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Vendredi 2 mars 2007

CHABAT TETSAVEH-CHABAT ZAH’OR

 

 

Le Chabbat qui précède Pourim est appelé « Chabbat Zah’or », le Chabbat du Souvenir.

Mais se souvenir de quoi exactement ?

Avant tout il s’agit de lire dans le Sefer Torah lui même, le texte source de ce devoir de mémoire. Aucun récit, aucune mise en scène, aucune traduction ou interprétation, rien d’autre que la lecture du texte original:

Devarim 25 ;17-19 :

« Souviens-toi de ce que te fit Amalek pendant la route, lors de votre sortie d'Égypte, comment il te rencontra dans le chemin, et, sans aucune crainte d’Hachem, tomba sur toi par derrière, sur tous ceux qui se traînaient les derniers, pendant que tu étais las et épuisé toi-même.

Lorsque Hachem ton D., après t'avoir délivré de tous les ennemis qui t'entourent, t'accordera du repos dans le pays qu’ Hachem ton D, te donne en héritage et en propriété, tu effaceras la mémoire d'Amalek de dessous les cieux: ne l'oublie point. »

Ce texte est sobre. Il évoque la cruauté et la lâcheté d’un peuple s’attaquant à une population d’esclaves errant dans le désert. Ce qui étonne, avant tout, avant même de savoir ce qu’Amalek représente, c’est le poids que la Torah accorde à cet épisode en considérant comme imprescriptible, le crime qu’il a commis.

 

Il ne faut pas confondre rancune et mémoire.

Le peuple juif a été accusé d’entretenir des sentiments de rancune et de vengeance en rappelant, en refusant d’oublier et de pardonner, les crimes dont il a été la victime…..

La lecture de ce texte  s’oppose à l’érosion du temps, à la dilution des responsabilités, à la distraction de ce qui peut être grave dans l’histoire humaine.

Max Picard, philosophe suisse de langue allemande, à qui on posait après guerre cette question :

« Comment expliquer qu’un peuple aussi instruit, aussi évolué que le peuple allemand est pu être aveuglé à ce point pour placer un Hitler à sa tête ? »

Il répondit, à la surprise générale en montrant un journal et il ajouta à peu près ceci:

« voyez vous, dans ce journal nous trouvons en première page : des résultats sportifs, un scandale politique, les prévisions météorologiques, etc. Il n’y a pas de continuité entre les articles, on ne la recherche pas d’ailleurs, il y a un vide de sens auquel nous sommes habitués, les informations nous émeuvent un temps, succèdent à d’autres qui nous avaient peut être émus ou intéressés et qui sont déjà oubliés ; « informations obsolètes », sans pertinence aujourd’hui. »

(Que dirait il, si il connaissait toutes nos radios où les informations sont diffusées en continu et où au cours de la même journée tout peut être dit et son contraire sans qu’il y ait aucune mise au point.)

 

Zah’or se souvenir, ne pas oublier, lutter contre Amalek qui représente le mal absolu. Celui qui détruit gratuitement sans que sa guerre se rattache à un antécédent..

« ACHER KAREH’A’ BADEREH’ », il t’a rencontré par hasard, en chemin.

La force d’Amalek tient à cette possibilité de voir notre vie comme une succession d’évènements sans suite et non comme une histoire où notre réflexion et notre responsabilité sont requises. Lutter contre Amalek, c’est s’arracher au spectacle des évènements sans suite qui bercent où heurtent notre vie de tous les jours, pour nous interroger sur ce que nous, nous avons à faire dans cette existence.

 Nous l’avons déjà signalé au début de notre propos, le Chabbat Zah’or précède toujours Pourim.

Ce jour là nous avons le mitsvah de lire soir et matin la Megilat Esther pour célébrer cette victoire d’Israël contre Haman descendant de Amalek. Dans ce texte le nom d’Hachem n’est pas écrit une seule fois ; c’est un texte pour nous où la présence divine n’est pas manifeste.

Le décret d’extermination des juifs rédigé par Haman  est daté de la douzième année du règne d’Assuérus et pourtant la Megila remonte à la troisième année de son règne.

Lire la Megila, c’est faire des liens, c’est comprendre les enchaînements et comprendre que tout commença par un grand festin où dans la beuverie  générale on décida de consommer en oubliant…

En espérant que cette année nous puissions enfin nous souvenir et ainsi espérer la victoire sur toutes  les formes de Amalek

 

Chabat Chalom

par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Commentaires

Chabat Chalom , bonjour à tous


Tout est dit me semble-t-il!


Ne pas oublier, me semble-t-il, c'est être présent, en vigilence, quoi qu'il se passe alentour.


 Formulé autrement : Ne pas être pris au dépourvu, c'est être avec D., de manière si intime que rien de "surprenant" ne peut nous arriver. "Plus proche que le plus proche" disait le docteur Jean Klein.

commentaire n° : 1 posté par : Eric Boscq-Ducros Delmas-Marsalet (site web) le: 02/03/2007 17:49:14
vigilance et recul; présence qui ne se laise pas distraire par les  sujets à la mode;au sens le plus fort du terme , attention.
commentaire n° : 2 posté par : spiber raoul le: 03/03/2007 20:01:28

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