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Mardi 15 janvier 2008

Shabbat Bechalah’-Le shabbat du Chant.

Tou bichevat- Nouvel an des arbres

Alors, enfin, ils chantèrent

 

.

Les 210 années de l’esclavage avaient réussi à étouffer toutes les formes d’expression.

Le Midrash va jusqu’à dire  que le Maître  du monde  Lui –même s’était tu ; « chtikat hadibour » : « silence de la Parole ».

 Les êtres humains, qui pourtant avaient été les seuls à avoir reçu du Créateur le pouvoir de parler, se taisaient.

Ils paraissaient avoir perdus leur qualité de « medaber »de « parlants », pour appartenir désormais au règne du « domem » : le règne du silence minéral. Le regne muet de l’ordre inhumain, de la hiérarchie idolâtre. La vision du monde de Pharaon était à l’image de ses monuments les plus prestigieux qui lui fournissaient un schéma de société : l’ordre pyramidal.

Même les miracles de la sortie d’Egypte ne parvenaient pas à délivrer les enfants d’Israël de cette gangue de  tristesse et de désespoir qui interdisait toute expression de joie et d’espoir, de liberté.

C’est alors que :

« En ce jour, Hachem délivra Israël de la main des Égyptiens; et Israël vit sur le rivage de la mer, les Égyptiens qui étaient morts.

Israël vit la main puissante qu’ Hachem avait dirigée contre les Égyptiens. Et le peuple craignit Hachem, et il crut en Hachem et en Moshé, son serviteur.

Alors, Moïse et les enfants d'Israël chantèrent cet  hymne à Hachem. Ils dirent: Je chanterai à Hachem car il a fait éclater sa gloire; Il a précipité dans la mer le cheval et son cavalier. »  (Chemot 14-15)

La véritable délivrance d’Israël n’apparaît qu’après l’ouverture de la Mer Rouge. Tant que l’oppresseur peut encore inspirer de la crainte, l’oppression continue. Certes l’armée de Pharaon a bien été noyée aux milieux des flots, elle n’est donc plus en mesure de persécuter les enfants d’Israël.

Et pourtant, les rescapés de cet enfer nommé « Mitsraïm », continuent à avoir peur de leurs anciens bourreaux : « peut être nos persécuteurs  ont-ils réussis à échapper à la noyade en trouvant un autre passage pour nous rattraper et nous anéantir » imaginent ils !

« Comment croire que des êtres aussi redoutables puissent disparaître ? »

Alors, enfin, Israël vit sur les rivages de la mer les cadavres de l’armée la plus puissante qu’il ait connue, échouer «providentiellement » sur le rivage. Le peuple se libéra de la peur des hommes, pour craindre Hachem.

Délivré de cette peur de l’oppresseur, le peuple retrouva à son plus haut niveau le pouvoir d’exprimer sa reconnaissance au Créateur, il chanta.

Le Midrash (Meh’ilta de Rabbi Yshmaël) enseigne :

« Même la plus simple des servantes a perçu au moment du passage  de la Mer Rouge plus que les prophètes Yishaïa et Yeh’ezkiel. »

Ces deux très grands prophètes représentent le sommet de la prophétie.

Ce sont les deux seuls prophètes qui ont pu « décrire «  le trône d’Hachem  », MAASSE MERKAVA », perception ultime de la souveraineté divine.

 

-En première lecture, le texte enseigne que l’expérience vécue du miracle à l’état pur, de la « KRIAT YAM SOUF », de la déchirure de la Mer Rouge, montre de manière évidente que toutes les forces de la création sont assujetties à la souveraineté du Créateur. Cette expérience enseigne plus que les perceptions mystiques les plus élevées.

-Mais en fouillant le texte, en comparant « KRIAT YAM SOUF », aux autres miracles de la sortie d’Egypte, en comparant les Midrachim entre eux, nous pouvons en déduire un second enseignement dont l’écho se fait entendre encore aujourd’hui :

« La décision du Peuple Juif de se délivrer de toutes ses peurs, d’exprimer sa reconnaissance envers Hachem malgré toutes les souffrances, toutes les terreurs  imposées par ses bourreaux, de chanter malgré tout, de remercier le Maître du monde, qui nous a fait libres, lui fit acquérir une vision du monde plus élevée encore que celles qu’ont perçues nos grands prophètes. ».

Attention, je ne change pas de sujet :

Ma mère (Imi Morati, Léa bat Moshé Itshak, zal) dont c’était l’anniversaire du décès, cette semaine) avait naturellement  rejoint le Rav Kappel (rabbin français, parmi les chefs de la résistance) dans la résistance juive, pendant la seconde guerre mondiale, c’était sa réponse à la déportation de son frère unique :

Max Liebermann (Meir ben Moshé Ytsh’ak Zal) assassiné, comme tant d’autres à Auschwitz.

Elle nous étonnait, en nous racontant comment les combattants

(elle ne s’incluait pas dans ce terme, elle, c’était « la ptit Léa », comme l’équipe l’appelait alors, un simple « facteur » dans le réseau juif de la résistance) vivaient tous dans la certitude d’une victoire contre l’Allemagne nazie,  tout en étant conscients que la plupart d’entre eux  ne connaîtraient pas l’après-nazisme.

