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L'objectif de ce blog :

Ce blog édite un commentaire hebdomadaire de la paracha de la semaine. Il est mis en ligne en général le vendredi et peut servir de piste de reflexion concernant la lecture de Chabat.
Les commentaires sont les bienvenus
Bonne lecture à tous.
Samedi 19 mai 2007

CHABAT BAMIDBAR- CHAVOUOT

2 Sivan 5767

 

Le calendrier juif est établi pour que la lecture hebdomadaire du livre de Bamidbar commence avant Chavouot. C’est pour cette raison aussi que ces dernières semaines nous avons lu plusieurs fois, 2 parachiot en un seul Chabbat.

Il faut absolument que la lecture des textes de Bamidbar coïncide avec la date

de l’entrée des enfants dans le désert du Sinaï :

« Le  3eme mois (Sivan ), en comptant depuis la Sortie des enfants  d’Israël d’Egypte, en ce jour, ils entrèrent dans le désert du Sinaï. » Chemot(19 ;1)

 

Bon , c’est d’accord, la Torah a été donnée au Sinaï et le livre de Bamidbar lui aussi se consacre à la période où les enfants d’Israël campaient dans ce désert.

 

Mais cette explication n’est pas suffisante :

L’entrée dans le Sinaï et le don de la Torah eurent lieu pendant la 1ère année dans le désert, l’année  de la Sortie d’Egypte tandis que tout le Sefer Bamidbar commence à la 2eme année :

« Le premier jour du 2ème mois (Yar) en comptant depuis leur Sortie d’Egypte. » Bamidbar (1,1)

 

Nos Maîtres considèrent en fait que le Sefer Vaykra, le livre de la Kedoucha  a transmis aux Benei Israël des enseignements essentiels pour vivre et assumer MATAN TORAH, il s’achève avec Beh’oukotai qui nous rappelle la l’importance et la puissance de nos décisions et de nos actes. Eux seuls fixent soit :La bénédiction ou H’as Vechalom la malédiction selon notre choix.

 

Il faut donc absolument que l’on aborde Chavouot en ayant encore les enseignements de Vaykra en tête, juste après avoir achevé sa lecture.

 

Le désert du Sianï va être le lieu où ces grands principes doivent être réalisés.

Nous verrons combien ce n’est pas évident.

Contrairement à ce qu’on imagine, même en ayant été témoin des miracles de la Sortie d’Egypte, du Don de la Torah, de la survie et de la vie de tout un peuple dans le désert le respect de la Torah et la fidélité à ses principes de Kedoucha ne va pas de soi. Et il est bon de le savoir

Pourtant, nous avons beaucoup à apprendre des hommes et des femmes de cette génération.

Que dire du courage de ce peuple prêt à quitter l’Egypte (quand leur situation personnelle s’améliore), pour suivre Celui qui les a sauvé de l’esclavage, dans le désert ?Ils se sont révolté contre Hachem et sa Torah, c’est vrai . Mais c’est surtout parce que la vie dans le désert n’est pas toujours rose et surtout , ils se sont révoltés contre Hachem 10 fois !C’est d’accord !

Mais ces révoltes, ces oppositions à la volonté d’Hachem n’ont eu lieu

que 10 fois seulement, en 40 ans !

 

Puissions nous apprendre , intégrer ce courage, cette endurance, quelle nous permette d’accueillir la Torah , inspirer  nos choix de vie de tous les jours.

Mais surtout restaurer cet état de grâce du Rassemblement du Sinaï où  nous étions unis, comme appartenant à un seul corps où rien ne pouvait nous séparer où nos différences n’entraînaient aucune dispute , où même ceux qui auraient du nous haïr , nous respectaient et nous craignaient !

 

Cette étape du Maamad Har Sinaï, ce rasemblement au pied du Mont Sinaï , avant même que la Torah soit donnée cette unité authentique de tout un peuple où cependant chacun avait sa place, où personne ne se sentait ni offensé, abaissé par la présence des autres, était revécu chaque année aux fêtes de pèlerinage dans le Temple de Jérusalem.

 

Puissions nous restaurer cet amour, cette unité inspirée par la Kedoucha, qu’elle nous redonne notre dignité et qu’elle nous conduise à la Délivrance.

 

Chabbat Chalom et Hag Saméah

Raoul Spiber

 

 

 

par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 11 mai 2007

BEHAR-BEH’OUKOTAI

 

 

 

C’est le dernier Chabbat de l’année consacré au Sefer Vaykra, nous y lrons les 2 dernières parachiot. La semaine prochaine, juste avant Chavouot, nous aborderons comme il se doit le Sefer Bamidbar.

 

 

Tout au long de notre étude , nous avons cherché les différentes facettes de la sainteté, tel que la Torah en parle, le sens de la Kedoucha  :

 

Il fallait dépasser une impression première, c’est un livre obsolète consacré aux rites du Temple , qui ne nous concerne plus aujourd’hui. Il fallait rechercher ce que ces textes ont à nous dire, à nous et maintenant.

 

 

J’espère que cette étude a pu donner envie de lire et de méditer ces texte ; à réaliser leur richesse et la diversité des aspects de la vie que cette conception de la Kedoucha doit éclairer.

 

 

La parachat Behar : va aborder le domaine le plus étranger a priori à la Kedoucha , le domaine où le souci de soi est exacerbé, où l’autre est un concurrent, où le frère devient un ennemi, c’est celui de la « sacro-sainte » économie.

 

 

Nous allons trouver dans cette paracha le devoir de respecter la propriété de l’autre, l’interdiction  de  voler et d’escroquer qui que se soit :

 

Qu’il soit juif ou  non- juif ou même idolâtre.

 

 

Mais le respect des biens d’autrui fait partie du respect d’autrui que je ne dois pas léser, car il a lui aussi été créé à la ressemblance d’Hachem .

