gadol, celui  qui se tient loin de toutes les impuretés de la mort, tout au long de son existence, pour servir LA SOURCE  DE LA VIE   est concerné par le drame de l’homicide involontaire. »

 

Il n’a pas pu empêcher ce drame, il n’a pas su rendre signifiant le service d’Hachem aux yeux du peuple. Son service n’a pas  réussi à réveiller l’amour, le respect, l’attention que nous devons accorder à toutes les vies.

 

Le sens de sa vocation, le but de toute son existence, que les meurtriers involontaires n’ont pas appris de son vivant , ils le saisiront par sa mort : 

 

« MITATO CAPARA »

  En achevant le Sefer Bamidbar , la Torah nous demande de méditer, de réfléchir aux 42 étapes qui nous ont conduits de l’Egypte aux portes d’Erets Israël.

 

Ce texte lu avant le mois de Av nous apprend comment lutter contre les forces de dispersion qui ont détruit le Beit Hamikdach et qui ont conduit Israël dans le désert des Nations, exposé à la violence de l’histoire.

 

 Puisse le deuil de Ticha beav, réveiller les forces de vie, de piété authentique, qui permettront la renaissance d’un monde où Israël accomplira une des dernières mitswot de la Torah :

 

« Sont placées devant toi, la vie et la mort. Tu choisiras la vie. »

 

CHABAT CHALOM

 

RAOUL SPIBER

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mardi 3 juillet 2007

Chabbat Pinhas

 

L’usage, la coutume, voudraient que nous nous penchions en priorité sur les louanges de Pinh’as ,cet homme qui par son acte de violence, calma la colère d’Hachem et sauva donc le peuple.

Seulement l’étude de ce passage pose plusieurs problèmes :

L’éloge de l’action violente est dangereuse, elle peut encourager les passages à l’acte, les plus criminels possibles.  On peut trouver, aujourdhui,  des commentaires  sur le geste de Pinhas qui sont autant de véritables appels au meurtre. Il y a un attrait particulier, une sorte de fascination dangereuse pour ces justiciers hors la loi, qui seuls contre tous rétablissent la justice, devenant ainsi les champions de D.ieu contre tout et n’importe quoi. On a ainsi comparé Pinh’as à Barouh’ Goldstein, à Ygal Amir et aujourd’hui à Julien Souffir.

 

Bien que Pinh’as en tuant Zimri ait sauvé le peuple juif de la colère d’ Hachem qui déjà, décimait le peuple, le Talmud rappelle :

« Le geste de Pinh’as relève d’une loi qu’il est interdit d’enseigner » (Sanhedrin 82)

Méfiez vous des pieuses invitations au fanatisme, qui se servent de l’alibi de Pinh’as.

 

Je pense en premier lieu aux adolescents, (cela commence de plus en plus tôt, cela finit de plus en plus tard) qui sont en quête de sensationnel,  cherchant, adoptant des comportements à risque, des actions dangereuses pour se sentir exister.

Le héros c’est celui qui sait se dominer. C’est celui qui prend des risques pour sauver la vie, pour la protéger. C’est celui qui sait dire non malgré les autres, malgré la mode.

Refuser de conduire en état d’ébriété, refuser de dépasser la vitesse autorisée, de respecter les règles de sécurité c’est difficile c’est héroïque parce que le voisinage le monde qui nous entoure dénigre cette prudence comme autant de précautions inutiles, ridicules.

Du côté des parents , refuser de donner les clés du véhicule quand l’enfant qui le réclame n’a pas le droit, ne peut pas conduire, c’est difficile. Tout le monde le fait.

Résister, pour ne rien avoir fait de tragique, pour ne pas être un criminel, malgré le regard des autres, malgré la mode, malgré l’esprit du temps, c’est héroïque.

L’héroïsme véritable s’accomplit au quotidien, dans des actions sans éclats. Il s’oppose courageusement aux modes, à l’orgueil qui exposent les vies humaines au drame.

Après coup, « lo alinou » quand le malheur est arrivé , toutes les fausses réponses  sont balayées par le drame. Il n ‘y a plus de réponse.

Peut être que certains seront choqués par mon texte :

« Quoi, l’héroïsme avec la sécurité routière ?

Pinhas pour nous apprendre à respecter le code de la route ? ».