« Le mal ne peut pas vaincre éternellement, voilà quelle était leur conviction profonde. »

En pleine guerre, Jacob Gordin, penseur juif de très grande envergure, posa les bases de ce qu’on appellera plus tard, « l’école d’Orsay », où seront formés la plupart des cadres qui assureront le Renaissance de la vie juive en France après la guerre.

Il avait appelé alors, cet embryon d’école : « l’école des prophètes » où tout en luttant contre le nazisme, on étudiait, priait  et chantait avec une force d’âme exceptionnelle.

-Ce qui nous ramène au « Chabbat Chira », à cette dimension du courage, d’espoir, pour tout dire du Chant, qui place l’être humain au sommet de la prophétie comme ces anciennes servantes juives délivrées d’Egypte, qui chantaient sur le rivage de la Mer rouge.

Shabbat Chalom et Tou bishvat saméah’

 

 

par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 7 décembre 2007

CHABBAT MIKETS-CHABBAT HANOUKA

 

Il m`est difficile cette annee de reprendre le rythme du texye hebdomadaire, malgre tout je tiens a celebrer avec vous les grands evenement du calendrier juif

La conjonction de chabbat et de Hanouka donne l`occasion a nos maitres de reflechir sur la question de la cocurrence entre les mitswot et des problemes de priorite qu`e cela peut entrainer

Rambam dans son Michney Torah recapitule les lois de Hanouka.

Il rappelle combien nos Sages attachent de la valeur  a l`allumage de ses lumieres:

" Il s`agit de publier le temoignage denotre reconnaissance de la puissance d`Hachem meme le plus demuni  doit allumer les nerot hanouka, il doit aller jusqu`a mendier ou vendre son manteau pour allumer ces lumieres".

Ce sont massivement les juifs les plus pauvres qui envers et contre tout ont accompli et transmis cette mitswah jusqu`a nos jours

Les poskim decisionnaires ont eu a cœur de definir de la facon la plus minimaliste la mitswah en tenant compte des conditions difficiles dans lesquelles ces mitswot etaient accomplies.

Rambam poursuit sa presentation des les regles de l`allumage:

-Si avant Chabbat il ne nous reste qu`une seule piece qui ne nous permet pas d`acheter et

L`huile pour Hanouka

et le vin du kidouch

les lumieres de Hanouka seront prioritaires car elles proclament la puissance d`Hachem!

-Si il ne nous reste que peu d`huile et que nous devons choisir entre  

Les lumieres de Hanouka et celles de Chabbat, nous allumerons les lumieres de Chabbat pour conserver le Chalom Bayt, la paix familiale.

Cette Halah`a issue du Talmud est acceptee par tous les Sages,elle est pourtant etonnante!

Quoi, les nerot hanouka pour lesquelles on doit aller jusqu`a sacrifier son vetement, renoncer au vin du kidouch, sont delaissee pour les chandelles du diner de vendredi soir?

Ne pourrait on pas plutot faire un effort pour manger sans se disputer dans le noir????

On peut probablement reussir a manger sans se disputer lors d`une panne electrique, mais l`absence de dispute n`est pas chalom bayt, de la meme facon que l`arret des combats  n`est pas la paix!

Le Chalom est un terme sacre, qu`on ne peut prononcer n`importe ou,il n`a rient a voir avec la resignation de vivre ensemble.  Ce terme renvoie directement a Hachem lui-même, c`est reconnaître que les autres et moi-meme nous sommes des œuvres du Createur .Le chalom bayt est une attitude active de construction et de renforcement du lien conjugal.

Et chaque fois que l`honneur d`Hachem ets en concurrence avec l`harmonie du couple Il s`efface, il ordonne qu`on efface son nom ecrit sur un parchemin pour que subsite Son Nom ineffable ecrit dans l`intimite du couple. Il renonce a toutes les formes de celebrations idolatres meprisant l`authenticite du vrai Chalom! 

Puisse ce Chabbat Hanouka apporter a tous, ce double eclairage de la grandeur du Createur et du Chalom dans toutes vos demeures

Chabbat Chalom et Hanouka Sameah`

Raoul Spiber
par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 21 septembre 2007

L’ANNEE CHABBATIQUE

 

Cette année est résolument placée sous le signe du Shabbat.

C’est d’abord une année de Chemita, de Shabbat de la Terre. Bien sûr cette dimension est perçue beaucoup plus fortement en Erets Israel, où s’accomplit ce Shabbat de la Terre.

Mais le calendrier juif se charge de nous  faire sentir l’importance du Shabbat durant l’année 5768 en dehors d’Erets Israel  aussi.

On sera confronté cette année aux 2 jours de fête qui précèdent Shabbat :

 A Roch Hachana, à Soukkot et à Chemini Azeret.

 On remarquera aussi que cette année Yom Kipour tombe Shabbat.

 

Grâce à cette coïncidence,  Kippour tombant Shabbat, nous pouvons espérer que ce Shabbat sera particulièrement respecté en l’honneur de Kippour.

Nos Maîtres enseignent que le respect du Shabbat a une puissance eschatologique, il précipite la venue du Mashiah’ !

Puisse cette expérience d’un Shabbat authentique vécu à l’occasion de Kippour dans l’austérité du Repentir et du Jeûne par ceux qu’on appelle les juifs de Kippour ouvrir sur le désir de se retrouver dans les célébrations joyeuses du calendrier juif.