 

Nous retrouvons ce principe ans toutes les sociétés, il participe de sa stabilité, il maintient l’ordre établi mais cela aussi peut se révéler monstrueux :

 

 

« Ce qui est à moi est à  moi et ce qui est à toi est à toi » c’est l’homme moyen, le benoni, qui ne porte pas atteinte aux biens d’autrui mais qui ne lui  cède pas non plus ses biens, nous enseigne le chapitre V des Pirkey Avot consacré à ce Chabat ça a l’air banal, mais la Michna rapporte un second avis : certains disent : « C’est Sodome ».

 

A Sodome , on avait ériger cette banale manière d’être, en principe, surtout ne pas s’impliquer dans la vie des autres : « ni on vole , ni on donne » .

 

On a sacralisé le principe de la propriété en devenant totalement individualistes, intervenir pour soulager la misère des autres était un crime :

 

« On se fragilise tous en soutenant le faible », Sodome n’est pas si loin de nous,  c’est l’ultra libéralisme avant la lettre, qui nous commande de rester indifférent à la souffrance d’autrui.

 

 

 

Il  ne s’agit pas donc dans l’interdiction du vol et de l’escroquerie de sacraliser la propriété privée, d’en faire une divinité à laquelle nous devons tout sacrifier il s’agit simplement de respecter mon semblable en interdisant toutes les formes de violences, en proscrivant tout ce qui pourrait blesser autrui

 

« lo tonou »

 

 

Le Yovel :

 

Dans cette paracha , nous apprenons que lorsque le peuple juif sera rassemblé sur sa terre chacun recevra une part  égale d’Erets Israel, il s’agit d’une égalité économique ; aux temps bibliques la production, le P.N.B. c’était la production agricole, avoir une part égale dans la terre d’Israël, c’était avoir une place égale dans la vie économique du pays.

 

Il arrivait forcément que des inégalités apparaissent, selon les compétences et l’attention que chacun accordait à sa parcelle ; l’égalité n’empêche pas la liberté individuelle, elle n’interdit pas l’initiative personnelle qui peut parfois sourire de manière inégale.

 

 

Mais attention, quand une partie de la population devient pauvre , quand elle est obligée de vendre sa terre, quand elle va se vendre pour nourrir sa famille en travaillant la terre des autres ; il y a danger :

 

Le peuple juif qui vit sur cette terre perd son unité , oublie ce qu’il devait retenir de son expérience d’esclavage en Egypte et des leçons de la Sortie d’Egypte.

 

Il sera jugé sur sa capacité de solidarité, de fraternité, envers les faibles :

 

le pauvre, l’émigré, la veuve et l’orphelin.

 

La Torah institue le principe du Yovel :

 

Tous les 50 ans, le Yovel (le chofar) retentissait en plein Yom Kipour et les gens criaient : « Liberté ! »

 

Les serviteurs étaient affranchis de leur servitude et retrouvaient la terre qu’ils avaient  été obligés de vendre, ce qui leur permettaient de vivre en étant libre .

 

 

Vous avez vu comme moi, que les principes fondamentaux de la République Française sont déjà présent dans le Lévitique ?

 

Seulement , ici ce ne sont pas des principes , se sont des lois. Elles ne sont pas seulement justifiées par l’intérêt commun du peuple.

 

Elles traduisent ce rapport de Kedoucha , cette posture que nous devons avoir au monde, conscients que nous ne sommes pas les propriétaires de la terre, mais simplement des créatures invitées à la table de leur Créateur.

 

Ces notions, de liberté , d’égalité, de fraternité ont fait rêver les hommes, elles ont inspirées les révolutions qui à leur tout ont mis en place des régimes qui les ont atrocement trahies.

 

L’idée de kedoucha qui sous-tend toutes ces lois leur donne une profondeur messianique .

 

 

La parachat Behoukotai que nous lisons généralement avec Behar conclue le Sefer Vaykra en nous rappelant que ces règles, ce pacte fondé sur la « sainteté », la Kedoucha , sont vitales.

 

La kedoucha n’est pas un luxe, c’est la condition de la présence D’Hachem au sein d’Israel.

 

Les principes évoqués dans ce livre, essentiellement celui de la fraternité sont déterminants pour que la bénédiction d’Hachem éclaire l’histoire d’Israël et pour qu’elle nous éloigne de la catastrophe engendrée par l’ égoïsme, l’abandon de ces principes.

 

 

Par 2 fois les transgressions des règles de sainteté ont divisé le peuple, entraîné la destruction des 2 Temples, l’exil du peuple juif et toutes les souffrances qui en découlèrent.

 

«Je t’ai averti devant les cieux et la terre ,  la vie et la mort sont entre tes mains , la bénédiction et la malédiction. Tu choisiras la vie »

 

Devarim (30,19)

 

CHABBAT CHALOM

 

RAOUL SPIBER

 

 

 

par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Samedi 5 mai 2007

Parachat Emor

Vaykra, le 3ème livre de la Torah est appelé en français le Lévitique. Contrairement à ce que certains imaginent, les noms des 5 livres de la Torah  ne sont ni fantaisistes ni d’inspiration étrangère au Judaïsme. Ce sont les noms transmis par nos Sages,  cités dans les Midrashim les plus anciens. Quand les sages furent contraints de traduire la Torah en grec par l‘empereur ; ils se servirent de ces Midrashim pour donner un titre thématique à chacun des livres de la Torah :

I)                    BERECHIT  : SEFER HABERIAH= LA GENESE

II)                  CHEMOT    : SEFER YETSIAT MITSRAIM= L’EXODE

III)                VAYKRA    : TORAT COHANIM = LE LEVITIQUE

     IV)  BAMIDBAR  : HOUMACH HAPEKOUDIM= LES NOMBRES

V)                DEVARIM  : MICHNEI TORAH= LE DEUTERONOME                       ( répétition de la Loi)

Ces 5 livres (Houmachim) forment donc LE PENTATEUQUE.

