| Juillet 2008 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||
L’ANNEE CHABBATIQUE
Cette année est résolument placée sous le signe du Shabbat.
C’est d’abord une année de Chemita, de Shabbat de la Terre. Bien sûr cette dimension est perçue beaucoup plus fortement en Erets Israel, où s’accomplit ce Shabbat de la Terre.
Mais le calendrier juif se charge de nous faire sentir l’importance du Shabbat durant l’année 5768 en dehors d’Erets Israel aussi.
On sera confronté cette année aux 2 jours de fête qui précèdent Shabbat :
A Roch Hachana, à Soukkot et à Chemini Azeret.
On remarquera aussi que cette année Yom Kipour tombe Shabbat.
Grâce à cette coïncidence, Kippour tombant Shabbat, nous pouvons espérer que ce Shabbat sera particulièrement respecté en l’honneur de Kippour.
Nos Maîtres enseignent que le respect du Shabbat a une puissance eschatologique, il précipite la venue du Mashiah’ !
Puisse cette expérience d’un Shabbat authentique vécu à l’occasion de Kippour dans l’austérité du Repentir et du Jeûne par ceux qu’on appelle les juifs de Kippour ouvrir sur le désir de se retrouver dans les célébrations joyeuses du calendrier juif.
A travers cette expérience d’une sérénité austère, rechercher la sérénité du Shabbat dans la joie, dans la douceur grâce à la rupture radicale qu’elle offre avec le monde de l’économie, de la production, de la consommation.
Nous résistons ainsi à l’invasion des médias devenus omniprésents, chargés de nous faire courir pour produire et consommer en se sentant toujours frustrés de ce que nous n’avons pas et qu’il faut absolument acquérir sans quoi on se persuade d’être un malheureux.
Cette course effrénée répond à une nécessité psychologique, il faut à tout prix oublier la maladie, la mort, notre précarité et la souffrance du monde.
Il faut surtout oublier que le temps est notre patrimoine le plus précieux et que nous devons absolument décider de l’orientation de ce capital.
Dans quoi investir notre capital le plus précieux, qui vaille vraiment, qui rapporte ?
-Le bien être raisonnable de ceux qu’on aime bien sûr, l’entente dans la maison et surtout l’éducation de nos enfants et leur préparation à leurs responsabilités de demain !
Voilà déjà de quoi grignoter sérieusement notre capital temps. Installer dans la maison cette culture cette valeur : consacrer du temps à se parler…
-Lutter contre le cynisme et le nihilisme ambiant, qui dévaluent tous les efforts, qui ridiculisent et relativisent tous les interdits au nom de valeurs dont nous sommes les porteurs.
-redonner au terme peuple élu son vrai sens. Il ne s’agit pas de nous glorifier de mérites et de qualités dont nous ne sommes pas toujours dignes. Ce qui est en jeu c’est notre responsabilité devant la Loi, vis à vis d’autrui, vis-à-vis de notre peuple, vis-à-vis du monde pour défendre la sainteté du monde qui nous a été confié, que l’expérience de la sortie d’Egypte, du Don de la Torah, nous ont octroyés.
Rien de cela n’est possible, si on ne sait pas réserver une partie de notre capital temps pour l’étude, la réflexion, l’entraide ! Ne rien oublier !
La surprésence des outils de communications et autre gadgets est là pour mettre hors la
Loi ces questions qui ne doivent surtout pas venir nous déranger, interrompre notre désir infini de jouissance ! Le silence est hors la loi lui aussi ! Ce bruit, ce vacarme permanent nous isole de nous même en nous donnant en plus l’illusion du savoir et de l’information !
Attention, j’appartiens à ce monde, comme vous je suis équipé d’un portable qui ne me quitte pas et suis relié à Internet, dont le surfing me prend toujours plus de temps que celui que j’avais prévu au départ! Je ne fais pas l’éloge du monastère, simplement je profite de ce début d’années pour remettre en question certaines de nos habitudes, ces façons si communes de « passer notre temps » !
EROUV TAVCHILIN ET LA SAINTETE DU TEMPS :
-Un des rites particuliers à cette année 5768 c’est « EROUV TAVCHILIN ».
Quand Yom Tov précède Shabbat t, il nous est commandé de mettre de côté avant la fête un plat réservé à Shabbat en prononçant une bénédiction. Ce « rite » nous autorise à préparer, cuisiner vendredi de Yom Tov les plats que nous consommerons le Shabbat (en se servant évidemment d’une flamme déjà allumée et en respectant les règles de Yom Tov).
-Pourquoi ? Nous ne faisons pourtant rien d’interdit. Nous respectons les lois des jours de fête pour préparer les repas du Shabbat que nous n’avons pas le droit de cuisiner le jour même.
-Le Shabbat et les jours de fête sont des jours saints « MOADEY KODESH », la sainteté d’un temps c’est de na pas être au service d’un autre.
-Le Shabbat, contrairement à l’idée répandue, est au sommet de la sainteté du temps, supérieur à Kippour, Rosh Hashana et à toutes les solennités de l’année juive.
-Le principe de priorité nous autoriserait à préparer durant ces jours les plats nécessaires aux repas du Shabbat mais notre perception de la Sainteté du temps risquerait d’en être altérée.
Un jour qui est au service du lendemain est un jour « aliéné, assujetti ». La Sainteté ne doit absolument pas être asservi à un temps extérieur, même supérieur en Sainteté.
L’expérience de la sainteté du temps interrompt la fuite vers le lendemain aussi sacré soit-il !
« EROUV TAVCHILIN », en français : l’union des plats cuisinés (non ce n’est pas le nom d’un parti politique) vient nous rappeler que le Yom Tov et le Shabbat participent ensemble à la célébration de la Sainteté du temps, ils sont solidaires, ils concourent et rappellent ensemble le souvenir la leçon de la sortie d’Egypte, de la maison des esclaves et de l’aliénation :
« ZEH’ER LITSIAT MITSRAÏM »
Puisse cette nouvelle année, si nombreuses en solennités croisées annoncer le retour, les retrouvailles entre les juifs de Kippour, ceux des fêtes avec ceux de la synagogue de la semaine et du Shabbat éclairés par le souvenir de la Sortie d’Egypte, le vrai sens de la fête.
En cette veille de Kippour, je souhaite à vous tous et à tout le peuple d’être inscrit dans
« Le livre de la Vie, de la Bénédiction, de la Paix et de la « PARNASSA TOVA », la satisfaction de nos besoins »
GMAR HATIMA TOVA
RAOUL SPIBER
bonne soirée ! bisous !