 

Pinh’as a risqué lui aussi sa vie, il a combattu le Yetser Hara de son temps, la mode de son époque, pour faire triompher la volonté de Celui qui nous a confié la vie

 

Nous trouverons peut être ici, le point commun entre tous les grands personnages de cette Paracha :

-         Pinh’as

-         Les fils de Korah’ qui ne sont pas morts. C’est un scoop, non !  Quand ils ont perçu que l’orgueil était présent dans la belle cause de leur père, ils se sont séparés.

-         Les filles de Tselofrad, sereines, confiantes dans la justice d’ Hachem ,mais réclamant avec respect, avec dignité leurs droits et ceux de leur père.

Ils ont tous choisis de lutter pour un monde plus juste, en s’opposant aux effets de mode et aux tentations nées de l’orgueil.

 

Qu’ Hakadoch barouh’ Hou nous donne la force de vaincre nos Yetsarim et nos mauvaises habitudes ; pour que nos maisons soient toujours des demeures de joie et de serenité ! Amen !

 

CHABBAT CHALOM

 

par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Mercredi 27 juin 2007

CHABBAT BALAK

 

Je ne sais pas si vous ressentez la même chose que moi ?

Ce texte me surprend. Nous avons déjà rencontré  des textes difficiles :

-soit dans la partie Halah’a, parce qu’ils présentent des commandements dont on ne perçoit pas la raison, des Houkim.

-soit, dans la partie narrative quand nous avons du mal à saisir la leçon du texte ou encore quand nous avons du mal à nous identifier aux personnages cités dans le texte en question.

Ici, toute cette histoire de peur, de malédictions, d’ânesse qui parle, d’ange qui barre la route, de sacrifices et de déclamations nous plonge dans un univers différents de l’ensemble du Tanah’ qui est pourtant, lui aussi, peuplé de prophètes et de miracles.

Bon pour l’ânesse qui parle, c’est le plus facile.

 Un Rav expliquait une fois, qu’avec le temps, les sages se taisent de plus en plus, devenant de plus perplexe à propos de ce qui est dit et surtout à propos de ce qui est compris. La nature ayant horreur du vide, inévitablement, ce silence de sagesse, de prudence et de perplexité est obligatoirement rompu par des ânes et des ânesses qui savent se faire entendre.

C’est une vielle blague juive, elle n’est pas méchante, elle ne vise personne en particulier, pour moi. Elle est comme toutes les vrais blagues juives imprégnées de sagesse , d’humour et de tristesse.

Mais assez blagué, retournons à notre texte. Je pars de cette hypothèse :

Je ne suis pas le seul à avoir rencontré ces difficultés. J’ai la chance d’avoir à mes côtés la lecture, l’investissement, l’étude d’une centaines de générations qui se sont confrontées à cette paracha.

J’ai la chance d’avoir accès au meilleur de leur commentaires qui ont traversé les siècles, rédigés et recopies à la main avant l’invention de l’imprimerie, qui miraculeusement, malgré l’inquisition, malgré toutes les censures, malgré les persécutions, les autodafés, malgré les pogroms ; malgré la Choa

me sont accessibles à moi aujourd’hui.

On appelle cela :

« Emounat H’ah’amim » croire à la sagesse, croire au pouvoir de l’étude sincère et au pouvoir de sa transmission, qui triomphe de la violence de l’histoire.

Le Midrach (rédigé essentiellement après la destruction du 2ème Temple, pendant les persécutions romaines, à l’époque de Rabbi Akiva) essaie lui aussi de comprendre ce texte, il s’interroge :

« Que craignait Balak le roi de Moav d’Israël, pourquoi se sentait-il tenu de recourir au soutient de Bilaam ? Il savait pourtant qu’ Hachem leur avait interdit de les attaquer, ils avaient l’obligation de respecter leur héritage, en tant que descendants de Loth ? ».

Balak craignait la puissance d’Israël. Il se disait : 

«  Un peuple aussi puissant ne va pas se contenter de rester à nos côtés pacifiquement, il va certainement nous inquiéter. »

En d’autre termes, l’hégémonie des peuples est irrésistiblement liée à leur force , la loi ne peut rien contre cela. Donc, doutant de sa force , il a recours à la magie, à l’incantation, aux superstitions ,il fait appel à Bilaam.

Mais la malédiction, ce n’est pas simplement une incantation, Bilaam est entendu, c’est une voix qui compte dans le monde. Bilaam était le conseiller de Pharaon, il avait approuvé la décision de mise en esclavage des Hébreux.