C’est donc bien le termes du Midrach qui sont utilisés pour nommer nos 5 livres de la Torah à la petite différence qu’il faut passer par le grec, pour comprendre des mots comme  DEUTERONOME OU PENTATEUQUE. L’histoire du peuple juif et de sa dispersion a rendu souvent nécessaire l’apprentissage des langues étrangères. Ce n’est peut être pas négatif.

Mais pourquoi je vous raconte tout cela ?

C’est à cause de notre Paracha : Emor.

Elle expose en long et en large, les devoirs des Cohanim, les interdictions qui les concernent. La Kedoucha, qui implique à la fois, une manière particulière de vie et à la fois des lois du mariage qui semblent en faire une véritable caste. Le lévitique est lu comme un livre tribal qui organise la supériorité des Leviim et la super-supériorité des Cohanim. Du coup l’intérêt quant à  l’étude de ce passage et même de tout le livre s’en est trouvée diminuée. En étudiant  les parachiot précédentes nous avons essayé de montrer à quel point ce livre méconnu était riche, combien il soulevait des problèmes passionnants. Combien sa portée dépassait de très loin les limites du Beit Hamikdach.

Mais que dire de la parachat Emor ?

Cette paracha enseigne en premier lieu que :

Les Cohanim n’ont pas le droit de toucher, de porter, d’être sous le même toit qu’un mort. Ils ne peuvent participer qu’ à l’enterrement des 7 personnes, dont ils sont naturellement les plus proches, pour lesquels nous avons tous  l’obligation (en cas de décès, lo aleinou) de prendre le deuil :

Pour le père, la mère, le fils, la fille, le frère, la sœur et l’épouse et c’est tout. Et cela, uniquement le au moment de l’enterrement. Pas question pour eux  de pèlerinage sur la tombe de leurs parents, le jour anniversaire de leur décès ou sur celles de grands rabbanim (comme c’est le cas pour le commun des mortels , particulièrement en pleine période de Hilloula).

On apprend dans la même paracha que le Cohen Gadol ne devra ce rendre à l’enterrement de quiconque, jamais, pas même, à celui de ses parents.

Cela renforce l’idée de la caste.

Quand on apprend que les Cohanim n’ont pas le droit d’épouser une femme divorcée, que le Cohen Gadol lui ne peut épouser ni une veuve ni une divorcée notre  impression que ces lois sont tribales, élitistes et surtout désuètes, est de nouveau confirmée.

C’est pire que les H’oukim (les lois pour lesquelles nous n’avons pas d’explication sur le sens de ces lois) car ici nous croyons avoir compris le sens de ces lois mais cette interprétation nous heurte. Nous nous demandons aussi pourquoi faut il étudier cette paracha ?

Quelle leçon doit-elle nous apporter à nous les enfants d’Israël au 21ème siècle, 2000 ans après la destruction du Beit Hamikdach ?

Pour « essayer » d’appréhender l’enjeu de ces textes, une méthode.

L’ interprétation des Mitswot de la Torah (TORAH CHEBEAL PE) repose sur 13 principes. L’un d’entre eux : «  le cas particulier éclaire la règle générale ».

(C’est peut-être le sens du proverbe français que personnellement je n’ai jamais compris : « L’exception confirme la règle ».)

En s’interrogeant sur les situations où une loi particulière est levée, nous découvrons les limites de cette loi, nous appréhendons l’existence de principes supérieurs qui la limite, qui l’encadre :

LE MET MITSWAH

Quand les proches du Cohen Gadol meurent, il n’a pas le droit de participer à l’enterrement, il peut suivre le cortège mais il doit rester loin du cercueil pour ne pas risquer de le toucher !

En revanche, si lors d’un voyage, il repère la présence d’un cadavre et constate qu’il n’y a personne pour l’enterrer,  alors, il a le devoir, l’obligation de le porter de le mettre en terre, c’est un « Met Mitsva ».

Lui, qui n’a jamais été au cimetière, ni pour ses proches ni pour personne parce qu’il a la charge de « grand-prêtre »  va se rendre « Tamé » (impur) pour cette personne qu’il ne connaît même pas.

Nous avions déjà évoqué cette question à propos de la « Tsaraat » , vous vous rappelez ?

Le seul  personnage que la Torah délègue pour accompagner celui qui  a la Tsaraat et qui est donc Tamé d’une Touma très élevée, pratiquement équivalente à celle d’un cadavre, c’est justement le Cohen, le descendant d’Aharon, celui-là même qui ne va pratiquement jamais au cimetière parce qu’il doit garder sa Kedoucha.

Les cohanim n’appartiennent pas à une caste supérieure qui doit se garder de se souiller au contact de classes inférieures de la société et ces deux exceptions nous en fournissent la preuve. Les descendants d’Aharon sont Kedochim parce qu’ils sont chargés de rappeler que les êtres humains ne sont pas des choses, qu’ils sont tous irremplaçables et c’est pourquoi ils ont la Mitsva de bénir le peuple tous les jours.

Aharon, l’ancêtre et le modèle de tous les Cohanim, celui qui nous montre le visage authentique du Cohen n’a pas été choisi  parce qu’il était le plus pieux, le plus savant, etc.

Il a été choisi parce qu’il est capable d’accompagner les autres :

Comme l’affirme Hillel (qui n’était pas Cohen) dans les Pirkey Avot (que nous étudions justement en cette période) :

« Sois parmi les élèves de Aharon qui aime la Paix, qui poursuit la Paix, qui aime les créatures et les rapproche de la Torah. »

Etre tamé , c’est surtout être confronté à une expérience qui installe en nous l’idée que les hommes sont des choses, le contact de la mort nous conduit à penser que nous ne sommes que des corps. C’est une réduction de l’être humain à ce que nous en percevons. Le Cohen n’est pas à part , il conserve sa distance, sa Kedoucha uniquement pour mieux accompagner , pour mieux jouer son rôle de tiers, comme l’indique le nom de la famille à laquelle il appartient : « LEVY », étymologiquement : « celui qui accompagne ».

