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L'objectif de ce blog :

Ce blog édite un commentaire hebdomadaire de la paracha de la semaine. Il est mis en ligne en général le vendredi et peut servir de piste de reflexion concernant la lecture de Chabat.
Les commentaires sont les bienvenus
Bonne lecture à tous.
Jeudi 28 décembre 2006

Les retrouvailles

 

Binyamin, le deuxième fils de Rah’el, celui qu’elle a mis au monde en mourrant est accusé d’avoir volé la coupe du vice-roi de L’Egypte.

Il risque d’être condamné à l’esclavage, à être, lui aussi enlevé à Yaakov. C’est trop ! Rappelez vous, Yaakov ne voulait pas laisser partir Binyamin, il craignait qu’un malheur quelconque l’atteigne en chemin et le prive du dernier fils de Rah’el. Le malheur est arrivé !

Le texte de la Torah décrit la consternation de l’ensemble des frères de Binyamin : « Ils déchirèrent leurs vêtements» .

 

Le Midrash Tanhouma nous décrit une scène un peu moins pastorale :

« Les  dix fils de Yaakov se ruèrent sur  Binyamin en lui criant :

« Qu’as tu fait ? voleur, fils de voleuse ; ta mère (Rah’el ) avait déjà volé les statuettes de son père, ce qui nous avait déjà valu la honte d’ être tous poursuivis, soupçonnés  par Lavan qui s’est alors permis d’inspecter tous nos biens ! » puis se ruèrent sur lui.

Binyamin répondit « le vrai voleur, c’ est celui qui vend son frère ».

Alors seulement les frères déchirèrent leurs vêtements. »

Le Midrash écoute le texte de la Torah, il comprend que Binyamin a pris la place de Yossef dans la famille de Yaakov.

Quand Yaakov ordonne à ses fils d’aller en Egypte acheter du blé parce qu’en Canaan c’est la famine, il garde Binyamin avec lui.

Lui, se disent les frères, l’autre fils de Rah’el, il faut le protéger de tout danger, mais nous, c’est différent. Il va falloir attendre la famine  pour obliger  Yaakov a laissé Binyamin partir avec ses frères .

Le contexte familial est le même que lorsque Yossef était le préféré de son père et que ses frères étaient ulcérés par cette injustice.

Et voilà que ce « chouchou à son père » a dans son sac la coupe du vice-roi d’Egypte, qu’il met ainsi toute la famille en danger de manière complètement irresponsable.

De plus, ils savent bien , que revenir à dix chez Yaakov , sans Binyamin, c’est impossible.

Alors forcément la violence verbale et physique de cette rage contenue depuis des années envers le dernier fils de Rah’el, explose.

Malgré tout, la famille de Yaakov a changé.

Elle est tourmentée par ce crime accompli contre Yossef, dont le père ne se console pas.

Binyamin ne rapporte pas ce qu’il sait de la vraie histoire de Yossef à son père. Il ne joue pas au chef avec ses frères. Il ne se justifie même pas de cette accusation injuste.

Du coup Yehouda va être un véritable frère, garant de Binyamin.

Il dira au chef de l’Egypte : « garde moi à la place de Binyamin ,j’en suis garant, c’est peut être injuste mais c’est comme ça.

Mon père mourrait si nous revenions sans notre petit frère, moi c’est différent».

Devant ce témoignage de fraternité, Tsafnat Paneah’, va enlever son masque de dureté digne des grands de l’Egypte, arrêter ce « jeu de cache-cache », pour révéler sa fraternité et pleurer.

Il va même anticiper leur honte, il leur dira :

«  Si vous aviez eu l’intention de me faire du mal, en tous cas Hachem l’a transformé en bien, cela nous permet de survivre ensemble malgré la famine qui règne en Canaan ».

Le peuple juif va apprendre en exil l’importance de la fraternité qui lui permettra de se construire.

« HINE MA TOV OUMANAÏM CHEVET AH’IM GAM YAHAD »(TEHILIM).

« COMBIEN C’EST BON, COMBIEN C’EST AGREABLE QUAND LES FRERES HABITENT, MEME, ENSEMBLE ».

Je pense qu’aujourd’hui encore il est urgent de réveiller cette fraternité authentique qui doit transcender toutes nos différences.

Avant de nous quitter je vous demande encore une fois de bien vouloir me faire part de vos remarques et attentes pour améliorer le Dvar Torah

Chabbat Chalom

Raoul Spiber

Désert de judée. Signalisation appropriée.

Par herve souhami - Publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 22 décembre 2006

Tout a une fin

 

Enfin, au bout de deux ans, Pharaon rêva.

Les Pharaons ne rêvent pas beaucoup d’habitude et ne se soucient pas beaucoup de leurs rêves. Ce sont des hommes d’ action, des décideurs !

Témoin la réaction du Pharaon de Moshé  lorsqu’ il apprend que les esclaves hébreux sont distraits de leur travail par des « agitateurs  » qui leur parlent de liberté:

«  Qu’ ils cherchent donc eux-mêmes la paille nécessaire à la production des briques; afin qu’ils se détournent ainsi des illusions !  »  

 

Mais ce ne sont pas seulement les rêves ou les aspirations des autres qu’ils n’écoutent pas. Leurs propres rêves, leurs propres peurs, leurs aspirations,  bref leur vie intérieure, ils n’en font pas cas non plus.

 

Notre Pharaon, ( le contemporain de Yossef ) lui, rêve, et même deux fois ! Il s’en souvient, il en parle à la cour et s’en ouvre à ses conseillers.

Le Midrash évoque à ce  propos un verset de Job : 

«Il (Hachem) a fixé un terme à l’obscurité ».

 

Enfin, quelque chose se met en route pour libérer Yossef  du trou où il  croupit depuis 12 ans, pour un crime qu’il n’a pas commis !

 

12 ans, c’est trop long, surtout quand on est beau, surtout quand on est intelligent et quand on avait aussi des rêves de grandeur.

Tout cela est extrêmement  pénible, pour Yossef.  Surtout quand il a cru il y a deux ans de cela qu’il allait enfin sortir !  Il a cru que le service qu’il avait rendu  à ce maître-échanson, ( emprisonné comme lui et tourmenté par ses rêves ) allait lui ouvrir enfin les portes de sa geôle. 

Et voilà  que le maître-échanson, lui, avait retrouvé sa liberté et même sa place auprès de Pharaon, depuis deux ans, alors que pour lui, Yossef, rien ne s’était produit !

Les deux dernières années de captivité furent aussi les plus dures :

C’était à désespérer de tout, à ne plus croire en rien: ni à la justice des hommes, ni à leur gratitude, ni même à ses propres rêves !

( étrange situation où celui qui déchiffre les rêves des autres ne sait plus que penser des siens ! )

 

«  Quand ta situation se sera améliorée, rappelle-toi juste que j’étais avec toi. Rends-moi service  en parlant de moi à Pharaon et tu me feras sortir d’ici. Car je fus enlevé du pays des hébreux et quand j’arrivai ici, je ne fis rien qui méritât mon emprisonnement.  »

 

Ainsi parle Yossef au maître-échanson, proche de Pharaon.

 

 « Puisque Yossef fit dépendre ainsi son salut du maître échanson, il fallut le laisser en prison encore deux années supplémentaires. « note Rachi.

 

On croit rêver ! Mais enfin, pourquoi ? N’est-il pas permis à Yossef de faire tout ce qui est en son pouvoir pour se libérer ? Est-ce vraiment de sa part un manque de Emouna ? En d’autres termes, la Emouna ( foi ) en D. interdit-elle le recours à l’intervention humaine ?