Cela réussit : la famille de Yossef, aimée, admirée jadis ; était depuis jalousée, détestée grâce à la campagne de presse menée par Pharaon mais conçue par Bilam. La mise en place du projet d’esclavage des juifs et de leur extermination pouvait commencer.

Nous sommes « déroutés » car nous ne comprenons pas ce que Balak peut obtenir par les malédictions de Bilaam.

Balak inaugure l’antisémitisme à thème religieux : il s’agit de formuler dans un langage religieux que « Israël ne mérite pas la protection de son D. » Il sait que Bilaam sait trouver les mots « qui tuent ».

Grand  meneur d’hommes , Balak connaît bien Bilaam , il sait que le non de D., n’est pas suffisant pour empêcher l’ambition de Bilaam. Il lui envoie donc plus d’honneur, lui promet plus de richesses et il sait que Bilaam trouvera les moyens de « s’arranger » avec son D. 

Pour que la haine de Balak ne soit pas assimilé  à un vulgaire antisémitisme, Bilaam prend soin de le rendre religieux, dévot. Il répète sans arrêt, je ne ferai rien de contraire à Ta volonté, il faut l’agrément de D., il faut donc être prodigue  en sacrifices. Des sacrifices pour D., des holocaustes, pour justifier la haine des juifs, pour obtenir leur disparition au nom de D.

« D. l’aura voulu » crierons tous les disciples de Bilaam pendant des siècles.

La pose est superbe :

Nous sommes sur les collines de Moav :

 Balak contemplant les sacrifices destinés au roi du monde et Bilaam, interpellant D., docilement, dévotement, cherchant à émouvoir le Maître de l’univers pour que cesse l’imposture du peuple soi-disant élu. Il cherche la formule qui fasse sens, pour les siècles des siècles. Il scrute le campement d’Israel.

Alors, comme dit le Talmud :

 « Là où l’homme a choisi d’aller librement , le ciel le conduit ! ».

 Hachem le prend à son propre piège : « Tu seras vraiment mon porte-parole, tu ne maudiras pas ce peuple, car il est béni ».

Bilaam est piégé par sa posture de prophète, quoi qu’il lui en coûte, il n’ira pas contre la volonté de D. Il va  cependant tenter 7 fois de faire fléchir cette volonté. Il veut donner raison à Balak, il veut justifier la malédiction par une observation pertinente. Son regard mauvais se heurte aux tentes d’Israël qui protègent la vie privée des familles. Ces tentes aux entrées protégées, s’opposent à la possession par le regard. Elles résistent à tous les clichés, à toute les malédictions. Elles sont le lieu de la Bénédiction d’Israël. 

Bilaam est  ridiculisé , mais nos sages ne retiennent pas le triomphe orgueilleux d’Israel sur les Nations, non.

Le ridicule de Bilaam, c’est aussi le ridicule du Tartuffe de Molière, de tous ceux, juifs ou non, qui se vêtissent de pureté , de spiritualité, de fidélité pour être finalement trahies par la jalousie, l’envie et la recherche d’honneurs insatiable qui les conduisent à la chute.

Il y a toujours chez  les Pharaons, les Bilaam, les Haman et les autres quelque chose de grotesque , la sagesse juive a choisi de les démasquer avec humour, elle a appris à s’en moquer sans oublier la dimension tragique des crimes programmés qu’ils représentent.

 

Chabbat Chalom

Raoul Spiber

par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Mercredi 20 juin 2007

 

CHABBAT H’OUKAT


Les personnages principaux des Parachiot précédentes décèdent au cours de cette Paracha. Nous sommes au bout de cette traversée du désert qui dura donc 40 ans. La semaine encore , nous apprenions comment Moché et Aharon faisaient face à la colère des Benei Israël et cette semaine nous apprenons leur disparition. Nous en avons déjà parlé , entre ces 2 parachiot 38 ans de « Chtikat Hadibour », de silence de la parole divine.


Le point commun entre tous ces évènements c’est : «  la mort ». L’être humain si puissant, si intelligent, si efficace, est conscient de sa finitude: il est mortel. Cette prise de conscience engendre une crise , une douleur, un désespoir qui est aussi un des moteurs de la pensée, de l’étude et de la recherche.