A travers cette expérience d’une sérénité austère, rechercher la sérénité du Shabbat dans la joie, dans la douceur grâce à la rupture radicale qu’elle offre avec le monde de l’économie, de la production, de la consommation.

Nous résistons ainsi à l’invasion des médias devenus  omniprésents, chargés de nous faire courir pour produire et consommer en se sentant toujours frustrés de ce que nous n’avons pas et qu’il faut absolument acquérir sans quoi on se persuade d’être un malheureux.

Cette course effrénée répond à une nécessité psychologique, il faut à tout prix oublier la maladie, la mort, notre précarité et la souffrance du monde.

Il faut surtout oublier que le temps est notre patrimoine le plus précieux et que nous devons absolument décider de l’orientation de ce capital.

 

Dans quoi investir notre capital le plus précieux, qui vaille vraiment, qui rapporte ?

-Le bien être raisonnable de ceux qu’on aime bien sûr, l’entente dans la maison et surtout l’éducation de nos enfants et leur préparation à leurs responsabilités de demain !

Voilà déjà de quoi grignoter sérieusement notre capital temps. Installer dans la maison cette culture cette valeur : consacrer du temps à se parler…

-Lutter contre le cynisme et le nihilisme ambiant, qui dévaluent tous les efforts, qui ridiculisent et relativisent tous les interdits au nom de valeurs dont nous sommes les porteurs.

-redonner au terme peuple élu son vrai sens. Il ne s’agit pas de nous glorifier de mérites et de qualités dont nous ne  sommes pas toujours dignes. Ce qui est en jeu c’est notre responsabilité devant la Loi, vis à vis d’autrui, vis-à-vis de notre peuple, vis-à-vis du monde pour défendre la sainteté du monde qui nous a été confié, que l’expérience de la sortie d’Egypte, du Don de la Torah, nous ont octroyés.

Rien de cela n’est possible, si on ne sait pas réserver une partie de notre capital temps pour l’étude, la réflexion, l’entraide ! Ne rien oublier !

 

La surprésence des outils de communications et autre gadgets est là pour mettre hors la

Loi ces questions qui ne doivent surtout pas venir nous déranger, interrompre notre désir infini de jouissance ! Le silence est hors la loi lui aussi ! Ce bruit, ce vacarme permanent nous isole de nous même en nous donnant en plus l’illusion du savoir et de l’information !

 

 

Attention, j’appartiens à ce monde, comme vous je suis équipé d’un portable qui ne me quitte pas et suis relié à Internet, dont le surfing me prend toujours plus de temps que celui que j’avais prévu au départ! Je ne fais pas l’éloge du monastère, simplement je profite de ce début d’années pour remettre en question certaines de nos habitudes, ces façons si communes de « passer notre temps » !

 

EROUV TAVCHILIN ET LA SAINTETE DU TEMPS :

-Un des rites particuliers à cette année 5768 c’est « EROUV TAVCHILIN ».

Quand Yom Tov précède Shabbat t, il nous est commandé de mettre de côté avant la fête un plat réservé à Shabbat en prononçant une bénédiction. Ce « rite » nous autorise à préparer, cuisiner vendredi de Yom Tov les plats que nous consommerons le Shabbat (en se servant évidemment d’une flamme déjà allumée et en respectant les règles de Yom Tov).

-Pourquoi ? Nous ne faisons pourtant rien d’interdit. Nous respectons les lois des jours de fête pour préparer les repas du Shabbat que nous n’avons pas le droit de cuisiner le jour même.

-Le Shabbat et les jours de fête sont des jours saints « MOADEY KODESH », la sainteté d’un temps c’est de na pas être au service d’un autre.

-Le Shabbat, contrairement à l’idée répandue, est au sommet de la sainteté du temps, supérieur à Kippour, Rosh Hashana  et à toutes les solennités de l’année juive.

-Le principe de priorité nous autoriserait à préparer durant ces jours les plats nécessaires aux repas du Shabbat mais notre perception de la Sainteté du temps risquerait d’en être altérée.

Un jour qui est au service du lendemain est un jour « aliéné, assujetti ». La Sainteté ne doit absolument pas être asservi à un temps extérieur, même supérieur en Sainteté.

L’expérience de la sainteté du temps interrompt la fuite vers le lendemain aussi sacré soit-il !

 

 « EROUV TAVCHILIN », en français : l’union des plats cuisinés (non ce n’est pas le nom d’un parti politique) vient nous rappeler que le Yom Tov et le Shabbat participent ensemble à la célébration de la Sainteté du temps, ils sont solidaires, ils concourent et rappellent ensemble le souvenir la leçon de la sortie d’Egypte, de la maison des esclaves et de l’aliénation :

« ZEH’ER LITSIAT MITSRAÏM »

Puisse cette nouvelle année, si nombreuses en solennités croisées annoncer le retour, les retrouvailles entre les juifs de Kippour, ceux des fêtes avec ceux de la synagogue de la semaine et du Shabbat éclairés par le souvenir de la Sortie d’Egypte, le vrai sens de la fête.