 

Non pas !  Rachi ne reproche pas, par exemple, à Avraham d’être descendu en Egypte pour se nourrir lorsque la famine sévissait en Canaan, alors que Canaan était le pays de la promesse divine et qu’il avait reçu l’ordre de quitter sa patrie pour s’y rendre.

 

Mais pour Yossef, c’est différent.

Si Yossef place tous ses espoirs de libération dans l’intervention d’un courtisan auprès de Pharaon, alors il ne pourra pas, lorsqu’il deviendra lui-même vice-roi d‘Egypte, devenir autre chose qu’un courtisan servile qui passe sa vie à flatter le pouvoir en place, dont il espère pensions et privilèges et dont il redoute de tomber en disgrâce.

La dure école d u désespoir et de la réflexion amère sur l'ingratitude des hommes va le transformer petit à petit. En deux ans, cet esclave hébreu

oublié de tous, va faire l’expérience de la solitude la plus absolue.

Et du fond de sa prison, il va rencontrer D.

Il en sortira au bout de deux ans transformé, transfiguré.

Yossef sait bien qu’on l’a fait sortir de prison uniquement parce qu’il a la réputation d’être un excellent «  interpréteur de rêves  ». Or, tous les magiciens et astrologues assermentés de la cour ont échoué. Son seul espoir de libération est de montrer à son tour son talent et son savoir-faire. S’il échoue, il retourne en prison pour le restant de ses jours. 

Or, il a maintenant le courage inouï, au moment où il joue son « va-tout » devant Pharaon, d’affirmer, face à toute la cour :

 «  Non, je n’ai aucun don personnel : c’est D. qui décidera du sort de Pharaon !  »

 Jamais Yossef ne sera un courtisan servile. Il sait que tout vient de D. , et lui, Yossef, se met à Son service.

«  Celui qui choisit de se mettre au service de D. , se verra exempté de servir d’autres êtres humains. «  dit le Pirké Avot.

C’est ce choix qui  donnera à Yossef la force de résister à l’admiration de Pharaon qui dit de lui : «  Pourrions-nous trouver un homme comme celui-ci, ayant en lui l’esprit de D. ?  »

Et c ’est ce choix qui lui donnera la force de pardonner à ses frères et même de voir dans l’heureux dénouement la main de D. :

«  Si vous aviez eu l’intention de me faire du mal, en tous cas D. l’a transformé en bien.  »

Yossef est le seul a avoir mérité d’être surnommé «  Tsadik  »

Yossef, le Juste, celui qui résiste à toutes les formes de pression.

 

                                            Chabat Chalom

                                            Et H’anouka Saméah’ !  


 

Joshua's tree. Désert de Judée.
Par herve souhami - Publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 15 décembre 2006

Vayeshev : premier chabat de Hanoukka

Les Parachiot de Vayeshev, Mikets et Vaygash  sont toujours lues dans le voisinage de Hanoukka.

En bref toutes les péripéties de l’histoire de Yossef et de ses frères sont lues à cette période.

La famille de Yaakov est  dans l’obscurité et c’est dans notre paracha que l’obscurité est la plus forte :

-la jalousie des frères envers Yossef !

-leur rancune envers lui !

-la tentative de meurtre   !

-la vente de Yossef comme esclave !

-le mensonge des enfants de Yaakov pour cacher leur crime et la douleur inconsolable de leur père !

Au cœur de toute cette noirceur, deux points lumineux :

Tamar et Yehouda.

Je ne reprendrai pas l’histoire dans son ensemble, d’abord, c’est trop long et ensuite, c’est un peu délicat à raconter, il faut bien l’avouer.

En fin de compte Tamar, veuve successivement des 2 fils de Yehouda : Er et Onan vit seule. Yehouda la soupçonne d’être la  responsable de la mort de ses maris

Si Yehouda avait lu la Torah, il aurait su exactement de quoi Er et Onan sont morts, mais voilà il ne sait pas et quand on ne sait pas, on accuse la femme…

(Vous voyez c’est déjà très long et pourtant je ne raconte pas tout)

Tamar refuse cette mise à l’écart, elle veut enfanter. Elle va user d’un stratagème « étonnant » et séduire Yehouda, à la croisée des chemins, sur la route de Timnah, déguisée en prostituée…

(Je vous l’avait dit le Tanah’ est un livre à ne pas mettre entre toutes les mains.)

 Au bout de quelques mois, tout le monde remarque que Tamar la veuve est enceinte. Scandale au village…

On interpelle Yehouda :  « Ta belle-fille est enceinte ! » lui dit-on ; que faut-il faire.

Les yeux sont rivés sur lui, c’est le juge de la région.

Il va agir avec une sévérité inouïe. « Qu’on la brûle !!! »

Il va agir comme si il s’agissait d’un adultère et va la condamner à mort !

Yehouda veut montrer publiquement, qu’il ne tolère pas la débauche (certains rajouteront  peut-être « sauf la sienne »).

C’est choquant, non ?

Pour les points de lumière dans l’obscurité, attendez un peu.

Lors de cette fameuse «  rencontre » avec Yehouda, à la croisée des chemins,

Tamar, déguisée en prostituée, avait exigé d’être payée.

Yehouda n’ayant pas d’argent sur lui, lui avait remis en gage, son anneau, son manteau et sa canne.

Ensuite évidemment, Yehouda avait fait rechercher cette femme partout pour la payer et pour récupérer ses effets personnels, mais en vain . « Il n’y a jamais eu de prostituée par ici » lui avait on répondu..

Tamar disposait donc de toutes les preuves, pour identifier le père de l’enfant.

Elle aurait pu, elle aurait du se protéger et prouver que l’ homme dont elle était enceinte était le propriétaire du sceau, du manteau et de la canne, à savoir:

Yehouda, son beau père, le juge qui venait de la condamner à mort.

Imaginez le scandale et les moqueries ! Yehouda le Juge est la risée de tous !

Il l’aurait peut-être mérité… Se montrer si intraitable sur la moralité des autres, si inflexible dans ses condamnations, ne nous encourage pas à être indulgent envers lui.

Tamar qui risque sa vie, ne se défend pas, n’accuse personne.

Tamar se tait.

Elle fait parvenir confidentiellement au juge  « les pièces à conviction ».

-          « Le propriétaire de ces objets est le père de mon enfant. »

dit- elle simplement.

C’est très dangereux pour elle ! Car rien n’empêche maintenant le Juge Yehouda, de faire disparaître ces preuves compromettantes. Il a même tout intérêt à escamoter les preuves et à condamner Tamar au plus vite. Sans quoi c’est lui qui sera couvert de honte en plein tribunal. C’est lui ou elle.

Le Midrash conclut : « Tamar est une femme lucide : elle prend tous les risques et elle le sait.

Alors ?

Alors, « Mieux vaut être jeté dans une fournaise, que de faire blêmir autrui en public ».

Ce n’est pas ordinaire…

Car, non seulement des personnages de cette trempe ne sont pas légion dans l’histoire humaine, mais encore, ceux qui ont de tels scrupules finissent en général par être les victimes de ceux qui n’en n’ont pas.

L’histoire est donc dominée par des cyniques sans scrupules…

Sauf que dans notre récit, si l’attitude de Tamar est sublime, celle de Yehouda force le respect elle aussi.

Yehouda, ne jouera pas à être un « cynique sans scrupules ». Il ne fera pas disparaître les objets qui servent à identifier le père.