La paracha situe précisément à cette transition, à ce passage des générations le thème de la « vache rousse », dont nous avons déjà parlé à l’occasion de Chabbat Parah.


Comment continuer, comment reprendre la marche, quand les géants qui nous accompagnèrent ne sont plus avec nous ?

C’est simple , cela parait impossible à cette nouvelle génération.

Myriam meurt et le peuple a soif, il ne bénéficie plus de la source de Myriam qui les accompagnait dans tous leurs déplacements.

Aharon meurt et le peuple est aussitôt vulnérable, il n’est plus protégé par les nuées de gloire qui les protégeaient de tous leurs ennemis.

Sans ces Tsadikim on ne peut pas vivre.

 

Le Midrach Bamidbar Rabbah décrit le désespoir d’Israël :

« A la mort d’Aharon, le peuple, attaqué par le roi de Arad, réalise que depuis la mort d’Aharon, il n’est plus protégé par les nuées de gloire » alors, rajoute le Midrach : « il retourne vers l’Egypte ! ».

Fin de la glorieuse épopée, au terme des 40 ans de vie dans le désert, aux portes d’Erets Israël , la nouvelle génération désespère elle aussi.


Mais pourtant, me diriez vous, nous connaissons le Tanah’, nous savons que l’aventure du peuple juif ne s’achève pas sur un retour en Egypte, que veut dire ce Midrach ?

 

L’aventure du peuple juif a bien sûr une suite, il triomphera de ses peurs et entrera majestueusement en Erets Israël mais le Midrach nous enseigne que cette poursuite du projet de la Sortie d’Egypte ne coule pas de source.

Il faudra combattre : la tribu de Levy, celle qui s’est déjà opposée à l’idolâtrie et au retour en Egypte au moment de la faute du veau d’or, au prix d’un immense effort luttera de nouveau et ramènera le peuple juif de sa « fuite » vers l’Egypte, alors que celui-ci a déjà reculé de huit étapes (de HOR HAHAR à MOSERA).


Cette tribu aurait due être plus démunie encore que les autres , elle est plus que toutes, fragilisée par la mort de Aharon, le chef des Levyim.

Les levyim ont compris un des enseignements de la paracha de la vache rousse et ils l’enseignent à tout le peuple et redonnent le courage et l’espoir à toutes les tribus:

«  C’est cela la Torah : un homme meurt dans sa tente.. »

La Torah éternelle donne sens , donne de la valeur aux actes des hommes qui ainsi l’accomplissent dans leur existence de mortels, elle accompagne ces combats de tous les jours et alors la même Providence, qui a protégé et soutenu les Tsadikim de la première génération , les pionniers, ne peut abandonner ceux qui prennent en charge la suite.

-Myriam, c’était l’héroïsme et le sacrifice de soi, bravant les décrets de Pharaon, elle sauve elle soigne ses enfants condamnés à mort. Pendant cette période terrible, elle convaincra son père Amram (et tout le peuple, qui suivra son exemple) de reprendre malgré toutes les horreurs de l’esclavage, sa vie conjugale pour qu’une nouvelle génération puisse naître, pour que la délivrance puisse se produire.

-Myriam, c’est cette source de joie et de confiance qui prend dans ses bagages, au moment de la Sortie d’Egypte, un tambourin, anticipant déjà les joies futures. Elle a lutté contre la mort du peuple, elle lui a apporté le courage et la joie par son mérite , une source d’eau apaisera leur soif dans le désert.

 

Aharon, celui pour qui les nuées de gloire entouraient les enfants d’Israël :

Celui qui aimait le Chalom et le poursuivait, celui qui au prix de sa vie combat les disputes, les conflits de partis, a unifié le camp d’Israël, cette unité entoure le peuple juif d’une protection de gloire qui le rend invulnérable.


Notre génération , chaque génération peut et doit produire ses Moché, ses Aharon et ses Myriam ; afin que le Peuple Juif puisse poursuivre sa marche accompagné de leurs vertus, jusqu’à la venue du Machiah’ « Bimhera Beyameinou », au plus vite, Amen !


Chabbat Chalom

Raoul Spiber



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Mercredi 13 juin 2007

 

Chabbbat Korah’

 

 

Le texte du Sefer Bamidbar se dérobe à l’analyse. Il est difficile d’en cerner l’unité. Nous avons déjà évoqué cette difficulté dans Behahaloteh’a, à propos de ces fameux crochets qui le partagent en trois livres. 