 

En cette veille de Kippour, je souhaite à vous tous et à tout le peuple d’être inscrit dans

« Le livre de la Vie, de la Bénédiction, de la Paix et de la  « PARNASSA TOVA », la satisfaction de nos besoins »

 

GMAR HATIMA TOVA

RAOUL SPIBER

 

par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 7 septembre 2007

Nitsavim- Vayeleh’

 

Devarim 25

9 Vous êtes placés aujourd'hui, vous tous, en présence d’Hachem  votre D. :

vos chefs de tribus, vos anciens, vos préposés, chaque citoyen d'Israël.

10 Vos enfants, vos femmes et l'étranger qui est dans tes camps, depuis le fendeur de bois jusqu'au puiseur d'eau.

11 Afin d'entrer dans l'alliance de l'Éternel, ton D. et dans son pacte solennel, par lesquels il traite avec toi en ce jour.

 

Nos Maîtres ont paramétré le calendrier juif pour que toujours Nitsavim soit lue le Chabbat qui précède Roch Hachana, il y a  évidemment de nombreuses raisons qui expliquent ce choix.

Le thème du retour, de la Techouva est très  présent dans ce texte, il accompagne cette volonté de faire mieux, de réparer, de restaurer ce que nous avons pu abîmer, briser ou profaner. Il accompagne le bilan que nous faisons probablement tous, consciemment ou pas, en s’interrogeant sur la valeur et le sens du temps de nos existences qui s’écoule.

 

Pour que ces réflexions ne soient pas tristes morbides, faisant la part belle au fatalisme et au cynisme, le texte évoque la possibilité de Techouva.

Tout peut changer, tout est perfectible, le sens de l’existence dépend de moi.

Le jour de Roch Hachana, c’est l’anniversaire de la Création d’Adam, ce premier homme, créé unique pour que chacun puisse dire : « chaque être humain peut donner naissance à un monde, chaque être humain est irremplaçable.

cette conscience de notre unicité ne doit pas nous rendre orgueilleux, elle doit nous conduire à assumer nos responsabilités, la Michna de Sanhédrin va jusqu’à dire : « C’est pourquoi, chaque homme est tenu d’affirmer : le monde a été créé pour moi !»

Oui , nous sommes au centre du monde, indispensables et irremplaçables. Mais cette conscience de notre rôle central ne doit pas nous gonfler d’orgueil, de vanité (au sens étymologique du terme, de vide, d’inutile).

La dignité qui nous est attribuée et bien trop précieuse pour se dégrader en sentiment de supériorité stérile.

Elle doit féconder notre labeur, notre courage a établir un monde fidèle à la Loi du Créateur, dans lequel l’autre est aussi irréductiblement irremplaçable que moi-même ! Qu’il soit chef de tribu ou fendeur de bois !

Très succinctement, j’espère, je souhaite à tous :

que l’année  5768 ,soit pour vous et pour vos enfants une année neuve riche de joies ,de réussite ,de santé, d’épanouissement dans votre vie familiale professionnelle et communautaire.

 «LECHANA TOVA TIKATEVOU LEH’AÏM TOVIM OU LECHALOM »

Raoul SPIBER

 

par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Jeudi 23 août 2007

CHABBAT EKEV

« Alors, si (EKEV) vous écoutez ces lois, que vous les gardiez et que vous les accomplissiez, alors, Je te conserverai l’Alliance et l’amour comme je l’ai promis à tes ancêtres ». (Devarim 7,12)

Le terme « EKEV » choisi par la Torah pour mettre en parallèle notre attitude face à l’Alliance et celle d’Hachem n’est pas un terme simple. Pour traduire l’idée de causalité, de correspondance entre un comportement et sa récompense il y a beaucoup d’autres termes, celui-ci fait problème. Peut -être pour nous dire il n’était pas si simple de décrire comment les actes engendrent leurs conséquences ?

 Les commentateurs vont s’affronter sur cette question, comment  comprendre ce mot « EKEV » qui sert d’ailleurs de titre à notre Paracha.

Le sens premier de ce mot est « TALON ». Il faut donc extrapoler, travailler la symbolique du talon pour dégager le sens de ce terme dans notre contexte.

 Pourquoi est-ce précisément cette notion de « talon »qui a été choisie pour décrire les conséquences des actes?

Je ne vous présenterai  pas une liste exhaustive des interprétations de ce terme, ce serait très long. Je vous présenterai uniquement celles de deux géants du commentaire de la Torah :

De Rachi et celles de Ramban (NAH’MANIDE).

Ramban, postérieur à Rachi et grand admirateur de son commentaire, recense les versets et les expressions où les termes de la même racine que « EKEV » décrive tous une courbure une torsion.

Esav dans sa colère au sujet des bénédictions que Yaakov lui a ravies, le surnomme talonneur dans le sens de tortueux courbé, qui roule les autres qui rend tordu ce qui était droit.

(L’antisémitisme occidental réactivera cette idée du juif tordu, rendant tout compliqué pour justement spolier les autres). 

Les pentes « akov » deviendront aux temps messianiques des plaines mais plus que l’idée de la torsion, c’est l’idée de la courbe que Ramban retiendra pour développer l’idée du « déroulement », une idée qui lui est chère puisqu’elle renvoie chez ce très grand Maître de la Kabala à l’idée de « Guilgoulim »  («Galgal » c’est la roue , Gilgoulim ,ce sont les déroulements. Ce terme est souvent traduit en français par le mot « réincarnation », donnant ainsi prétexte à toutes sortes de divagations.)