Bien au contraire, il aura l’immense courage de reconnaître publiquement : « C’est elle qui a raison et non pas moi »

« Yehouda » c’est celui qui est « Modé », celui qui « reconnaît » ses torts.(Yehouda vient de la racine H-D-H : reconnaître, remercier)

Ne se souciant ni du « qu’en dira t’on », ni du respect des institutions, ni du respect de la chose jugée, Yehouda reconnaît la vérité.

Ce courage est si rare que nul n’aura l’idée de rire ou de se moquer.

Tamar, c’est l’histoire d’une femme qui risque sa vie et son honneur pour préserver l’honneur de celui qui la condamne.

Yehouda, c’est l’histoire d’un homme qui risque son honneur par amour de la vérité et qui par ce geste même, le retrouve quand il l’avait perdu.

De Tamar et de Yehouda naîtront Perets et Zerah’, l’ancêtre des rois d’Israël et l’ancêtre du Machiah’ .

Yaakov était dans son deuil, ses fils avaient vendu Yossef, Yehouda vaquait à ses affaires, quant à Hakadoch Barouh’ Hou que faisait-Il pendant ce temps ? Il était occupé à faire poindre la lumière du Machiah’

Hanoukka sameah et Chabbat Chalom

Raoul Spiber

    Association de malfaiteurs Tel Aviv juillet 2006

 

Par herve souhami - Publié dans : commentairedelaparacha
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Jeudi 7 décembre 2006

                             PARACHAT VAYICHLAH’ :

                     DES POINTS DANS LE SEFER THORA …

 

Yaakov est anxieux. Il appréhende les retrouvailles avec son frère Essav qu’il n’a plus revu depuis au moins 20 ans, depuis cette affaire « des bénédictions  de Ytshak ». Il se rappelle  dans quelles conditions, il a du fuir la colère de son frère ….

Il imagine la souffrance d’Essav devant cette imposture…

Souffrance encore plus insupportable quand on sait que Ytshak lui -même valide les bénédictions, en disant: « gam barouh yhyé » (que Yaakov soit béni malgré tout), après avoir découvert  le subterfuge  dont il avait été la victime.

Yaakov Avinou sait que cette souffrance s’est muée en haine meurtrière contre « Yaakov, le voleur de bénédictions. »

Beréchit 27,41 : « Essav conçut de la haine contre Yaakov, à cause de la bénédiction dont son père l'avait gratifié; et  Essav disait en son cœur: « Les jours du deuil de mon père vont approcher, et je tuerai Yaakov, mon frère »

C’est une histoire très ancienne, vieille de plus de 20 ans et pourtant,

rien de pire que des vieilles querelles pour donner naissance  à de nouvelles attisées par la rancune.

 Yaakov se prépare à revoir Essav. Il veut se réconcilier avec lui.

-        Il va d’abord prier : le travail de réconciliation, de Chalom est à  la fois une Mitsva envers Hachem et une Mitsva envers le prochain. Prier, c’est dire : nous avons un Créateur. C’est affirmer Sa souveraineté sur toute la création. Et donc, ne plus avoir peur de l’autre…

-        Il va faire un cadeau  gigantesque, pris sur ce qu’il a pu garder des 20 ans de travail chez Lavan !!! Il fait livrer cette offrande à Essav par ses envoyés, littéralement par ses « malhah’im » en français, « par ses anges ».

Comme si « ces forces », ces « malhah’im » qui lui permettait de se rapprocher de celui qui était son ennemi, appartenaient aux sphères célestes et nous rapprochaient du Créateur.

Il va prendre des précautions tactiques pour que cette rencontre ne soit pas totalement désastreuse, pour que toute sa descendance ne soit pas exposée en même temps à la colère de Esav, pour qu’il y ait des rescapés en cas de conflit…..

Bereishit

« 33.1 Yaakov,  leva les yeux, et regarda; et voici, Esav arrivait, avec quatre cents hommes. Il répartit les enfants entre Léa, Rachel, et les deux servantes.

3.2 Il plaça en tête les servantes avec leurs enfants, puis Léa avec ses enfants, et enfin Rachel avec Joseph.

33.3 Lui-même passa devant eux;

et il se prosterna à terre sept fois,

Jusqu’à ce qu'il fût près de son frère.

33.4 Essav courut à sa rencontre; il l'enlaça, se jeta à son cou,

et l’ embrassa. Et ils pleurèrent. » 

 

Que penser des précautions dérisoires (et finalement inutiles) de Yaakov ?

Que penser de ses courbettes ?

 

1)     Le Ramban entre autres considère  que

Yaakov a fauté,  « h’atah zaken »

On ne s’abaisse pas devant Essav.

Les H’azal avertissent Israël :le Peuple Juif doit rester digne et droit. Il ne doit pas céder devant Essav ! Israël a entendu !

2)    Rachi lui, préfère s’intéresser au texte lui même de la rencontre entre Yaakov et Essav.

Celui qui lit ce texte dans le Sefer Torah remarque qu’au dessus de chacune des lettres de « VAYISHAKEHOU » il l’embrassa  se trouve un point. C’EST EXTRAORDINAIRE !!!!

Dans le Sefer Torah il n’y a aucune ponctuation :

ni voyelles, ni points, ni virgules, ni accent tonique, rien !!

Plus encore, tout rajout au texte de la Torah rend le Sefer Torah « pasoul » non valable. Alors ?

Rachi cite un Midrash (que j’aime beaucoup) qui interprète cette irrégularité :

la première partie de ce Midrash est très connue. Nous allons essayer de le comprendre dans son intégralité

«  2 opinions pour ce Midrash : la première affirme que ces points nous enseignent qu’Essav a embrassé Yaakov, mais pas de tout son cœur… »

 Le Midrash va jusqu’à dire qu’ Essav voulait mordre Yaakov à son cou et qu’il a fallu une intervention divine pour que le cou de  Yaakov se fasse de marbre et qu’ Essav soit forcé  d’embrasser son frère….

Ce Midrash fait partie des midrashim qui « diabolisent » Essav.

Essav représente ici l’Occident et toutes ses stratégies  pour détruire Israël, tantôt par la force, tantôt par la ruse.

Nous en avons déjà parlé ; je vous renvoie à notre texte sur Toledot un peu plus bas dans le blog .

La seconde partie du Midrash que cite Rachi est beaucoup moins connue. (Et c’est bien dommage !!! )

La voici : « Rabbi Shimon Bar Yoh’aï dit : qu’ Essav déteste Yaakov,

c’est une évidence !

Il se trouve qu’à cet instant précis Essav  a été inondé de pitié et qu’il l‘a embrassé  de tout son cœur ».

Il faut dire que Rabbi Shimon bar Yoh’aï, connaît bien Essav : à son époque, Essav, c’est l’empire romain qui occupe la Judée et persécute cruellement les Juifs. Il est bien placé pour savoir combien Essav peut détester Israël et pourtant …

Les points sur les lettres c’est pour nous dire :

« Ce n’est pas ce que tu crois, c’est le contraire qui est vrai ».

Pour soupçonner Esav d’hypocrisie, on n’a pas besoin de points en plus dans le Sefer Torah…

« C’est une loi du monde : Essav déteste Yaakov ! ».

Les points sur les lettres, dit Rabbi Shimon bar Yoh’aï, l’auteur du Zohar, sont là pour nous faire entrevoir quelque chose de beaucoup plus incroyable :

La sincérité, la fraternité authentique, le baiser sincère, c’est possible.

« Mais à cet instant précis, Essav  a été inondé de pitié et il l‘ a embrassé  de tout son cœur ».