 

Nous sortons de Chelah’ Leh’a  et du désastre du « H’et hameraglim » pour entrer dans la dispute de Korah’ et de son groupe.

 

Partition de Bamidbar :

 

Il est clair que les 17 premiers chapitres de Bamidbar appartiennent à la 2ème année depuis la Sortie d’Egypte. Il est également clair qu’à partir du chapitre 19, parachat Houkat, nous sommes dans la 40ème année.

 

Il y’a un silence, une « Chtikat Hadibour », d’Hakadosh Barouh’ Hou, durant 38 ans. C’est Sa réponse au « Lachon Harah » des explorateurs et à son acquiescement par le peuple.

 

 

Nos Maîtres ne sont pas d’accord sur l’affaire de Korah’ :

 

Pour Avraham Ibn Ezra, la dispute de Korah’ a éclaté plus tôt. Lors de la nomination des Leviim et de la distribution des responsabilités, certaines susceptibilités ont été froissées. Les batailles pour les responsabilités spirituelles ont déjà provoqué la dispute, la désunion,  dans le peuple juif entraînant par là les conséquences les plus fâcheuses.

 

Pour le RAMBAN, Rabbi Moché Ben Nah’man, l’ordre chronologique est généralement respecté par le texte, l’affaire de Korah’ suit est conséquente à l’affaire des explorateurs.

 

Tous deux sont bien d’accord sur le fait que le texte de la Torah veut lier, comparer, ces deux évènements.

 

Ces 2 évènements ont en commun la dimension politique et religieuse.

 

Les explorateurs paraissent douter de la possibilité de vaincre leurs ennemis, c’est à dire de mériter la protection divine durant leurs combats. L’assemblée de Korah’, quant à elle ne doute ni de la puissance d’Hachem, ni de droit à Sa protection : «  Toute l’Assemblée est sainte, Hachem se tient parmi eux et pour quelle raison vous tenez vous au dessus de l’assemblée d’Hachem ? »

 

 

L’affaire des explorateurs et de ses pleurs en ce fameux 9 Av 2449 depuis la Création du monde annonce ,exprime et symbolise  l’Exil, la dispersion du peuple juif. La crise spirituelle que vit le peuple, brise le socle commun de tous les rescapés d’Egypte.

 

Ne partageant plus cette vision du monde qui fut la sienne au moment de la Sortie d’Egypte, quand il s’arrachait à la servitude de Pharaon pour se placer au service du vrai Roi du monde, le peuple juif paraît être paralysé.

 

 

La question qui se pose pour cette génération et pour toutes celles qui ont vécu l’exil , la dispersion ,c’est la question de la survie. Comment un processus de destruction sociale peut-il s’interrompre. La nature des choses , la loi du monde veut que plus un ensemble humain se défait, plus ses membres se désolidarisent les uns des autres et plus les raisons de se séparer, de se désolidariser augmentent. Le socle commun n’a pas maintenu le groupe, comment espérer que ces débris soient plus capable de le reconstituer. Effectivement, c’est ainsi que des civilisations ont entièrement disparues.

 

Il était prévisible qu’après la faute des explorateurs et  la condamnation pour la génération à mourir dans ce désert on assiste à des disputes, à de la zizanie :

 

au spectacle de la disparition d’un peuple.

 

 

Le problème que pose tout le texte biblique pourrait se formuler ainsi  :

 

« Comment se peut il que nous soyons allé si loin dans ce processus suicidaire et que nous soyons encore  là ? »

 

La bataille des chefs autour de Korah’ entraîne la haine du peuple, la condamnation de Korah’ fait de Moché un méchant :

 

« Vous avez tué le peuple d’Hachem ! » disent ils en conclusion . Rien, pas  même le châtiment divin contre le groupe de Korah’ n’arrête cette réaction en chaîne.

 

 

Le peuple est en colère, il veut des coupables. Ils se regroupent devant le Ohel Moed,  au  lieu du rendez vous entre Israël et Hachem. Leur colère se dirige contre Moché et Aharon, ce sont eux les responsables du désastre. La foule gronde. La démagogie de Korah’ a donné ces fruits. En guise de recherche d’ initiatives et de responsabilités, la foule hurlante s’unit contre ceux qui l’avait guidée.

 

Elle menace désormais : Moché et Aharon !