C’est peut être pour cette même  raison qu’il ne doit pas faire sa vie avec une personne divorcée .Il ne doit pas fonder son couple sur la mort d’un couple.

Le Cohen n’a le droit d’épouser aucune femme divorcée, y compris la sienne.

Si Il a divorcé de sa femme , elle lui est définitivement interdite :

 non pas parce qu’elle a appartenue à un autre homme, comme on le croit  en général, puisque ce n’est pas le cas dans cet exemple. mais parce que :

 le couple en se brisant est mort. Le divorce donne l’impression que les êtres humains sont remplaçables. Cette vision de l’existence ne permet ni d’accompagner le peuple, ni de poursuivre la Paix, ni de bénir les enfants d’Israël.

L’histoire nos apprend que ce sens de la Kedoucha n’a pas toujours été respecté.

La Torah  et les prophètes d’Israël, nous avertit en plusieurs endroits que :

Si les descendants d’Aharon se servent de leurs prérogatives de Cohanim pour fonder ainsi un ordre clérical et devenir des privilégiés ,ils provoqueront à la fois leur perte et la destruction du Beit Hamikdach. 

Hillel, sans descendre de Aharon a incarné ces principes de Kedoucha dans son rôle de Nassi,  de prince du peuple.

Puissions nous, tous introduire ces principes dans notre vie familiale, professionnelle  et collective et ainsi hâter la Délivrance.

 

CHABBAT CHALOM

RAOUL SPIBER

 

 

 

 

par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 27 avril 2007

AHAREY MOT-KEDOCHIM

 

La succession des trois parachiot : Aharey mot, Kedochim, et Emor a donné ce jeu de mot :

« Après la mort (Ah’arey mot), ils sont saints (Kedochim), on dit  (Emor)!»

La sagesse populaire juive a relevé avec humour ce simple fait : la mort d’un être humain permet sa sacralisation ; cela peut même parfois confiner à une certaine hypocrisie quand les éloges proviennent de ceux qui méprisaient hier ceux qu’ils honorent aujourd’hui.

 

Au delà du code de bienséance, qui vise à protéger la dignité de ceux qui ne peuvent plus se défendre, la disparition de tout être  humain introduit quelque chose de sacré, la dimension tragique de l’histoire humaine.

Un décès, c’est la disparition dans ce monde de quelque chose d’unique, d’irremplaçable et d’irréversible. C’est souvent douloureux, cela nous renvoie toujours à notre propre condition d’être mortel, condamné à une existence passagère. Elle inspire la peur de la mort, parfois même elle inspire des pensées religieuses.

 

Paradoxalement, la Torah est inquiète de ce sursaut religieux, de ce qui pourrait devenir une religion des cimetières. Les Cohanim doivent s’éloigner des cimetières, ils doivent représenter le service d’Hachem dans ce monde, être exemplaires, montrer comment notre misérable condition humaine nous offre la possibilité de réaliser des actes qui réalisent la volonté de Celui qui est éternel. Ils doivent être les enseignants de ce que la Torah appelle : Kedoucha (sainteté).

 

C’est au justement au milieu du Sefer Vaykra, entièrement consacré au thème de la Kedoucha que nous trouvons la Parachat  Kedochim qui nous dote de 51 commandements pour assumer ce devoir de  Kedoucha.

Le problème c’est que la liste paraît totalement hétéroclite :

Des commandements envers autrui, d’autres envers le Beit Hamikdach, ceux pour les quels , on peut avancer une explication et ceux pour lesquels on n’ a aucune explication.

 

Il paraît très difficile, voir impossible de trouver un point commun spécifique à ces 51 commandements et à eux seuls. Je ne le chercherai donc pas, par crainte de réduire ces commandements à les enfermer dans une catégorie sans véritable pertinence.

 

Je préfère attirer votre attention sur la façon dont la Torah introduit ce passage :

« Parle à toute l’Assemblée des enfants d’Israël et dis leurs, vous serez Kedochim, car Moi, Hachem , Je suis Kadosh  ».

Il faut, avant de présenter ces fameux commandements, véhicules de la Kedoucha, réussi à rassembler, la Kedoucha ne se résume pas à une quête individuelle de la pureté et de la sainteté comme on le rencontre dans toutes les religions et dans toutes les recherches spirituelles, elle s’adresse à toute l’assemblée, elle tient d’abord à une certaine manière d’être ensemble.

-Exactement comme au moment du don de la Torah, il fallait que toute l’assemblée puisse être réunie au pied du Mont Sinaï et on ne pouvait se contenter de l’expérience prophétique d’un seul.

Ainsi chaque fois qu’il s’agit de Kedoucha on a besoin de tous. On ne vise aucunement par là, dans ce terme , une expérience mystique , intime et individuelle.

 

La liste elle–même va s’ouvrir sur le trio des 3 Mitswot qu’on avait déjà découvert au moment du Don de la Torah :

-          La crainte des parents.

-          La défense du Chabat.

-          L’interdiction de fabriquer des idoles.

 

On retrouve dans la suite du texte de Kedochim, le reste du Décalogue, à tel point que la Loi orale appelle la Parachat Kedochim : « le 3eme Décalogue ».

 

Pourquoi le Tanah’, relie-t-il presque systématiquement ces 3 Mitswot ?

Pourquoi inaugurent-elles toujours les grands textes les plus solennels de la Torah ?

Je sais ils sont tous grands, mais ici, je veux parler de ceux qui donnent lieu à un rassemblement de tous les Benei Israël.

J’ai cherché dans nos textes , il y a évidemment un grand nombre de commentateurs de la Torah qui s’attachent à expliquer ce passage.