C’est quand même inouï, imaginez !

 Rabbi Shimon bar Yohaï,

 

     1)       dont le Maître, Rabbi Akiva, a été  supplicié par les romains (les héritiers d’ Essav)

2)                 qui a été lui-même condamné à mort et poursuivi par ces mêmes romains, 

3)                 qui a été obligé de se cacher des années dans une caverne

pour échapper aux poursuites,

devrait pencher pour la première explication :

Le baiser d’Essav est un baiser de faux frère : tout n’est que ruse et hypocrisie.

Mais, son amour pour la vérité, son souci d’impartialité lorsqu’il étudie la Torah le conduisent à refuser l’interprétation la plus confortable : les points au dessus des lettres sont là pour nous ouvrir à une autre réalité :

parfois, Esav aussi est capable d’éprouver un amour sincère.

 

Tout ça c’est très joli, mais est-ce que cela répond à notre question ?

Rappelez vous : on se demandait si Yaakov, en se prosternant 7 fois devant Essav n’avait pas fauté ?

Rachi nous apprend quelque chose de très important :

Non, Yaakov n’agit pas par lâcheté ! Il ne s’agit pas de cela !

Il vient se ré-con-ci-lier.

Il faut savoir que lorsqu’on veut réellement se réconcilier avec quelqu’un, il ne faut pas tenter de se justifier, ou de minimiser ses torts : on risque au contraire de rallumer la querelle et de créer un 2eme conflit !

Yaakov veut retrouver son frère :

     -       Il ne revient pas sur l’affaire des bénédictions

     -       Il ne rappelle pas à Essav que ce dernier lui avait vendu son droit d’aînesse.

-         Il ne se retranche pas derrière l’ordre donné par sa mère.

 

Yaakov assume l’entière responsabilité de ce qui est arrivé. Il est responsable de tout, il assume tout.

C’est dans cet esprit qu’il se jette aux pieds de son frère :

«  Et il se prosterna sept fois, jusqu’à ce qu’il arrive jusqu’à …

son frère.  » Jusqu'à retrouver le chemin de la fraternité…

Jusqu’à ce que son frère, bouleversé, lui pardonne…

«  Parfois, oui, Essav est capable d’éprouver un amour sincère … »

 

Chabbat Chalom.

Raoul Spiber

        Voleur de grenade  dans la vielle ville...

 

Par herve souhami - Publié dans : commentairedelaparacha
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Jeudi 30 novembre 2006

PARACHAT

« Comme on fait son lit, on se couche. »

Dans notre Parasha, Yaakov, notre ancêtre prend le chemin de l’exil : il doit quitter son pays et sa famille, pour fuir la haine de Essav.

Le deuxième nom de Yaakov c’est Israël :

Ses descendants ( les bené Israël) eux aussi connaîtront le chemin de l’exil.

« Massé avot siman labanim », les évènements de la vie des pères sont des signes pour leurs enfants.

Ce principe me semble-t-il ne doit pas être compris comme l’énoncé d’une fatalité mais plutôt comme une grille de lecture donnée par les Hazal (nos Maîtres) :

1° )    La Torah n’est pas un livre d’Histoire, elle nous décrit des épisodes de la vie de nos ancêtres où ceux-ci sont confrontés à des difficultés existentielles.

Nos ancêtres les ont abordées d’une certaine façon, nous pouvons nous en inspirer….

2) Notre histoire continue l’histoire de nos ancêtres. Elle n’est pas le fruit du hasard mais le prolongement d’une problématique qui a sa racine dans le Tanah’. Les enfants de Yaakov poursuivent une histoire où le présent a du sens.

(Berechit 28.11) « Il (Yaakov) arriva dans un lieu où il passa la nuit, car le soleil était couché. Il  prit des pierres (méavney amakom ) qu’ il plaça autour de sa tête et il se coucha dans cet endroit ».

Etrange ! Bizarre !

Pourquoi la Torah nous décrit-elle les détails du coucher de Yaakov Avinou ?  Et à quoi servent exactement ces pierres ? Pour dormir on a trouvé mieux…

Rachi cherche à expliquer ce verset : «il en fit une sorte de couronne autour de sa tête, car il craignait les bêtes féroces » . Curieux, non ?

1)     Est ce que cela protège ?

2)     Et le reste du corps, ne faudrait-il pas le protéger lui aussi ?

Rachi continue son explication et nous fait remarquer qu’en se réveillant : 

« Yaakov prit la pierre sur laquelle il s’était couché» (Béréchit 28,18) 

La pierre est écrite au singulier alors qu’ au début du récit, le terme :

«  pierre  » est écrit au pluriel : « Il  prit des pierres »

Rachi cite le Midrach Rabbah : pendant son sommeil  les pierres  se disputèrent . Chacune réclamait : « Que le Tsadik (le juste) pose sa tête sur moi !!!  »  Le Saint-Béni-soit-Il  les prit et en fit une seule pierre ».

Là encore les commentateurs de Rachi sont perplexes : 

« Pourquoi faire appel à un Midrach aussi étrange ? Pourquoi faire parler des pierres ? Pourquoi évoquer un Miracle dont la Torah ne parle pas ?

Et surtout, surtout, des pierres, une pierre, quelle importance ?  ».

En fait, les pierres sont là pour permettre à Yaakov de protéger sa tête. La protéger de ceux qui pensent autrement que lui, pour avoir le courage d’affirmer sa singularité face aux autres.

Affirmer ses convictions, ses croyances  c’est le rôle de la tête.

La tête de Yaakov a conservé son intégrité malgré tous les Essav, tous les Lavan, tous les Pharaons de l’Histoire .

Les puissances qui asserviront plus tard Israël, ce sont elles, les bêtes féroces que Yaakov redoute en se préparant à se coucher.

Yaakov cherche à protéger son identité. 

« Les pierres » serviront à offrir un sacrifice à Hachem ; en d’autres termes à bâtir des lieux de culte, des synagogues, des maisons d’étude, etc.. Partout où Yaakov (Israël) sera dispersé….

Mais revenons au Midrach cité par Rachi :

Une nouvelle fois, je vais faire appel au Maharal de Prague :

Ce dernier s’insurge contre une compréhension littérale de ce Midrach :

Bien sûr, il n’est pas question de douter que le Créateur puisse faire des miracles s’Il le désire; mais quand Il opère des miracles, alors c’est qu’ils  doivent nous donner à réfléchir.

Or, bouleverser  les lois de la nature pour souder des cailloux entre eux, ça n’a aucun sens…

Le texte de la Torah devient alors un récit émaillé de légendes naïves et touchantes, certes, mais dénué de toute signification.

En fait, les « pierres », représentent les lieux de culte et d’étude

d’Israël. Elles forment des bâtiments très divers, selon les endroits et les époques.

Ces bâtiments sont différents les uns des autres : Synagogues, oratoires ou yechivot, collels, schtibels, maisons communautaires, et ceux qui les fréquentent sont eux aussi différents les uns des autres. Séfaradim,  Achkénazim,  Hassidim,  Mitnagdim et d’autres encore s’y rencontrent, échangent ou sont même parfois en désaccord…

Toutes ces différences au sein du peuple juif peuvent menacer son unité.

Par contre, si toutes ces « pierres » se mettent au service du Tsadik  qui lui, est fidèle à Hachem,  alors Hachem fera le miracle de les réunir, tout en préservant leur diversité.

C’est cela le véritable miracle dont parle le Midrach.

Ces pierres seront si solides qu’elles résisteront aux épreuves de l’Histoire,  pour soutenir Israël jusqu’à la venue du Machiah’.