 

Une véritable scène de Western, si j’ose dire :  un  lynchage se prépare.

 

Hachem intervient, Il ordonne à Moché et à Aharon de s’éloigner de cette foule, car Il veut tous les détruire.

 

 

Et là , Moché désobéit :

 

Il ordonne à Aharon de rejoindre la foule hostile, muni de son encensoir pour les protéger de la colère d’Hachem qui va dévaster le camp.

 

Aharon s’exécute, contrairement à l’ordre donné par Hachem, il se rapproche de la foule étant à la fois exposé à la colère d’Hachem et au mécontentement de la foule. La Ketoret (l’encens)  arrête la catastrophe. Il était  temps. Aharon a pourtant une objection à l’ordre de Moché , il ne peut pas s’empêcher de penser à Nadav et Avihou qui sont morts d’avoir présenté les encens sans en avoir reçu l’ordre.

 

Moché dit le Midrach Tanh’ouma, comprend son hésitation. Il insiste pourtant, en lui disant dépêche toi, la destruction du peuple commence. Il ne lui explique pas comment cette Ketoret va le protéger et protéger le peuple, il lui demande simplement de se hâter, c’est urgent. 

 

Aharon pense que le peuple sera sauvé mais que lui, il en mourra, il s’oppose à la colère d’Hachem, il offre les encens hors du Mishkan, il croit à coup sûr mériter la mort. Peu importe, pourvu que ma mort puisse sauver le peuple.

 

C’est « kedaï », cela vaut la peine.

 

Ni lui, ni Moché ne pense même une seconde, que cette foule voulait les tuer, que c’est elle qui finalement a déclenché la colère d’Hachem. Aharon sans attendre, éloigne avec son encensoir la colère d’Hachem. Advienne que pourra. Il était temps cette catastrophe a déjà fait 14000 morts !

 

Ne me demandez pas comment la Ketoret éteint le feu de la colère d’Hachem, c’est un secret que Moché avait reçu des anges au moment du Don de la Torah.

 

 

Ce que l’on peut par contre mieux comprendre c’est comment ce peuple qui était entrain de se détruire va rétablir son unité autour de Moché et d’Aharon .

 

Comment cette génération condamnée à mourir dans le désert va réussir à élever la génération suivante qui réalisera pour eux leur mission, l’entrée en Erets Israel. Il n’y aura plus de querelle contre Moché et Aharon , l’épisode suivant c’est le bâton d’Aharon qui fleurit. Il est identifié par le peuple comme source de bénédiction

 

 

Les Benei Israel ont retrouvé  l’abnégation, le courage et le dévouement des vrais chefs.

 

Ceux  qui sont prêts à se sacrifier pour ceux qui les contestent. Ceux qui n’ont pas construit leur carrière autour du souci de soi et qui n’ont donc peur de rien et n’ont de rancune pour personne. Ceux qui ont traduit dans la vie communautaire le principe de la Kedoucha.

 

 

Puissions nous retrouver des Maîtres , des chefs, qui nous conduisent à regarder vers le haut.

 

CHABBAT CHALOM

 

RAOUL SPIBER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mercredi 6 juin 2007
 

CHELAH’ LEH’A

L’ECHEC


La dernière partie de Beahaloteh’a annonçait déjà un essoufflement, une perte de sens chez le peuple de la sortie d’Egypte et du Don de la Torah. La marche du peuple juif dans le désert se faisait traînante.

La lassitude , la fatigue sont les meilleurs indicateurs pour mesurer dans la durée , le sens, la joie que nous percevons dans notre effort.

Cette semaine c’est la catastrophe, c’est ce que nous appelons :

« H’ET HAMERAGLIM  OU LA FAUTE DES EXPLORATEURS ».

Le résultat de cet épisode est évidemment catastrophique :

« toute cette génération est condamnée à mourir dans le désert ».

C’est l’échec de la Sortie d’Egypte et de cette délivrance en 5 étapes qui devait mener tout le peuple en Erets Israël.


Mais essayons d’examiner la teneur exacte de la faute des explorateurs. Ce qu’ils ont rapporté comme informations est rigoureusement exacte.

Leur demandait-on « HAS VECHALOM » de désinformer le population pour ne pas entraîner le défaitisme dans les rangs?