 Je voudrai vous  présenter la réflexion du Rabbi Yehouda Lev Alter, le second Rabbi de la Hassidout de Gour, l’auteur d’un commentaire de la Torah aussi profond que génial :le Sefat Emet :

Il rappelle, pour rendre compte de notre texte et en particulier pour élucider la place du Chabat dans ce groupe de Mitswot, une règle dans le commandement de craindre ces parents :

Si (et seulement si) les parents ont une place fixe à table, l’enfant ne doit pas prendre leur place.

Ne pas prendre la place de, cela ne se limite pas à la façon d’être à table, cette Mitsva m’ordonne de ne pas m’affirmer en tuant « le père », en le remplaçant.

Mon unicité ne doit pas se développer en niant celle de ceux qui m’ont donné la vie. Craindre les parents, ce n’est pas avoir peur d’eux (cela n’exclue pas que parfois ,il soit nécessaire que les parents inspirent de la peur à leurs enfants), mais la Mitsva que les enfants ont envers leurs parents tout au long e leur existence et même après leur mort ce n’est pas cela, la peur ne s’ordonne pas , elle ne peut être l’objet d’un commandement. La crainte (yrah) révérencielle que la Torah ordonne, c’est cette inquiétude quant à leur dignité, ce soucis anti-œdipien de ne pas vivre en les gommant, de respecter donc leur lieu à eux.

 

Cette apprentissage de la « yrah », de la crainte authentique, doit nous élever et nous mener à la véritable crainte d’Hachem  Notre père, « yrat hachem ».

Là non plus, il ne s’agit pas seulement de craindre pour nos fautes et pour les sanctions qu’elles méritent, là aussi, il s’agit d’atteindre cette crainte révérencielle de Celui qui nous a tous créés et qui s’est effacé discrètement pour que nous, Ses créatures, nous puissions prendre nos responsabilités dans Son monde.

Mais me diriez vous , en quoi , le Sefat Emet a-t-il résolu notre problème, en quoi a-t-il élucidé la place du Chabbat au coté de la crainte d’Hachem et du respect des parents ?

 Hakadoch Barouh’ hou a créé le monde, il en est le fondement, le lieu même sur lequel le monde se tient, le Midrash le nomme : « Hamakom, le Lieu ».

Comment ne pas prendre sa place, comment éviter « H’as vechalom », que nous nous conduisions comme si Il n’était pas là en se conduisant comme les nouveaux propriétaires du monde.

C’est en respectant le Chabbat, en renonçant à nos activités de la semaine, que nous ne conquérons pas Sa place.

Le respect des parents, le Chabbat et le rejet de l’idolâtrie doivent installer chez nous l’idée que nous ne sommes pas, à nous seuls le centre du monde, qu’il y a de la place pour les autres et que nous devons les respecter, c’est ainsi qu’on atteint ce que la Torah appelle : Kedoucha.

 

Chabat Chalom

Raoul Spiber

 

 

 

 

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Vendredi 20 avril 2007

Tazria – Metsora
 

Après avoir passé en revue les règles de Toumha, « d’impureté », de l’ensemble des créatures, la Torah présente ici les règles de Toumha qui se rapportent à l’homme.

Le Midrash Rabah relève que de la même façon que le texte de Beréchit place la Création de l’homme après celles de toutes les créatures, de la même façon les règles de toumha de l’homme sont évoquées à la fin des lois de pureté.

Mais qu’est ce que doivent nous apprendre, quelle signification ont pour nous, cette question d’ordre et ce parallélisme ?

Le livre de Beréchit place l’apparition de l’homme en dernier car, nous dit le Midrash : « Hachem a placé l’homme dans un monde fait pour lui.  Il est l’invité du Maître du monde qui l’accueille chez lui et la table a déjà été dressée, rien ne doit lui manquer. En relisant le Livre de Beréchit, l’homme doit à la fois se rappeler combien il est redevable à Celui qui a fait un monde pour lui et à la fois lorsque l’orgueil s’empare de lui, se souvenir du fait que nous sommes les « derniers » de la Création. Le Midrash conclue :

« Quand l’être humain est au service de son Créateur, il joue dans le monde un rôle essentiel ; il est ce pourquoi le monde a été créé ; quand il se croie être au centre du monde et qu’il se sert de sa supériorité de manière orgueilleuse et égoïste, le livre de Beréchit lui rappelle son rang , de dernier venu ».

Non, rassurez vous, je ne fais pas campagne pour les écolos, en cette période d’élections présidentielles, je veux simplement attirer votre attention sur le fait que notre façon d’être au monde , de consommer , d’utiliser les ressources de la Création a aussi une dimension métaphysique…

Mais attention le respect absolu de la nature peut aussi dériver vers l’idolâtrie de la Nature et de l’ordre immuable des choses,  l’adoration du sol et la haine de tout ce qui viendrait perturber cet ordre ; la haine de l’étranger, la haine de tous les autres.

Le 3eme Livre de la Torah, revient sur cet ordre de la Création et sur la place de l’Homme en introduisant la notion de Kedoucha, de sainteté. Il s’agit d’introduire dans notre façon d’être au monde des règles qui nous obligent à vivre en étant conscient que le monde ne nous appartient pas mais que nous en sommes uniquement les gardiens. Nous verrons dans les parachiot suivantes les conséquences économiques et sociales de  cette vision de la sainteté.

Pour nous expliquer ce qu’est la Kedoucha et la Tahara (pureté et sainteté),  la Torah va nous présenter le personnage le plus opposé à cette conception de l’existence : le Metsora ou le Tsaroua

C’est un homme ou une femme qui est frappé d’une maladie de la peau (qu’on a de façon incorrecte confondue avec la lèpre). Cet homme a une plaie sur sa peau qui laisse une tache blanche si elle grandit ou si les poils noirs qu i son à cet endroit blanchissent cela confirme le caractère de Tsaraat et impose un isolement en dehors du camp. Les H’azal ont insisté sur le fait que les précautions prises par rapport à ce mal ne sont pas de l’ordre de la santé des corps, car il s’agit d’un mal de l’être.

Cette Tsaraat était la conséquence d’un défaut ou d’une faute.