Raoul Spiber
Chabbat Chalom

Ruelles de la vieille ville de Jérusalem


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Jeudi 23 novembre 2006

          FATIGUE OU  LASSITUDE ?

 

 

« Yaakov préparait des lentilles. Essav revint du champ fatigué »

(Beréchit 25 ;29)

Ce verset sert d’introduction à la célèbre négociation entre Yaakov et  Essav au sujet 

du droit d’aînesse.

Rachi cite le Midrach Rabbah : 

» Essav était fatigué … d’avoir tué !!!  » 
 

On ne comprend pas pourquoi Rachi choisit a priori une interprétation si éloignée du

sens littéral. On ne peut s’empêcher de constater que presque tous les Midrashim

cités par Rachi au sujet d’Essav sont autant de « témoignages à charge » contre celui

que la tradition juive appellera : « Essav Haracha « ( Esav, le méchant). 

Pourquoi ce parti-pris ?

Les savants ( en particulier le Pr. Touitou de l’Université de Bar Ilan) ont démontré

que de nombreux commentaires de Rachi sur le Houmach lui permettent en fait, de se démarquer discrètement de certains points essentiels de la théologie chrétienne, qui règne en maître au Moyen Age.

( selon nos Maîtres, d’ailleurs,  Essav lui-même symbolise la chrétienté )

Reste qu’il nous faut encore comprendre :

1)      Pourquoi le Midrach Rabbah (compilé vers le 6ème siècle après J.C)

charge-t-il si souvent Essav dans son interprétation ? 

     2)  Quelle leçon Rachi veut-il retirer de ce texte ?

     3)   Que Rachi, dans son commentaire, «  règle son compte » à certains dogmes de l’Eglise est une chose; qu’il noircisse systématiquement et de façon apparemment arbitraire  des personnages du Tanah’, et de surcroît un enfant de Ytshak en est une autre…

J’ai la chance d’habiter juste en face de la bibliothèque de l’Institut de H’emdat Hadarom près de Netivot et j’ai donc pu consulter la Concordance Biblique : « Even Chochan » pour trouver les occurrences du terme » ayef » dans le Tanah’.

Sachez que le terme «  ayef » (fatigué), n’apparaît que 3 fois dans tout le H’oumach.

2 fois dans l’épisode que nous étudions :

Essav est «  ayef »  en revenant du champ.

Ensuite c’est Essav lui-même qui emploiera ce terme pour réclamer avec impatience les lentilles préparées par Yaakov.

- «  Donne moi de ce rouge, de ce rouge qui est là ! Car je suis fatigué, moi ! « 

 «  Ayef » (fatigué), apparaît pour la troisième et dernière fois dans le Houmach

à la fin du Sefer Devarim : la Torah ordonne  de ne jamais oublier le mal qu’Amalek

( le petit-fils d’Essav) fit à Israël, alors que celui-ci venait tout juste d’être libéré

de plus de 200 ans d’esclavage :

«  Alors que toi, (Israël) tu étais « ayef » (fatigué)  et épuisé » (Devarim 25,18 ).

Amalek est l’archétype de l’antisémitisme radical qui cherche à détruire Israël tout au long de son histoire.

 «  Ayef «  est donc un terme très rare. Mais ce qui est encore plus remarquable, c’est que ce terme n’est utilisé que lorsqu’ Israël est confronté à Essav ou à Amalek, son descendant le plus haineux.

La fatigue qui saisit Essav signale un épuisement dont la cause n’est peut-être pas seulement physique mais aussi méta-physique. C’est aussi pour cette raison qu’au cours de ce marchandage «  lentilles- droit d’aînesse  » Essav dira :

«  Voici,  je vais à la mort…Que pourrai-je bien faire du droit d’aînesse ? »

La mort !  Cela surprend dans la bouche de deux adolescents :

Le texte l’atteste : « vayigdélou hanéarim : les enfants avaient grandi… »

Le Midrach repère ces mots-clés :

-         La « ayefout » (la fatigue) de Essav à Amalek (l’ennemi éternel d’Israël),

-         « la mort » : hantise d’un adolescent qui préfère  se jeter sur des lentilles

(Symbole de deuil…) rouges (rappel du sang) et qui méprise son droit d’aînesse

(l’aîné de chaque famille était destiné à être le futur Cohen dans la maison de D.)

      Si la mort est omniprésente, à quoi rime la quête de spiritualité ? )

Attention,à partir de maintenant, à vos calculatrices !

Le Midrach Tanh’ouma fait remarquer qu’ Avraham meurt à l’âge de 175 ans.

Avraham a 100 ans à la naissance de son fils Ytshak.

Ytshak a donc 75 ans à la mort de son père.

Ytshak a 60 ans à la naissance de ses jumeaux : Yaakov et Essav

Yaakov et Essav ont donc  15 ans à la mort de leur grand-père Avraham. C.Q.F.D!

Conclusion de notre exercice d’arithmétique :

Ils sont en pleine adolescence, quand Avraham disparaît, lorsqu’ ils sont confrontés à la mort du grand-père, du Patriarche, 

La mort d’un grand-père, lorsqu’on est adolescent, cela arrive. Malheureusement, c’est presque banal.

Et pourtant,  c’est si douloureux, l’absence de celui qu’on a aimé.

Et puis, cela nous renvoie à notre propre existence en tant que mortel.

Tout est fragile, tout a une fin dans ce monde.

Tous les grands-pères meurent, même quand ils s’appellent Avraham, même lorsqu’ils ont redécouvert le monothéisme et qu’ils l’ont diffusé dans le monde entier, même lorsqu’ils ont résisté à la fournaise ardente de Nimrod, même lorsqu’ils ont remporté la victoire sur les plus grands rois de la terre, même lorsqu’ils ont remporté la plus grande victoire sur eux-mêmes lors de la terrible épreuve de la Akéda, tous les grands-pères meurent, même lorsqu’ils s’appellent Avraham…

Alors à quoi bon tout cela ? A quoi bon combattre ? A quoi bon croire ?

A quoi bon vivre ?

Avraham est mort. Ytshak est en deuil. Son fils Yaakov est à la maison

et lui prépare les lentilles, le plat de deuil. 

Essav n’est pas là. Il est au champ. Il chasse. Chasse au gibier ? Chasse à l’homme ?

Quand il revient, il voit Yaakov qui lui annonce :

« Avraham, notre grand-père est mort ».

Essav est décomposé.

«  Voici, je marche vers la mort. Que m’importe le droit d’aînesse ?  » 

«  No future. » La vie n’a pas de sens. Du nihilisme on passe au cynisme.

« Carpe diem », c’est tout ce qui compte.

« Noh’al, nichté ki mah’ar namout !  :

   Mangeons ! Buvons ! Puisque demain nous mourrons !  »

C’est la devise de tous les impies de la terre.

Puisque la mort est au bout, le monde n’a aucun sens.

Il n’y a donc que Moi qui compte et la réalisation de tous mes désirs.

Tout de suite et à n’importe quel prix.

Attendre est intolérable, car attendre, c’est mourir.

D’où  « l’impatience » d’Essav et le caractère impérieux de tous ses désirs.

Et d’où aussi une nouvelle dimension à sa « Ayefout » : sa « Ayefout  », c’est  l’impossibilité de supporter le moindre frein à l’assouvissement de ses désirs.

Le Talmud rapporte qu’un jour, César (descendant d’Essav)  avait commandé à

sa table «  tous les fruits de la terre  ».