Le Midrach Rabbah : « Ils n’ont pas retenue la leçon de la faute de Myriam ». Au sujet de Korah’ le Midrach Rabbah répétera , ils n’ont pas retenu la leçon de la faute des explorateurs.

Le point commun entre BEHAHALOTEHA CHELAH’ LEH’A ET KORAH’

c’est le problème des fautes liées au langage ; «LE LACHON HARA ».

Dans les fautes de Lachon Harah que la Torah présente, les responsables ne disent que la vérité. Mais alors où est la faute ?

C’est une question qui m’a longtemps préoccupée. Jusqu’au jour où j’ai entendu le Rav Kaufmann (directeur d’un Collel à Benei Brak) expliquer :

«Dire la vérité en parlant des mauvaises actions d’autrui, c’est déjà mentir !»


Il rajoutait : « Quand tu rapportes les actes répréhensibles qu’untel a accompli devant toi, tu as le sentiment que tu dis la vérité sur ce que cette personne est vraiment. Tu en as fait le tour. Mais quand on rapporte tes propos ou tes actions en formant ainsi un jugement défavorable sur toi, tu t’écries sincèrement :

  1. le contexte était très différent !

  2. c’était exceptionnel, je ne me conduis pas toujours de la sorte !


Nous refusons tous d’être ainsi prisonnier de cette anecdote, d’ être réduit à ce qu’elle seule donne à penser de nous. Le Lachon Harah c’est d’abord cela :

Enfermer un être vivant dans l’information parcellaire que j’ai sur lu, le pétrifier grâce à l’instantané que j’ai obtenu de lui puis le communiquer à tous.

Cela n’a pas l’air si grave, cela paraît un peu sophistiqué. »

Et pourtant, le H’efets Haïm, celui qui aimait la vie, Rabbi Méir Kagan, rappelait que le Lachon Harah, c’est la mort. Une société atteinte du Lachon Harah est aliénée, elle ne peut pas changer, elle ne peut pas être libérée.


Dans les Parachiot que nous lisons en ce moment les dérapages de langage ne sont pas le fait de tout un chacun, ce sont des dirigeants, des modèles du peuple qui échouent à décrire les problèmes réels auquel le peuple est confronté dans un langage de vie, de courage, d’effort et d’espoir qui sollicite le dépassement de chacun sans aucune désinformation.


A l’essoufflement du peuple s’ajoute maintenant un discours qui laisse la place au cynisme. Ce peuple qui est sorti d’Egypte pour aller dans le désert en dépit de tout ne sait plus sortir du désert pour se mesurer aux difficultés de demain.


Nous sommes encore aujourd’hui empêtrés dans les mêmes problèmes. En ces temps où on rêve du Machiah’ de façon « romantique », l’art de vivre ensemble, la politique au sens noble du terme est engoncée dans le pseudo réalisme et confine au désespoir dans le spectacle affligeant de dirigeants qui cherchent à se hausser en se servant des faiblesses des autres.


C’était un certain 9av qu’eut lieu ce fameux échec. Les destructions des 2 temples et les malheurs ultérieurs du peuple juif sont tous reliés à cette crise de la parole humaine qui entraîna le silence de la parole D’Hachem.

Il nous faut reprendre la parole dans notre espace familial, professionnel, communautaire pour espérer la Délivrance

CHABAT CHALOM

RAOUL SPIBER

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Jeudi 31 mai 2007

BEHAALOTEH’A

FIN DU 4EME LIVRE DE LA TORAH LIVRE 5 ET DEBUT DU LIVRE 6

Non, ce n’est ni une erreur , ni une faute de copie, ni un gag !

Ce sont simplement les indications de lecture données par le Sefer Torah lui même.

Quand on lit le texte de notre Parasha tel qu’il est écrit dans le Sefer Torah , on trouve deux sortes de crochets ressemblant à des noun renversés,  encadrant en quelque sorte  quelques versets.

Ceux qui ne me croient pas peuvent vérifier par eux-mêmes soit dans le Sefer Torah de leur synagogue, soit plus simplement dans un Tikoun (livre servant de modèle à l’écriture des Sifrey Torah et d’aide pour ceux qui se préparent à la lire dans le Sefer Torah).

Vous me direz : « Bon, c’est intéressant ces crochets qui se promènent dans le texte de la Torah mais ça nous amène où ? »

En lisant avec attention les passages qui précédent les crochets et ceux qui les suivent , on réalise qu’au cœur de notr