Les actes de Mitswah accomplis se déroulent  sur la pente de l’histoire des hommes en révélant ainsi, les forces, les mérites et même les intentions qui vont ainsi mouvoir et émouvoir les hommes et faire avancer le monde.

Rachi s’interroge aussi sur ce choix du mot « talon » utilisé pour dire :

« parce que ».

 Il explique avec cette simplicité profonde qui caractérise le commentaire de Rachi sur tout le Tanah’, toute  la Michna et toute la Guemara, que les actes de Mitswah garants de l’alliance qui unit Hachem à Israel ont un rapport intime avec le talon. Il leur arrive,aux mitswot, d’être piétinées, écrasées par le talon des hommes, parce qu’elles sont jugées sans valeur, plus à la mode , caduques, n’étant plus considérées aux marché des idées.

Parfois, ce sont les devoirs envers Hachem, les Mitswot rituelles qui ne sont plus à la mode.

Mais nos Maîtres affirment qu’il s’agit surtout des Mitswot relevant de nos devoirs envers les autres qui  risquent d’être méprisées (puisque le mot Michpatim cité dans ce verset renvoie en général à la notion de Justice).

Quand Israël sera capable d’entendre, de protéger et d’accomplir ce que la Torah a ordonné mais que les hommes bafouent, par fidélité à la voix du Sinaï, se libérant ainsi du » prêt à penser » où nous sommes asservis,  alors la cause d’Israël fera un avec Celui qui leur a donné sa Torah et s’accompliront alors les bénédictions qu’Il a promises à nos ancêtres.

 

Chabbat Chalom

Raoul Spiber
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Lundi 6 août 2007

CHABBAT EKEV

« Alors, si (EKEV) vous écoutez ces lois, que vous les gardiez et que vous les accomplissiez, alors, Je te conserverai l’Alliance et l’amour comme je l’ai promis à tes ancêtres ». (Devarim 7,12)

Le terme « EKEV » choisi par la Torah pour mettre en parallèle notre attitude face à l’Alliance et celle d’Hachem n’est pas un terme simple. Pour traduire l’idée de causalité, de correspondance entre un comportement et sa récompense il y a beaucoup d’autres termes, celui-ci fait problème. Peut -être pour nous dire il n’était pas si simple de décrire comment les actes engendrent leurs conséquences ?

 Les commentateurs vont s’affronter sur cette question, comment  comprendre ce mot « EKEV » qui sert d’ailleurs de titre à notre Paracha.

Le sens premier de ce mot est « TALON ». Il faut donc extrapoler, travailler la symbolique du talon pour dégager le sens de ce terme dans notre contexte.

 Pourquoi est-ce précisément cette notion de « talon »qui a été choisie pour décrire les conséquences des actes?

Je ne vous présenterai  pas une liste exhaustive des interprétations de ce terme, ce serait très long. Je vous présenterai uniquement celles de deux géants du commentaire de la Torah :

De Rachi et celles de Ramban (NAH’MANIDE).

Ramban, postérieur à Rachi et grand admirateur de son commentaire, recense les versets et les expressions où les termes de la même racine que « EKEV » décrive tous une courbure une torsion.

Esav dans sa colère au sujet des bénédictions que Yaakov lui a ravies, le surnomme talonneur dans le sens de tortueux courbé, qui roule les autres qui rend tordu ce qui était droit.

(L’antisémitisme occidental réactivera cette idée du juif tordu, rendant tout compliqué pour justement spolier les autres). 

Les pentes « akov » deviendront aux temps messianiques des plaines mais plus que l’idée de la torsion, c’est l’idée de la courbe que Ramban retiendra pour développer l’idée du « déroulement », une idée qui lui est chère puisqu’elle renvoie chez ce très grand Maître de la Kabala à l’idée de « Guilgoulim »  («Galgal » c’est la roue , Gilgoulim ,ce sont les déroulements. Ce terme est souvent traduit en français par le mot « réincarnation », donnant ainsi prétexte à toutes sortes de divagations.)

Les actes de Mitswah accomplis se déroulent  sur la pente de l’histoire des hommes en révélant ainsi, les forces, les mérites et même les intentions qui vont ainsi mouvoir et émouvoir les hommes et faire avancer le monde.

Rachi s’interroge aussi sur ce choix du mot « talon » utilisé pour dire :

« parce que ».

 Il explique avec cette simplicité profonde qui caractérise le commentaire de Rachi sur tout le Tanah’, toute  la Michna et toute la Guemara, que les actes de Mitswah garants de l’alliance qui unit Hachem à Israel ont un rapport intime avec le talon. Il leur arrive,aux mitswot, d’être piétinées, écrasées par le talon des hommes, parce qu’elles sont jugées sans valeur, plus à la mode , caduques, n’étant plus considérées aux marché des idées.

Parfois, ce sont les devoirs envers Hachem, les Mitswot rituelles qui ne sont plus à la mode.

Mais nos Maîtres affirment qu’il s’agit surtout des Mitswot relevant de nos devoirs envers les autres qui  risquent d’être méprisées (puisque le mot Michpatim cité dans ce verset renvoie en général à la notion de Justice).