-         «  Il y en a un qui n’est pas arrivé !  »

Ivre de rage, il fracassa la table et piétina tous les fruits devant le rabbin, médusé.

-         «  Vous autres, descendants de Yaakov, croyez au monde futur, s’expliqua-t-il.

         Mais nous, descendants d’Essav, ne vivons que pour ce monde-ci.

         Si une  seule chose nous vient à manquer, c’est intolérable ! »  

Pour Essav, il n’y a rien d’autre que le plaisir.

Pour assouvir ses passions, il est prêt à aller jusqu’au meurtre.

-         «  Essav était «  ayef : fatigué  »

Dit la Thora.

-     «  Ayef ? Vraiment ? Alors c’est qu’il a tué un homme » 

Traduit le Midrach.

Quant au Tsadik, au contraire (descendant de Yaakov), lorsqu’il mange,

«  il est rassasié et il en laisse » ,comme on dit dans le Birkat Hamazon

« Vayoh’lou vayotirou ils mangèrent et ils en laissèrent. » 

En fait, le Midrach s’adresse à chacun d’entre nous :

Si l’on cède à la consommation effrénée et à la course aux plaisirs, on ne rencontrera au bout du compte que frustration, sensation de vide, d’écœurement et goût de mort.

C’est ce qui attend celui qui accumule les avoirs. (Essav )

Yaakov, lui, cultive l’être, et accède à l’éternité.

                                    Chabbat Chalom !

                                    Raoul Spiber

 

        Vue du village de Chiloah
Jerusalem.

 


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Vendredi 17 novembre 2006

H’AYE SARAH

 

« Les jours de la vie de Sarah furent de 127 ans   » (Genèse 23,1).

« Et ce fut, au temps d’Assuérus, qui régnait sur 127 provinces… »

( Esther I, 1)

« Un jour, Rabbi Akiva s’aperçut que ses élèves somnolaient pendant son chiour…

( Et oui, ça arrive…)  Sans transition, il leur proposa une devinette :

« Savez-vous pourquoi Esther a t-elle mérité de régner sur 127 provinces ?

  Non ? Eh bien, c’est parce qu’elle descend de Sarah, qui a vécu 127 ans … »

(Midrach Esther Raba)

Il y a fort à parier que tout le monde se réveilla !

En bon pédagogue, Rabbi Akiva observait ses élèves pendant sa leçon;

il se rendait bien compte qu’ils étaient fatigués. C’est pourquoi il interrompit

son cours pour relancer leur attention par une devinette.

Mais d’où venait cette fatigue ? 

L’effort soutenu que requiert une étude exigeante et sans compromis (on peut supposer qu’ils étaient en train d’étudier un passage particulièrement ardu de la Halakha, la loi juive) y est certainement pour quelque chose dans cette fatigue

suspecte. Certainement … 

Mais peut être aussi cette fatigue a-t-elle une autre cause : Si cette fatigue exprimait la lassitude et le  désespoir de Juifs terriblement lucides qui ploient sous le joug impitoyable  de la puissance romaine ?

L’étude de la Thora était interdite par les Romains, les Yechivot étaient fermées,

Rabbi Akiva enseignait au péril de sa vie … Alors à quoi bon tout cela ?

Est-ce que H’as Vechalom ( A D. ne plaise) ce ne serait pas la Torah elle-même qui se serait mise en sommeil ?

Serait-elle entrée brusquement en léthargie dans un monde entièrement soumis à la puissance de Rome qui bâtissait sa « Pax Romana  »  sur les ruines d’Israël ? Cette même Rome qui trouvait normal de « pacifier  » la Judée en suppliciant plus tard Rabbi Akiva et neuf des plus grands Maîtres de la Torah ?

La Thora avait–t-elle encore quelque chose à dire dans ce monde de brutes ou

devait-elle se « mettre en veille » ?  Et dans ce cas, ceux qui l’étudiaient pouvaient-ils faire autre chose que de céder à la tentation de «  l’endormissement « ?

En fait, la boutade de Rabbi Akiva pour arracher ses élèves à leur somnolence était très sérieuse. ( l’humour est d’ailleurs une chose extrêmement sérieuse ! )

Si sérieuse même, que paradoxalement, du sujet du cours de Rabbi Akiva, il ne sera pas fait mention, seule la boutade sera retenue…

Les 127 années de la vie de Sarah d’une fidélité indéfectible au D. unique  ont permis à Esther d’exprimer ce qu’est la véritable royauté : celle qui règne sur 127 provinces, non par la force des armes comme Rome, mais par la grâce de D. qui se sert de la reine comme d’un simple instrument au service de son peuple.

Non la Torah ne dort pas, elle veille dans les cœurs  des Bne Israël. Son  étude est la seule réponse face à tous les  totalitarisme et protégera toujours ses enfants  jusqu’à la venue ultime du Roi Mashiah’ que nous attendons tous .Amen.

Chabbat Chalom

Raoul Spiber

Cactus géants de Kfar Maimon

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Vendredi 10 novembre 2006

Parashat Vayera

Encore à propos de leh-leha, ce thème du devoir de tout faire pour délivrer les captifs y compris par la guerre  a été ressenti en Israël, avec une acuité particulière, en pensant obligatoirement aux captifs juifs d’aujourd’hui pour lesquels le peuple juif est prêt à se battre. Je ne suis pas sûr que les dirigeants d’Israël soient toujours inspirés par le personnage d’Avraham, mais incontestablement le sens de la solidarité, le dévouement en un mot de notre ancêtres se retrouve chez ses descendants ; que leurs mérites nous protègent aujourd’hui ….

I) Vayera, quelle Parasha !

L’universalisme de celui qui lutte pour diffuser ce principe :

Nous sommes tous les enfants de l’unique Créateur et donc nous sommes frères, enfants d’un même Père ; en conséquence:

-         Avraham reçoit dans sa tente ouverte ’’aux 4 directions’’, des voyageurs de toutes origines, qu’il prend pour des nomades du désert et il découvre que se sont des anges ; il invente l’Hospitalité et enseigne aux générations suivantes sa valeur : « sous l’apparence de n’importe quelle personne aussi humble et insignifiante soit elle, en quête de domicile provisoire, se cache peut-être un ange ?  »  .

-         C’est encore dans cette Parasha que nous apprendrons comment Avraham plaide (prie) pour la clémence de Sodome ; avec quelle courageuse humilité, il défend cette ville : « le Juge de toute la Terre serait-Il injuste en punissant le coupable avec l’innocent etc. moi être de poussières, laisse moi Te demander : « peut-être  se trouvent dans ces villes encore x innocents etc.».

II) Et puis pour clore cette  Parasha : la  Akedat Itshak..

Ce texte fondamental de la vie juive, au centre de la liturgie de Roch hachana, constitue l’ archétype de la messirout nefesh (du dévouement infini, de la fidélité indéfectible ) du Peuple juif pour son D…

Le plus étonnant c’est qu’il pose problème à nos Maîtres, les H’azal  (Incorrigibles lecteurs de la Torah qui ne peuvent s’empêcher de se poser des questions) .

Je retiendrai 3 parmi les différentes questions qui se posent sur ce texte :

1)     Au moment où Avraham est prêt à égorger Itshak,  Hachem lui dit de ne faire aucun mal au jeune homme. Comment D. peut-il revenir sur son ordre ?(Rachi, Rambam, Ramban..)

2)     Pourquoi Hachem doit-il tester Avraham, ne connaît-il pas profondément son être, ses pensées ,ses intentions ?