Le Midrash fait la liste des cas de Tsaraat qui se trouvent dans le Tanah’ et qui sont conséquentes d’une faute :

« Quelle faute peut elle nécessiter l’éloignement, l’isolement de quelqu’un ?:

Le Lachon hara (la calomnie, la médisance)

L’orgueil, l’insolence, l’avarice et le H’iloul Hachem… »

Quand on a une liste on cherche toujours le point commun et l’intrus !

L’intrus pour moi , c’est l’avarice. On est plus ou moins généreux mais l’avare ne devrait pas être sanctionnée aussi sévèrement.

C’est souvent l’intrus qui donne la clé de l’énigme , c’est lui qui nous guide et nous contraint à trouver le vrai point commun , celui qui dans notre cas va éclairer la question de la Tsaraat.

Les autres défauts évoqués dans le Midrash ont tous été illustrés par un récit du Tanah’  où le fautif est frappé de Tsaraat ; en revanche l’avarice n’est pas illustrée par un épisode du Tanah’ , elle vient du mot même qui identifie celui qui est frappé de Tsaraat :le TASROU-A  celui dont le regard est étroit. L’avarice n’est pas un défaut de générosité c’est une indifférence à la souffrance de l’autre, conséquente d’une vision du monde tellement étroite qu’il n’y a pas de place pour autrui,. Cela conduit à un individualisme démesuré, parfois même cynique qui mine le corps social.

C’est cette négation de tout ce qui est autre que moi même qui est en-jeu dans ces 5 exemples cités par le Midrash et qui est sanctionné par la Tsaraat.

Cet individualisme égocentrique va être condamné à aller à son terme , la solitude et la solitude c’est la mort.

Le Tsaroua a le même degré de toumha qu’un cadavre, il rend tamé tout ce qu’il touche et tout ce qu’il approche sous un même toit.

Du fond de cette solitude, de ce bannissement, un personnage va régulièrement lui rendre visite s’inquiéter de lui, c’est le Cohen, le descendant d’Aharon, celui qui paradoxalement a l’obligation de s’éloigner de toutes formes d’impureté et particulièrement de tout ce qui se rattache à l’impureté de la mort. C’est à lui qu’il incombe d’accompagner le Tsaroua dans son évolution jusqu’à sa réintégration au Beit Hamikdach.

Non, nous ne sommes pas en Inde, le Tsaroua et le Cohen n’appartiennent pas à des castes, ni intouchables, ni brahmis.

Le Cohen n’est pas un être séparé de la communauté, les lois de pureté qu’il doit respecter clarifient sa fonction, c’est un éclaireur au regard généreux, à son coté le Tsaroua va découvrir une nouvelle manière d’être présent au monde et ça changera sa vie.

Aujourd’hui  la Tsaraat n’existe plus,  nous ne saurions peut être pas y faire face cependant les problèmes d’égoïsme, d’ orgueil, d’individualisme forcené sont là avec  leur cortège de plaies : fracture sociale, divorces , crise de l’instruction et de l’éducation et ces plaies font souffrir.

 

Nous n’avons pas à notre disposition les procédures de la purification du Mtsorah, mais nous espérons que l’étude de ces textes nous soit comptée comme si nous avions accomplis tous ces rites et nous aide à nous délivrer de nos défauts et de nos impuretés

Chabat Chalom

Raoul Spiber

 

par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 13 avril 2007

LE  LENDEMAIN DU JOUR 1/ PARACHAT CHEMINI

Nous sommes passés dans l’après Pessah’, petit à petit le H’amets pourchassé avant la fête a retrouvé naturellement sa place dans la maison et peut être un petit serrement de cœur se fait sentir : « que reste t’il exactement de la fête et de tous ces préparatifs? ».

A Pessah’ une révolution s’est produite, un renversement de l’ordre pharaonique du monde, cet ordre qui s’était maintenu en flattant l’orgueil et l’égoïsme de chacun.

Chaque année, nous reproduisons ce bouleversement dans nos demeures. Nous nous débarrassons du H’amets (symbole de l’orgueil et de l’égoïsme), nous le chassons  de tous nos domaines nous nous préparons à vivre Pessah’, à remercier Celui à qui nous devons tout et donc à remettre en question notre façon d’être au monde.

Mais chassons le naturel, il revient au galop.

Le lendemain du jour anniversaire de la Sortie d’Egypte, il fallait obligatoirement offrir une mesure d’orge au Beit Hamikdash , cette offrande avait le volume d’un Omer, environ 2 décimètres cube, d’où l’offrande du Omer.

Tant qu’elle n’avait pas été présentée, personne ne pouvait consommer de la nouvelle récolte. La nouvelle production ne sera à notre disposition que lorsque nous aurons reconnu collectivement qu’elle appartient à Hachem que nous en avons la garde, l’usage à condition de ne pas perdre de vue le type de vie en commun que la Torah a ordonné et compter depuis ce jour les 7semaines qui nous conduisent à Chavouot, au moment de la révélation du Sinaï qui est aussi la fête des moissons, le moment du test.

Sommes nous capables au moment de la moisson d’assumer que nous sommes tous des rescapés de la maison des esclaves, qui se sont engagés à vivre selon la Loi.

C’est tout le sens de la période du Omer, une période de joie, où nous revivons la progression spirituelle accomplie il y a 3500 ans par un peuple d’esclaves appartenant à Pharaon et qui devint le peuple consacré à Hachem. Mais la période de joie a été assombrie tout d’abord par la haine gratuite et la calomnie qui ont provoqué la ruine du Beit Hamikdash et la dispersion d’Israël.

 

Depuis la destruction du Temple le sens de la sortie d’Egypte, du Don de la Torah, se gardait dans la maison d’étude. Et Rabbi Akiva a la tristesse de voir ses 24000 élèves disparaître, littéralement étouffés par leur propre orgueil, incapables de donner de la considération à leurs propres compagnons d’étude, obnubilés par la conviction de leur propre importance ou de leur génie. Ils meurent tous pendant ces 49 jours où nous devons nous préparer à recevoir la Torah.