Quand Israël sera capable d’entendre, de protéger et d’accomplir ce que la Torah a ordonné mais que les hommes bafouent, par fidélité à la voix du Sinaï, se libérant ainsi du » prêt à penser » où nous sommes asservis,  alors la cause d’Israël fera un avec Celui qui leur a donné sa Torah et s’accompliront alors les bénédictions qu’Il a promises à nos ancêtres.

Chabbat Chalom

Raoul Spiber

 

 

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Vendredi 27 juillet 2007

VAETHANAN /CHABBAT NAHAMOU

Après  3 semaines où nous avons lu les reproches, les avertissements des prophètes d’Israël annonçant les conséquences tragiques de l’égarement  du peuple juif  nous aurons droit a 7 semaines de consolation. Plus du double de temps pour consoler que pour reprocher. La répétition du terme « Nahamou » vient encore renforcer le devoir de consoler les endeuillés de Jérusalem.

Les textes réunis pour cette période sont magnifiques bouleversant il faut absolument se donner les moyens de les comprendre, se procurer au besoin la traduction des textes de la haftara. (de très bons ouvrages existent à ce sujet, je vous conseille personnellement le recueil des haftarot du Rabbin  Jean Schwartz.)

Il semble que paradoxalement,  le danger de la résignation, du désespoir qui suit le 9 av soit plus grand , réclame plus d’attention , plus de temps que la nécessite de rappeler comment nos fautes ont provoques le malheur, la destruction des 2 temples et finalement l’exil. Isaïe, le prophète majeur choisi pour nous consoler  n’avait pas manqué de nous abreuver de reproches allant jusqu’à nous comparer aux chefs de Sodome et Gomorrhe.

 Il y a un temps pour tout, il faut savoir vivre le deuil de Jérusalem sans tomber dans le désespoir , le but du deuil de tout les deuils n’est jamais l’accablement, le culte de la tristesse , le dénigrement de la vie.  Il a au contraire  pour fonction de donner de la dignité a ce qui est perdu,  préparant déjà le chemin de la consolation. Chaque fois que la Torah envisage les situation de deuil , c’est pour nous mettre en garde contre le danger d’idolâtrie où les peuples antiques pratiquaient des actes de mutilation de mortifications. Comme si pour respecter les morts il fallait dénigrer la valeur de la vie

« Vous êtes les enfants d’Hachem ne vous entaillez pas la peau à cause d’un mort »

Le deuil de Jérusalem, lui aussi, a une fonction positive (je reprend ici le thème développé la semaine dernière), est la source de notre prise de conscience d’un manque, il bouscule l’impression de plénitude et de bonheur que nos comportements consuméristes  veulent absolument valider. Il réclame, revendique un monde fondé sur la justice et l’entraide. Le plus grand danger serait de prendre les attaques des prophètes comme des vérités indépassables. Le deuil signale dans la douleur que l’être perdu, nous manque  que sa présence et son manque nous habite. Ce deuil va permettre la consolation, c’est à dire la renaissance d’un type de vie où  cette présence se rattache à l’Eternel.

Puisse le deuil de Jérusalem, nous faire mériter d’assister à sa restauration.

La paracha choisie pour le chabbat qui suit le 9 av est grandiose. On y trouve les textes fondamentaux de notre existence, le rappel de la Sortie d’Egypte, les 10 commandements, le premier paragraphe du Chema…

Cette paracha est encore plus chargée que parachat Ytro, elle porte le souci de la transmission, elle s’adresse à toutes les générations.

« Tu aimeras Hachem , ton D. de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces »

Comment peut on nous ordonner d’aimer le Créateur ? Comment peut on parvenir à cet amour ?

2 méthodes complémentaires :

Rachi enseigne : c’est l’étude qui amène à l’amour En  étudiant la Torah, on perçoit l’amour du Créateur pour sa création, ce qui nous amène à l’aimer.

Rambam (Maimonides) enseigne que c’est l’étude de la Création qui constitue le plus grand témoignage d’amour du Créateur pour sa création. la prise de conscience ce cet amour, nous invite à son tour à l’aimer

Chabbat Chalom

Raoul Spiber
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Vendredi 20 juillet 2007

 

Ce Shabbat annonce la semaine la plus difficile de l'année juive, la semaine qui contient le 9 av, jour anniversaire de la destruction des 2 Temples. Ce ne sont pas seulement les règles du deuil de Jérusalem qui rendent ces temps difficiles. C'est surtout le décalage, la difficulté à ressentir ce deuil, qui nous pèse plus encore

 

Essayons de réfléchir à ce malaise, que révèle t-il, de quoi procède t-il ?

 

1) La catastrophe de la destruction du Temple est très ancienne, elle date de presque  2000 ans, depuis nous nous sommes habitués a vivre sans Temple.

 

 

 

2) Depuis nous avons connu d`autres épreuves, d`autres souffrances tellement dramatiques que  par la force des choses, sans même chercher a les comparer, à  les classer « H-as Vechalom », les drames plus récents  éclipsent les tragédies plus anciennes

 

 

 

Cette distance avec le drame de la destruction du Temple est perçue par nos Maîtres. Déjà a l`époque du Talmud, il y a 1700 ans, les Sages constataient que la douleur du Horban Habayit n'était plus vécue avec la même intensité.