3)     Les H’azal  s’interrogent curieusement sur la valeur légitime d’un tel ordre. »Le meurtre faisant  partie des interdits fondamentaux, il n’est pas évident qu’ Israël  accepte cet ordre même annoncé au nom d’ Hachem par un prophète reconnu comme Isaïe et Jérémie »…Rabbi Meïr de Dvinsk ; l’auteur du Mesheh’ Hohma ).

Je pense comme tout bon juif que les questions sont intéressantes pour elles-mêmes. Elles réveillent les exigences de compréhension, elles renforcent l’étude authentique de la Torah. Proverbe Yiddish « il vaut mieux une bonne question que 10 mauvaises réponses !! » (à condition que cela nous conduise au Beit hamidrach, littéralement à la maison des questions).

III) Je vais commencer par la 2eme question :

1)« Hachem éprouva Avraham » (Beréchit 22 ;1) pourquoi ?

Le Ramban rappelle un verset de Tehilim :

« Hachem Tsadik yvh’an « (Tehilim 11,5) traduction « Hachem met le Juste à l’épreuve »…Hachem sait qui est Racha (mauvais) et qui est Tsadik (juste);il n’a pas besoin de tester le Racha qui ne ferait dans l’épreuve que plus de mal ; au contraire dit le Ramban : » c’est parce qu’Hachem sait qu’Avraham lui sera fidèle qu’il l’éprouvera pour que les forces d’âme qui sont en lui en potentiel puissent s’accomplir effectivement » ;le Ramban fait remarquer que la racine NISSA (éprouver) veut dite étymologiquement hisser, comme le fanion qu’on hisse au sommet d’un  bateau pour indiquer  par là même qui est le Maître de ce bateau.

On est très loin du jeu cruel qu’une divinité capricieuse imposerait à ses adeptes pour vérifier son pouvoir, sa tyrannie,  sur lui. 

Hachem demande au Tsadik de se hisser au sommet du don de soi pour exprimer ses forces d’amour, de dévouement, de fidélité, de courage pour affirmer que le monde et tout ce qu’il contient n’appartiennent qu’à Hachem.

Hachem lui demande ’’KAH’ NA’’ (prends, je t’en prie ton fils).. Ainsi le  Tsadik pousse, comme le fanion du bateau, les hommes à regarder vers le haut. Le fanion, l’effort du Tsadik, se dit en hébreu biblique NESS, ce mot  va servir à la fois  à désigner l’épreuve que réussit le Tsadik et à la fois le Miracle qui rappelle à chaque homme ce qu’ Hachem attend de lui, qui lui rappelle le miracle de la création où chaque créature a reçu du Créateur le pouvoir et le devoir d’accomplir Sa volonté.

2)Question1 et 3 :

 Comment Hachem peut-il revenir sur son ordre ? Et  que peut-on en retenir?

Là c’est la question qu’on ne comprend pas. Il peut tout, y compris changer d’avis. Mais nous oublions la vision du monde sous-jacente à cette question.

Attention, par définition, le D. unique, est parfait, Sa parole est vraie éternellement, c’est la parole de l’Eternel.

C’est pour cela que la Torah est éternelle, c’est pour cette raison précisément  que le Peuple Juif a refusé le principe d’une nouvelle alliance, qui rendait en partie obsolètes certaines paroles de la Torah; et enfin de compte aurait constitué une trahison à la promesse du Sinaï faite par Israël au D. unique. Israël est resté fidèle à sa parole et à son D. Ce qui lui a coûté très cher…..

Hachem ne se contredit pas, ne revient pas sur ce qu’Il affirme comme vérité.

Pour répondre à cette question donc, Rachi va citer le Midrach où  Avraham interroge Hachem : (après l’épreuve, comme un véritable Tsadik qui s’interroge sans se dérober).

-» Tu m’a annoncé que par Ytshak j’aurais une grande descendance, ensuite tu m’as dit de le sacrifier et maintenant Tu me dis de ne lui faire aucun mal ? » Hachem lui répond par un verset du Tanah’ :

-« Je ne profane pas Mon Alliance et ne modifie pas Mes propos » (Tehilim 89 ;35) Je ne t’ai jamais dit « égorge le «(chehatehou) ; Je t’ai dit » fais le monter (hahalehou) » et maintenant, fais le descendre ».

C’est terrible (si j’ose dire) ;voilà un Homme qui se dévoue pour Hachem, qui se sacrifie et qui lui sacrifie son fils ;  et après coup  D. parait lui dire : « Je ne t’ai jamais demandé cela »  ; « on joue sur les mots « c’était ma première réaction à ce Midrach. Il m’ a fallu du temps pour le relire  attentivement. Notre lecture du Tanah’ et des enseignements du Midrash est souvent superficielle, on lit trop vite, on croit avoir tout compris et on passe à coté  ….

Il est pourtant écrit au début du texte « prend le et fais le monter en Ola ».

Ola (holocauste) est le nom d’un sacrifice qui est brûlé entièrement sur le Misbeah’ (l’autel).Il est donc normal qu’Avraham et Ytshak aient tous les 2 compris que l’épreuve demandée soit  qu’il s’agisse d’une mise à mort, d’un sacrifice humain. Si ils avaient joué sur les mots, ils se seraient dérobés à l’épreuve. Mais à la fin de cette épreuve, Avraham et Ytshak apprennent qu’il s’agit d’une épreuve de vie d’élévation, de Allya.

Que le don d’un bien matériel entraîne une élévation en Kedoucha de l’objet offert, parce qu’il est offert sur le Misbeah’  par amour pour Hachem d’accord, et que cette élévation fasse que l’offrande s’appelle Ola, que l’objet atteigne par là même sa Kedoucha optimale c’est une chose. 

Mais en ce qui concerne l’élévation de l’être humain, le texte de la  Akeida lu par nos maîtres nous enseigne que cette Allya  cette élévation en kedoucha  ne passe pas par la mort mais uniquement par l’étude de Sa Torah, par la fidélité à Ses commandements oeuvrant  ainsi « à la restauration de la dignité  de la Création sous la souveraineté de son Créateur » ( tiré de Aleinou, prière finale ,concluant toutes nos prières : « letaken olam bemalhout cha-dai »).

La suite du texte nous rapporte la descendance de Terah’. Rachi qui suit son idée, cite de nouveau le Midrach qui nous dit :

 « Tout au long de la Akeida, Avraham se faisait des reproches ;il se disait si j’avais donné une épouse à Ytshak, il aurait aujourd’hui une descendance. Quand Avraham est allé au bout de cette épreuve et qu’il en a saisi le sens, on lui apprend que l’épouse de Ytshak est née ».

NOS MAITRES NOUS ONT APPRIS A RECHERCHER LA KEDOUCHA A TRAVERS L’AMOUR DE LA VIE AU SERVICE DE CELUI QUI L’A CREEE.

A NOUS ELOIGNER DES INTERPRETATIONS MORBIDES DE LA SAINTETE.

LA KEDOUCHA PEUT IMPLIQUER  EN CERTAINES CIRCONSTANCES DE L’HEROISME, JUSQU' A LA MORT PARFOIS ET LES DESCENDANTS D’AVRAHAM LE SAVENT. MAIS ELLE NE RECHERCHE PAS LA MORT.ELLE N’AIME PAS LA MORT.

CE SONT LES  NATIONS QUI ONT VOULU UTILISER POUR LA CHOA LE TERME D’HOLOCAUSTE  NOUS NOUS ELOIGNONS DE CETTE TERMINOLOGIE

POUR LE PEUPLE JUIF, L’ACCOMPLISSEMENT DE LA AKEIDA  C’EST LE MARIAGE DE YTSHAK ET DE RIVKA.