La leçon de la Sortie d’Egypte n’a plus de lieu, elle n’agit plus dans la vie des hommes et l’élite de ceux qui étudient la Torah ne la transmettent plus, le monde ressemblait à un  désert.

Rabbi Akiva ne cède pas au pessimisme. Il sait que la transmission, l’enseignement, l’éducation, en d’autre terme le H’inouh’, est toujours marqué par des crises :

Le Chaabt qui suit Pessah’ nous lisons soit « Chemini » pour une année à 12 mois, soit « Ah’arey Mot » pour une année à 13 mois. Dans tous les cas de figure nous évoquons la mort tragique des 2 fils aînés d’Aharon en pleine inauguration du Mishkan. Malgré les qualités de dévouement, de compassion  d’Aharon quelque chose a raté. Le Midrash Rabba enseigne, ils se sont sentis au dessus de Moshé et Aharon

Au lendemain de Pessah’, en commençant le compte du Omer, nous  sommes tenus de nous rappeler, qu’en plein Beit Hamikdash, imbus de nous même notre égocentrisme peut nous faire oublier nos devoirs de respect envers tous les autres, transformant la maison d’Hachem en lieu de théâtralisation de notre propre image.

Comme Aharon lui même, Rabbi Akiva ne se découragera pas.

Pour résoudre cette crise spirituelle, il  va descendre, vers le Néguev, vers le sud d’Israël, là où les gens sont humbles et pauvres. Il va reprendre son travail d’enseignants et former 5 élèves qui vont réussir à enseigner la Torah aux générations suivantes. Ils ont retenu la loi fondamentale de Rabbi Akiva :

« Aimer son prochain comme soi même ! Ce principe contient toute la Torah ».

 

Pendant toute la période du Omer nous apprenons, à la fois :

-A travers les textes du livre de Vaykra, le sens de la Sainteté telle qu’elle devait être vécue au Temple de Jérusalem et telle qu’elle devait organiser la vie économique et sociale du peuple juif

-et à la fois dans les Pirkey Avot, les principes de savoir vivre ( Dereh’ erets) qui doivent absolument accompagner l’étude et la pratique de la Torah.

A Pessah’ commence une nouvelle année, que ce soit pour nous tous source de progrès et de joie

Comme on dit chez nous : « kouley haï, tarbeh’ou outsaadou, etc.»

CHABAT CHALOM

RAOUL SPIBER

 

 

 

 

 






par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 30 mars 2007

CHABAT TSAV – CHABAT HAGADOL

Le Chabat qui précède Pessah’ a une valeur particulière : cela ne tient pas aux textes qui sont lus ce Chabat. Seule sa position dans le calendrier juif, juste avant Pessah’, en fait un Chabat exceptionnel.

Déjà en Egypte ce Chabat avait une saveur particulière. Certes, ce chabat-là, nous étions encore en Egypte, nous n’étions pas encore sortis, mais nous étions déjà affranchis de l’idolâtrie égyptienne, puisque le fameux agneau, que les égyptiens divinisaient, nous, en revanche, nous l’avions choisi, nous l’avions réservé et nous avions décidé de l’offrir au Maître du monde…

Nous affirmions par là qu’aucune créature ne peut être idolâtrée et qu’aucun être ne doit en asservir d’autres car nous sommes tous au service de « Celui qui a parlé et par qui le monde fut créé ».

On pourrait même affirmer que tous les Chabatot de l’année sont eux aussi, en quelque sorte, des « Chabat Hagadol » , car ils portent tous en germe la Délivrance finale: « Si les Benei Israël gardaient deux Chabatot, ils seraient immédiatement délivrés ! »

Rabbi Chimon Bar Yohaï rajoute : un seul suffirait !  » (Talmud)

Chabat, c’est l’essence même de la Liberté : le Chabat rappelle aux hommes que le monde a un but, et ce but transcende toutes les activités humaines. C’est pourquoi, il est indispensable d’interrompre toutes ces activités le jour du chabat, afin que le but du monde soit perçu par les hommes, un jour par semaine. Quand le message du Chabat sera compris, non seulement le jour du Chabat lui même sera sanctifié, mais sera sanctifié également le travail des six autres jours de la semaine, car le travail aura acquis une nouvelle orientation et une nouvelle justification grâce au Chabat.

Même en Egypte, en plein coeur de la servitude, loe chabat avait déjà un avant-goût de liberté. le Midrash Rabbah nous apprend que :

« Les Bené Israel se regroupaient le Chabat, pour relire ensemble dans de petits rouleaux, la promesse qu’Hachem avait faite à Yossef et qui se transmettait de génération en génération : 

« Un jour, Hachem se souviendra de vous (et Il vous délivrera) .

Et alors, vous prendrez mes ossements avec vous et vous les ferez monter

(vers la terre de nos ancêtres) ».

Le Midrash fait allusion à  toutes les « Egypte », à tous  les exils de l’Histoire, où les enfants d’Israël réussirent à se sentir unis, en famille, ou dans leurs communautés, spirituellement libres, bien que physiquement opprimés,  grâce au respect du Chabat.

Le rôle du  Chabat Hagadol est également de nous libérer de la fatigue, voire de l’épuisement dû au nettoyage de Pessah’, de nous faire retrouver notre souffle,

et même de redonner un sens à ce travail de nettoyage pré-pessah’tique.

Mesdames, je sais que ma remarque, elle aussi, peut être pénible. Il n’est absolument pas dans mes intentions de dévaloriser tous les efforts accomplis chaque année pour la fête de Pessah’. Rien de plus insupportable que les remarques de ceux qui viennent après coup dire :

«  Ce n'était pas la peine de faire ceci ou cela ».