 

 

«  Un idolâtre faisait la route avec un juif, vexé parce que le juif marchait plus vite que lui, il tenta de ralentir son pas. Il lui rappela la tragique destruction de Jérusalem, en étant sûr que la tristesse briserait son élan. Le juif soupira mais ne ralentit pas, c'est alors que l’'dolâtre s'écria :

 

 

 

 «  Mais pourtant vos rabbins disent souvent que les soupirs brisent le corps de l'homme ? ». Quelle piété, quelle foi dans les paroles de nos maîtres de la part de ce païen. !

 

 

Le juif lui répondit : « cette règle s’applique aux nouvelles  récentes et affligeantes, mais là  c'est test un fait auquel nous nous sommes déjà habitués, comme disent les gens : «  une femme qui a perdu plusieurs enfants ne pleure plus de la même façon à la disparition d'un autre enfant

 

Talmud babli Ketouvot 62

 

 

Vous voyez, je précise la référence pour que vous puissiez être sûr qu'un texte de ce genre existe ; il est évident que l'humour juif est présent dans le Talmud.

 

 

Les idolâtres avaient compris du discours des rabbins :

 

« Que les juifs sont littéralement paralysés par leur mémoire  historique des souffrances. »

 

 Le Talmud tourne en dérision cette caricature inventée par les idolâtres, du juif pleurnichard, en tout temps, à laquelle parfois ils veulent nous réduire, comme dans cette histoire, pour mieux nous doubler littéralement.

 

 

Le juif lui répond : les anciennes souffrance nous les méditons, elles sont sources de réflexion, de compassion, nous savons vivre avec. Ce qui nous brise, nous épuise ce sont les nouvelles douleurs, celles d'aujourd'hui. Et même la tragique disparition d'un enfant n'empêche pas un peuple habitué au tragique de poursuivre sa marche.

 

 

Ce texte est à mon sens, avant tout, une mise en garde  ironique, à l'encontre d'une compassion dangereuse, malveillante envers la souffrance d’'sraël.

 

Nous ne vous demandons pas de pleurer nos morts ! Si seulement le monde ne continuait pas à approuver le massacre de nos enfants, encore aujourd'hui tout en larmoyant sur les crimes d'hier.

 

 

Ce refus à être triste, comme cela, parce qu’on est le 9 av est sain. Il ne s’agit pas de faire du théâtre. On a forcément plus de peine pour des catastrophes contemporaines que pour des drames anciens.

 

Ce qui est en jeu dans le deuil de Jérusalem, c'est de faire surgir le vide dans lequel le monde a été plongé depuis la destruction du Temple.

 

 

 

Le Beit Hamikdach a été détruit, il y a presque 2000 ans, c'est vrai, mais il n'est toujours par reconstruit ! Le deuil de Jérusalem affirme que malgré l'effacement sur les cartes de géographie, des noms Israël, Jérusalem,malgré tout le peuple juif existe que son lieu et le lieu de son Temple existe.

 

Hors, c'est bien connu :

 

«La nature a horreur du vide », si c'était déjà vrai à l'époque d'Aristote cela n'a jamais été aussi vrai qu'aujourd'hui. La grande règle en diplomatie, en compréhension des problèmes c'est de ne tenir compte que des données physiques présentes sur le terrain. Ainsi «  HAR HABAYIT » la Montagne du Temple de Jérusalem, est appelée désormais « l'Esplanade des Mosquées », puisque sur cette esplanade, il n y a que 2 Mosquées et pas de Temple. Vous imaginez les conséquences politiques de cette conception du monde…

 

 

Mais ça c'est de la politique, ce n'est pas le plus grave ! Le plus grave c'est que notre vision du monde, elle aussi s’élabore de la même façon. Ce qui n'apparaît pas, ne compte pas. «La nature a horreur du vide » disais je, c'est encore plus visible dans nos comportements quotidiens,  où le vide, le silence, l'attente, la solitude sont devenus insupportables. Il faut du bruit, de l'image et de l'action tout le temps. Les gens ne supportent plus le silence, il est trop dérangeant, il  risque de permettre le souvenir, la prise de conscience des souffrances, des injustices et  des crimes d'hier et d'aujourd'hui. Ce silence, cette présence face à soi-même et trop dérangeante recouvrons là vite, c'est urgent !

 

Vive les médias, les radios, la télé diffusant de l'info continue et continuellement changeante.

 

Vive Internet illimité et ses surfs, ses  tchatchs sans fin.

 

Vive les téléphones portables qui nous procurent une occupation permanente, écoutez, communiquer, jouer et maintenant surfer.

 

 

Le jour du 9 av, nos Maîtres ont conçu une journée sans occupation c'est-à-dire  sans aliénation, sans distraction. Rien pour nous distraire du silence qui hurle : «  que l'homme est mortel, que le temps est beaucoup plus que de l'argent. »

 

Même l’étude de la Torah est suspecte, elle pourrait favoriser la distraction, elle pourrait nous faire oublier le drame, le gâchis de l'histoire humaine. Elle pourrait elle aussi n'être qu'occupation.

 

Seule l'étude des textes du deuil est permise et recommandée. L'étude nous rappelle qu'un monde différent est possible, pour lequel nous sommes convoqués depuis la Sortie d'Egypte et le Don de la Torah. Un monde qui n'oublie pas notre condition de créatures face à notre Créateur.