CHABAT CHALOM 

                             Raoul Spiber


Bref aperçu de Kfar Maimon ( sof Holam basmola)
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Jeudi 2 novembre 2006

Parashat Leh’ Leh’a

 

(Beréchit 14 ;14)  « Avraham apprit que son frère (en fait son neveu Loth) ait été fait prisonnier il mobilisa ses disciples, nés dans sa maison, au nombre de 318 et il poursuivit (les ennemis) jusqu’à Dan. ».

Avraham ne se souvient plus des disputes, des conflits, qu’ils ont du se séparer et que

son neveu a choisi de vivre avec les gens de Sodome. Il ne sait qu’une seule chose :

Son neveu  c‘est son frère, il est prisonnier, il faut le libérer. Mais pour le libérer

Avraham va mener une vraie guerre contre les puissances dominantes du

Moyen-Orient, déjà …..Quelle leçon pour les générations suivantes; une des plus

grandes Mitswot de la Torah: sauver des personnes victimes d’un rapt. En hébreu :

pidyon shvouïm

Ce n’est pas très facile et 318 hommes c’est un peu léger…et pour rajouter à la difficulté, Rachi commente le verset de manière stupéfiante :

Traduction du commentaire de Rachi sur ce verset

1) ses disciples :Il faut lire son disciple,c’est Eliezer qu’il a initié aux commandements (divins);c’est le sens de la racine h’anoh’ qui indique le début de l’affectation d’une personne ou d’un objet à la tâche qu’il doit accomplir;en français “initier”.

2) 318: Nos Maîtres ont dit qu’il s’agit d’Eliezer seul et c’est  la valeur numérique de son nom (318 )

3) jusqu’au territoire de Dan : Là, sa force s’est épuisée parce qu’il a vu que ses enfants érigeraient à cet endroit un veau (comme idole).

Que veut dire Rachi ?

Plusieurs questions se posent sur ce commentaire et les commentateurs de Rachi s’interrogent, entre autres:

1) Pourquoi lire au singulier ce qui est clairement écrit au pluriel (son disciple/ses disciples)?

2) Pourquoi Rachi quitte le sens littéral du texte?Au nom d’une guématria (valeur numérique d’un mot)? Ce n’est pas la méthode de Rachi

3) La victoire d’Avraham et de ses 318 hommes contres les armées les plus puissantes  de la région n’est elle pas un miracle suffisant pour en rajouter?

Parmi les nombreux commentateurs de Rachi il y en a un auquel je suis particulièrement attaché : C’est le “Gour Arieh” du Maharal de Prague. Il travaille avec méthode à la signification du commentaire de Rachi ;à la portée de son commentaire pour les générations, au rapports compliqués entre sens littéral et midrash. Voici sa réponse. “Nos Maîtres disent la vérité :  Du point de vue fondamental la victoire n’est obtenue que par le mérite d’Avraham accompagné d’Eliezer, son élève par excellence. Ce n’est pas un hasard si le nombre des éleves mobilisés par Avraham vaut le nom d’Eliezer; il y a une double exigence

-pour que le miracle de la victoire de la troupe   d’Avraham se réalise (c’est à dire que les peu nombreux vainquent des armées puissantes) et

-pour qu’il soit porteur de sens et qu’il invite les hommes à réfléchir.

Le Maharal explique que le miracle doit être vêtu des règles de la Nature. Hachem veut montrer la puissance de l’engagement d’Avraham et de son disciple Eliezer; ce dévoilement n’est possible que si le monde constate l’engagement d’Avraham et la puissance de ce dévouement.

-Si Avraham s’était présenté seul avec Eliezer et que les oppresseurs aient été vaincus la victoire aurait peut-être été attribuée  à Hachem mais pas à Avraham.

Si Avraham c’était présenté avec une grande troupe, on aurait retenu les qualités stratégiques d’Avraham en passant à côté de l’essentiel. C’est la puissance, le miracle de l’enseignement d’Avraham aux dimensions (la valeur numérique) d’Eliezer qui sauve et que Rachi veut souligner. Quand il arrivèrent à Dan (où les enfants d’Israël érigèrent une idole à la ressemblance d’un veau)les forces d’Avraham l’abandonnèrent; les forces de vie de dévouement ,de Torah ne peuvent se confondre avec le culte fétichiste de la force bestiale.

Puisse Hachem nous accorder une délivrance authentique, digne de la descendance d’Avraham Avinou!Amen! 

de la part de Raoul Spiber.

CHABAT CHALOM 


 

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Jeudi 26 octobre 2006

PARACHAT NOAH’

 

Quand on lit le livre de Béréchit on ne peut ou plutôt, je ne peux m’empêcher de penser en mon for intérieur : « combien les personnages de ce texte sont violents, où se trouve la dimension d’exemplarité qui devrait inspirer mon existence ?.. ».

 

En Israël le monde religieux  c’est partagé en 2 parties : ceux qui  considèrent que les personnages du Tanah’ sont sacrés, qu’on ne peut les juger, qu’il faut interpréter le texte biblique en ayant conscience de leur immensité et ceux qui lisent le texte comme il se présente à nous.

 

Evidemment le débat est orageux :les uns sont attaqués comme étant des détracteurs du texte biblique, insultant la mémoire de nos ancêtres et les autres comme des intégristes naïfs trahissant l’authenticité du Tanah’…

 

Je ne cherche évidemment pas à donner raison à une des parties, ni à calmer ce débat entre des personnes qui d’ailleurs ne m’ont rien demandé; je pense personnellement que pour apprendre, pour recevoir les enseignements de la Torah nous devons à la fois nous éloigner de toute forme de lecture vulgaire et triviale qui réduisent le récit biblique à un fait divers appartenant à une époque révolue et à la fois repérer la problématique humaine sous-jacente, qui se retrouve dans notre vie à nous.

 

Par exemple: Beréchit (9; 16) « Noah’ sort de la Teva, plante une vigne, bois de son vin, s’enivra et se dénuda hors de sa tente ».

La lecture angélique  et la lecture vulgaire risquent de nous empêcher de percevoir quelque chose de profond dans la personnalité de Noah, cet homme qui a lutté pour le maintien du monde avant et pendant le déluge est en crise après. Il ne veut pas sortir de la Teva, c’est Hachem qui le lui ordonne. Hachem lui ordonne de sortir avec sa femme, ses fils et leurs épouses et Noah sort avec ses fils et leurs épouses sortent ensuite….la douleur de Noah’ devant le spectacle d’un monde détruit, le sens aigu de l’absurde condition humaine, mortelle, meurtrière  et suicidaire capable d’aller jusqu’au désastre, font de Noah’ un personnage moderne qui doute, qui souffre et qui va être tenté de  fuir la réalité en s’enivrant mais il ne cèdera pas au nihilisme. Noah ne renoncera pas, à son combat pour un monde plus juste. Il va se relever et vivre encore 350 ans pour enseigner les bases de la civilisation monothéiste :

 

Les 7 mitsvot Benei Noah’ ou Noah’ides

 

Ne pas tuer.

Ne pas voler.

Ne pas commettre d’adultère ou d’inceste.

Ne pas servir les idoles.

Ne pas blasphémer ( ne pas maudire Hachem  ).

Ne pas manger une partie d’un animal encore vivant.

Installer des tribunaux, qui garantissent une justice équitable. (  vaste programme).

 

Par herve souhami - Publié dans : commentairedelaparacha
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