A ce propos, comment se défaire de l’impression de « mission impossible » liée au nettoyage de Pessah’ ? Comment croire ceux qui nous disent qu’on « en fait trop  » sans avoir l’impression que si on les écoute, on ne fera pas « tout ce qu’on doit » et qu’on aura cette année un « Pessah’ au rabais » par rapport à l’année dernière ?

En ce qui concerne le nettoyage de Pessah’, j’aimerais éviter le double écueil de l’attitude laxiste et désinvolte et celle du perfectionnisme obsessionnel.

Je voudrais rappeler que la Thora nous donne une triple interdiction pendant la fête de Pessah’, concernant le h’amets :

-             Ne pas en vendre ni en acheter pendant Pessah’,

-             Ne pas en posséder,

-             Ne pas en consommer.

C’est pourquoi, avant Pessah’, on se dépossédera  du h’amets nous appartenant :

-             Soit en débarrassant la maison de son « véritable » h’amets : pain, gâteaux , pâtes, céréales, bière, whisky, vodka, etc… partout où il se trouve et principalement dans la cuisine, bien sûr …

-              Soit en vendant le h’amets qu’on veut récupérer après Pessah’. Pour cela, on signera un

pouvoir de vente au Rabbin de son choix qui se chargera, lui, de la vente.

La Bedikat h’amets (la recherche du h’amets)  de la veille de Pessah’ ( cette année le dimanche soir 1 avril ) et le Bitoul h’amets ( déclaration d’abandon du h’amets par laquelle on affirme ne plus être propriétaire d’aucun h’amets qu’on aurait encore chez soi  ) du lendemain  matin, nous rendent quittes : nus nous sommes défaits du h’amets nous appartenant, nous avons accompli la mitsva.  A partir de ce moment, même s’il en restait, par hasard, quelque part chez nous, ce h’amets ’aurait plus aucune valeur, il serait considéré comme absolument nul « comme s’il s’agissait de poussière » (qui n’a aucune valeur)

On n’a donc pas à avoir de sentiment de culpabilité par rapport au h’amets que l’on recherche pendant ces quelques jours qui nous séparent encore de Pessah’. Il ne s’agit pas d’une traque infinie ni d’une tâche surhumaine, d’avance vouée à l’échec. Il s’agit de rechercher quelque chose de précis (le h’amets) et de se débarrasser quelque chose de

bien défini ( son droit de propriété sur le h’amets ). Il est vrai qu’on profite souvent du remue-ménage occasionné par la recherche du h’amets pour y adjoindre le « nettoyage de printemps ». Cet aspect de Pessah’, non exigé par la Halah’a sera réduit ou même supprimé s’il occasionne une trop grande fatigue ou s’il prend trop de temps.

Il est clair que le nettoyage de Pessah’ requiert toutes les bonnes volontés disponibles et pas seulement des mains féminines…

Il est important que le nettoyage se fasse dans la sérénité pour ne pas :

Soit - dégoûter les générations à venir de la fête de Pessah’ : voir sa mère exténuée la veille de Pessah’ n’est pas forcément un modèle digne d’envie pour sa fille ou son fils,

Soit - de faire croire à nos enfants que la fête de Pessah’ n’est humainement possible que dans des hôtels, en les exposant ainsi à tous les aléas de l’industrie hôtelière.

Soit – de leur faire même renoncer totalement à célébrer Pessah’ (c’était bon pour leurs parents qui malgré le travail, tenaient à la fête de Pessah’ et c’était bon pour leurs grands-parents qui tenaient tant à voir toute la famille réunie autour de la table le soir du Séder qu’on n’avait pas le cœur de leur refuser ça,tant qu’ils étaient en vie… Il faut dire que la grand-mère savait si bien préparer le H’arrossét, la soupe de fèves et le gras-double…) Quant aux enfants,ils  ne peuvent pas se payer l’hôtel et ne veulent pas non plus mourir terrassés par la spongia et le chiffon.  On risquerait de créer ainsi la  «  Pessah’ophobe- attitude » de la « No more Pessah’ generation. » ….

Exit le Ma Nichtana et les questions des 4 enfants ….

II) Chabat Tsav :

Chabat Tsav tombe toujours avant Pessah’ (pour une année ordinaire de 12 mois).

C’est intentionnel, mais pourquoi ? Qu’y a-t-il dans le texte de notre Paracha qui exige  absolument dêtre lu juste avant Pessah’ ?

La Parachat Tsav rappelle essentiellement des règles liées aux sacrifices. Certaines d’entre-elles concernent donc aussi le sacrifice de Pessah’. Mais tout le livre de Vayira parle des sacrifices, pas seulement la Parachat Tsav. Alors ?

Personnellement, je pense que deux mitsvot mentionnées dans cette Paracha me paraissent profondément liées à Pessah’ :

1.   Les Cohanim reçoivent l’ordre de veiller à maintenir chaque jour le feu perpétuel allumé sur l’autel des sacrifices. Ce feu devait chaque jour consumer les offrandes du peuple d’Israël, et jamais ne devait s’éteindre cette énergie, cette flamme, qui en consumant l’enveloppe matérielle des offrandes, les faisait s’élever vers leur Créateur.

Cette mitsva pose pourtant problème :

La Michna Avot rapporte qu’à l’époque du Second Temple, chaque jour, un feu descendait du ciel et consumait les sacrifices.

Pourquoi dans ce cas les cohanim seraient-ils obligés d’allumer eux aussi du feu ?

Plusieurs réponses sont proposées : généralement on retient l’idée importante que l’être humain doit aussi de son côté mériter par son effort la générosité du don du ciel.

Mais le groupe d’amis avec qui j’étudiais le Sefer Hah’inouh’ régulièrement, m’a permis de trouver une réponse inédite à cette question et je regrette que ce texte ne soit pas suffisamment connu.

L’auteur du Sefer Hah’inouh’  dresse la liste des 613 commandements.

Il pose que chaque Mitsva contient une leçon, un message éducatif