 

Etrangement, malgré le deuil, ce jour nous ne récitons pas de Tah'anounim, c'est un Moed (c'est notre fête). C'est un jour solennel où nous sommes en rendez vous avec le Maître du monde.

 

De cette confrontation doit naître la pensée du Retour à Son alliance, pour que s'accomplisse la promesse de la Délivrance.

 

 

Le chabbat qui précède, oriente toute cette semaine de deuil.

 

Il s'appelle le Chabbat de la Vision, du nom du texte d'Isaïe lu ce chabbat.

 

Il donne à cette semaine, dans le registre de la gravité ? du c'ur de cette vision de la destruction, le sens de l'espoir.

 

« Tsion sera sauvée par la Justice et ceux qui reviennent par l’entraide »

 

 

CHABBAT CHALOM

 

RAOUL SPIBER

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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par herve souhami publié dans : commentairedelaparacha
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Vendredi 13 juillet 2007

 

 

 

MATOT MASSEY

 

La Paracha de Massey conclue le livre de Bemidbar  et elle inaugure obligatoirement le mois de Av .Elle contient plusieurs sujets :

 

         -La liste des étapes des pérégrinations d’Israël durant 40 ans.

 

-          La définition géographique de la Terre à conquérir.

 

-          Les lois du partage de la Terre.

 

-          La requête des tribus qui voudraient obtenir le droit de s’établir sur les terres déjà conquises de l’autre côté du Jourdain.

 

-          Les dispositions à prendre dans le cadre de la loi de l’homicide involontaire.

 

-          Retour sur le cas des Benot Tselofrad.

 

Cherchons l’intrus dans cette liste, cela permet toujours de mettre en évidence ses points communs.

 

A priori l’ensemble de la Paracha présente les enjeux, les difficultés qui vont se poser à cette nouvelle génération chargée d’entrer en Erets Israël.

 

Ce qui parait déplacé dans ce grand dispositif c’est surtout la place accordée au sujet de l’homicide involontaire, sujet d’ailleurs déjà évoqué précédemment et qui sera repris ultérieurement dans le Sefer Devarim.

 

En fait, dans le cadre du projet de peuplement de la Terre d’Israël, la tribu de Levy qui ne recevra pas de terre à cultiver, recevra 42 villes, auxquelles s’ajouteront 6 villes de refuge pour accueillir celui qui a tué involontairement.

 

C’est bien de penser aux lieux d’asile mais c’est un peu curieux de fixer avant même d’avoir conquis la terre le nombre de villes réservées à ces usages.

 

La  Kedoucha de la terre : n’est pas  de développer un rapport fétichiste avec tel où tel lieu ! Il s’agit de placer au centre de la vie du pays, l’amour et le respect de Celui qui donne la vie. Il faut donc par conséquent, a priori mettre en place les moyens suffisant pour combattre le meurtre, défini par la Torah comme étant l’effacement de l’image d’Hachem sur le visage des hommes. Il est obligatoire à la fois de condamner avec la plus grande sévérité l’homicide volontaire et à la fois accompagner, ne pas traiter à la légère, l’homicide involontaire , celui qui est né d’une négligence d’une faute commise par inadvertance. 

 

Les responsables d’un meurtre par négligence devront réapprendre le respect de la vie chez les Leviim chargés d’enseigner le respect de la Torah à tout le peuple, le sens de la responsabilité personnelle et cela jusqu’à la mort du Cohen Gadol.

 

L’amnistie, à la mort du Cohen Gadol, parait étonnante. La Guemara s’interroge :

 

« Que signifie cette annulation automatique de la faute, le Talmud est effrayé par ces dissolutions automatiques des responsabilités, comment par ailleurs comprendre que la mort du Cohen Gadol libère les condamnés à l’exil dans les villes de refuge? »

 

La Guemara répond : « Le Cohen Gadol, celui  qui se tient loin de toutes les impuretés de la mort, tout au long de son existence, pour servir LA SOURCE  DE LA VIE   est concerné par le drame de l’homicide involontaire. »

 

Il n’a pas pu empêcher ce drame, il n’a pas su rendre signifiant le service d’Hachem aux yeux du peuple. Son service n’a pas  réussi à réveiller l’amour, le respect, l’attention que nous devons accorder à toutes les vies.

 

Le sens de sa vocation, le but de toute son existence, que les meurtriers involontaires n’ont pas appris de son vivant , ils le saisiront par sa mort : 

 

« MITATO CAPARA »

  En achevant le Sefer Bamidbar , la Torah nous demande de méditer, de réfléchir aux 42 étapes qui nous ont conduits de l’Egypte aux portes d’Erets Israël.

 

Ce texte lu avant le mois de Av nous apprend comment lutter contre les forces de dispersion qui ont détruit le Beit Hamikdach et qui ont conduit Israël dans le désert des Nations, exposé à la violence de l’histoire.

 

 Puisse le deuil de Ticha beav, réveiller les forces de vie, de piété authentique, qui permettront la renaissance d’un monde où Israël accomplira une des dernières mitswot de la Torah :

 

« Sont placées devant toi, la vie et la mort. Tu choisiras la vie. »

 

CHABAT CHALOM

 

RAOUL SPIBER